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Les Premières Nations mises à contribution dans la surveillance d'oléoducs

Un travailleur pose les dernières touches au pipeline, posé au fond d'un fossé de terre.

Enbridge a déjà commencé à construire un segment de 22 km qui relie son pipeline Ligne 3 à un terminal, à Superior, au Wisconsin.

Photo : Associated Press / Richard Tsong-Taatarii

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Gerald Scott avait pris part à la résistance contre l'oléoduc Dakota Access, dans la réserve de Standing Rock, aux États-Unis. Maintenant, il concentre plutôt son énergie au transport sécuritaire du pétrole.

Gerald Scott, de la Première Nation de Swan Lake, au Manitoba, explique qu'il se dressait auparavant contre ce qu'il voyait comme une violation des droits autochtones.

« Je suis un guerrier par nature », dit-il.

Plus d'un an après son séjour dans les camps des manifestants sioux, au Dakota du Nord, Gerald Scott compte parmi les 60 recrues autochtones du programme de surveillance d'oléoducs de l'Institut technologique du sud de l'Alberta, à Calgary.

La formation de trois semaines lui a permis de se familiariser avec les techniques d'inspection, la sûreté et l'opération d'un oléoduc, le tout, à travers un prisme autochtone. Après avoir terminé cette portion en classe, les recrues réalisent un stage ou projet de recherche auprès d'un mentor de l'industrie. Certains étudiants poursuivront leur formation, cet été, avec un maître-chien pour apprendre comment détecter des fuites potentielles.

Armé de ces nouvelles connaissances, Gerald Scott croit pouvoir mieux représenter les intérêts de sa Nation auprès de son employeur, le géant pétrolier Enbridge. Le projet de remplacement de la Ligne 3 de l'entreprise albertaine traverse le territoire de la Première Nation de Swan Lake.

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— Une citation de  Gerald Scott, membre de la Première Nation de Swan Lake

Gerald Scott a commencé à travailler pour Enbridge en tant que puisatier, mais on lui a récemment confié le rôle d'agent de liaison avec la communauté. L'entreprise l'a incité à s'inscrire dans le projet pilote, ce qu'il a accepté avec l'espoir qu'une carrière en surveillance d'oléoducs lui permettra de rester proche de chez lui.

Une autre recrue du programme, Kelsey Jacko, qui vient des Premières Nations de Cold Lake, en Alberta, aimerait profiter de sa formation pour travailler au sein d'une organisation autochtone. « Ma job de rêve est de prendre soin de mon peuple, de m'assurer que ses moyens de subsistance sont protégés, sa santé et son bien-être pour le futur, pour les enfants à venir », explique-t-il.

Les affaires tournent surtout autour du pétrole lourd dans la région de Cold Lake, dans l'est de l'Alberta, et Kelsey Jacko s'inquiète des effets de son exploitation sur l'environnement, plus particulièrement sur les caribous.

Mais la présence de l'industrie pétrolière est, selon lui, une réalité à laquelle il faut se faire. « Nous ne pouvons pas retourner dans le temps, mais c'est une lutte, reconnaît-il. Où se trouve l'équilibre entre l'économie et l'environnement? »

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— Une citation de  Kelsey Jacko, membre des Premières Nations de Cold Lake

L'ingénieure Deanna Burgart, membre de la Première Nation du Fond du Lac, en Saskatchewan, a pris part à l'élaboration du programme. Il était important à ses yeux que les étudiants autochtones puissent se reconnaître dans la matière enseignée, notamment par le biais d'études de cas en phase avec leur propre vécu.

« Je crois fermement que l'amélioration des relations entre les Autochtones et les non-Autochtones, avec l'industrie et aussi avec le gouvernement se produira lorsque nous serons tous plus engagés, plus informés et que nous nous sentirons plus forts », avance-t-elle.

Le programme a été conçu par l'entremise d'InnoTech Alberta, une filiale de l'agence provinciale Alberta Innovates. Son budget de 566 000 $ provient de subventions provinciales et fédérales.

Shauna-Lee Chai, une scientifique d'InnoTech qui a géré le projet pilote, affirme avoir reçu 200 candidatures pour seulement 60 places disponibles. Elle juge que les Autochtones sont en bonne position pour garder un oeil sur les oléoducs, qui traversent souvent des régions reculées.

« Le mode de vie traditionnel que beaucoup de personnes autochtones pratiquent toujours les maintient à l'extérieur. Ils vivent dans des communautés éloignées. Ils chassent, pêchent, posent des pièges, collectent de petits fruits et des plantes médicinales », dit-elle. Ils ont intérêt à protéger leur terre, selon elle.

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