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Droits des Autochtones : Justin Trudeau demande à l'APN d'être patiente

Le premier ministre Justin Trudeau et le chef de l'APN Perry Bellegarde à l'assemblée extraordinaire des chefs, à Gatineau

Le premier ministre Justin Trudeau et le chef de l'APN Perry Bellegarde à l'assemblée extraordinaire des chefs, à Gatineau

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Justin Trudeau demande aux Autochtones de faire preuve de patience dans le long chemin vers la reconnaissance de leurs droits, le premier ministre préférant le travail bien fait à la précipitation dans ce dossier.

De passage mercredi matin à l'assemblée extraordinaire des chefs de l'Assemblée des Premières Nations (APN), à Gatineau, le premier ministre a été pressé par un chef autochtone de s'engager formellement à poser des gestes concrets d'ici le prochain scrutin, en octobre 2019.

M. Trudeau dit comprendre l'impatience des Premières Nations, et reconnaît que les Autochtones méritent plus qu'aucun autre groupe que l'on respecte les promesses qui leur sont faites.

Mais le premier ministre soutient qu'en voulant apporter ces changements on ne peut pas faire vite et bien.

« Je comprends l'impatience sous-jacente de cette question. Nous sommes tous impatients d'avancer de manière concrète, tangible, réelle, et de tourner la page de manière décisive et complète », a déclaré M. Trudeau.

Le premier ministre avait promis en février un « cadre de travail » pour la reconnaissance et la mise en oeuvre des droits des Autochtones, au-delà de la Loi sur les Indiens, « discriminatoire et paternaliste » , disait-il. Cette « nouvelle approche juridique » garantirait le respect des droits des Autochtones, qui sont déjà inscrits dans la Constitution canadienne, et concrétiserait la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Les Premières Nations doivent fréquemment avoir recours aux tribunaux pour faire respecter leurs droits ancestraux et les traités qu'elles ont signés. Le gouvernement libéral souhaite que ces droits soient respectés d'emblée par les différents ministères, plutôt que de faire l'objet de longs recours judiciaires.

Lors de son passage à l'Assemblée, le premier ministre a vanté son bilan politique. Depuis les dernières élections, a-t-il souligné, le gouvernement libéral a mis en place des changements majeurs, citant la récente scission du ministère des Affaires autochtones et la création d'un conseil national destiné à mettre en oeuvre les 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

« Personne ne pourra revenir sur cette voie que nous suivons, c'est le véritable legs de cette relation que nous avons depuis deux ans et demi. Il y a des choses qui ne pourront jamais être défaites, et c'est une bonne chose », a-t-il affirmé.

Trans Mountain

En conférence de presse, plus tard mercredi, les chefs des Premières Nations du Québec, du Manitoba et de la Colombie-Britannique ont promis de lancer une vaste campagne de désobéissance civile si le projet d'oléoduc de l'entreprise texane Kinder Morgan va de l'avant dans l'Ouest sans le consentement des communautés autochtones concernées.

Ces chefs soutiennent que l'appui indéfectible accordé par le gouvernement libéral fédéral à ce projet constitue un « mépris flagrant » des droits des nations autochtones, qui n'ont pas été adéquatement consultées, selon eux.

« [M. Trudeau] vient ici réaffirmer: "La relation la plus importante, c'est celle avec les peuples autochtones'' », a expliqué la chef neskonlith de Colombie-Britannique Judy Wilson. « Il s'agit d'un moment charnière pour cette ère de réconciliation nationale, parce qu'il ne respecte pas les droits de nos peuples autochtones en imposant un gros oléoduc sur notre territoire. »

Le chef de l'APN pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, estime que cette affaire va bien au-delà de Trans Mountain. « Ce qui est en jeu ici, c'est notre avenir collectif, et c'est pourquoi j'aimerais que l'on élève le débat. Notre engagement est motivé par l'enjeu fondamental des changements climatiques [...] Ce sera à notre région, et à toutes les autres au pays, de se mobiliser. »

Un leader de la nation squamish a été moins nuancé. Selon Khelsilem [qui n'a qu'un seul nom], on assiste actuellement à la naissance de ce qui pourrait devenir « la plus vaste campagne de désobéissance civile de toute l'histoire canadienne ».

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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