•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une artiste autochtone pose un regard futuriste sur Toronto

Biidaaban est le mot anishinaabemowin pour l’aube, mais plus spécifiquement pour la première lueur de l’aube. C’est un moment particulier où la nuit se fait encore sentir alors qu'un nouveau jour se lève.

Biidaaban est le mot anishinaabemowin pour l’aube, mais plus spécifiquement pour la première lueur de l’aube. C’est un moment particulier où la nuit se fait encore sentir alors qu'un nouveau jour se lève.

Photo : Mathew Borrett

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle expérience de réalité virtuelle conçue par une artiste anishinaabe est présentée cette semaine en première mondiale au Festival du film de Tribeca, à New York.

Créée par la réalisatrice anishinaabe Lisa Jackson, l’installation propose une version futuriste du square Nathan Phillips à Toronto, où la nature a repris ses droits.

L'installation de réalité virtuelle interactive « Biidaaban : First Light » occupe toute une pièce. On y découvre un square totalement transformé par la végétation qui court maintenant sur le sol et les murs des édifices environnants. Le ciel couvert d’étoiles n’est plus obstrué par la pollution lumineuse, ce qui donne à la métropole une allure totalement différente.

« Tout ce qui est autochtone est souvent perçu comme passéiste. Alors est-ce que nous pouvons imaginer un futur où la compréhension autochtone nous guide d’une certaine façon? », dit Lisa Jackson.

Lisa Jackson est une réalisatrice anishinaabe dont les films ont été projetés partout dans le monde.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lisa Jackson est une réalisatrice anishinaabe dont les films ont été projetés partout dans le monde.

Photo : Michael Labre

L'anglais n'est pas parlé dans « Biidaaban : First Light »; on y entend plutôt les langues traditionnelles de la région, le wendat, le mohawk et l'ojibway. Alors que le regard du spectateur défile sur le texte traduit, l’histoire va de l’avant.

Des langues qui poussent comme des plantes

Dans « Biidaaban : First Light », les langues autochtones permettent de comprendre la place qu'occupe l'humain dans cette version réconciliée où nature et urbanité cohabitent.

« Ces langues grandissent sur ce territoire de la même façon que les plantes le font. Les langues ont été parlées ici depuis des milliers d’années; elles imprègnent ce territoire plus que toute autre langue, », précise l'artiste.

Biidaaban est le mot anishinaabemowin pour l’aube, mais plus spécifiquement le moment précis de la première lueur de l’aube.

« Nous connaissons tous cette première lueur et le sentiment que tout est alors possible », ajoute Lisa Jackson.

Le mot fait aussi référence à l’idée que le passé et le futur se fondent dans le présent.

Souvent, les concepts temporels chez les Autochtones ne sont pas linéaires mais circulaires, ce que montre « Biidaaban : First Light » alors que la nature se réapproprie le paysage urbain.

Cette version réconciliée entre nature et urbanité, « c'est un nouveau regard porté sur son environnement, un moment pour réfléchir à d'autres possibles. »

« Biidaaban : First Light » utilise le futurisme autochtone pour jeter un regard sur ce qu’aurait l’air Toronto dans un futur lointain alors que la ville est récupérée par la nature.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Biidaaban : First Light » utilise le futurisme autochtone pour jeter un regard sur ce qu’aurait l’air Toronto dans un futur lointain alors que la ville est récupérée par la nature.

Photo : ONF

Créer un espace pour le public

Utiliser la réalité virtuelle comme médium permet une plus grande liberté d’interprétation pour le public, dit Rob McLaughlin, un des producteurs de « Biidaaban : First Light » et le producteur délégué du Studio numérique de l’ONF à Vancouver.

« Nous avons beaucoup parlé des langues autochtones dans ce pays et de la manière dont ces langues soulèvent diverses perspectives pour les gens sur des concepts complexes comme le temps », précise le producteur.

« Biidaaban permet quelque chose d’intéressant en réalité virtuelle pour le grand public, ce qu’un film, un article ou une installation artistique ne fait ou ne pourrait faire. »

« Biidaaban : First Light » sera présenté en grande première au public canadien cet automne.

D'après un article de Rhiannon Johnson

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !