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L'absence d'excuses du pape aux Autochtones déçoit en Saskatchewan

Le résumé d'Omayra Issa

La déception est vive en Saskatchewan après que le pape François a décidé de ne pas offrir les excuses du Vatican pour le rôle joué par des membres de l'Église catholique dans les pensionnats fédéraux pour Autochtones au Canada.

Deanna Ledoux, qui a passé neuf ans au pensionnat autochtone de St Michaels, à une centaine de kilomètres au nord de Saskatoon, fait part de sa tristesse.

« Il ne devrait pas être le pape. Il ne devrait pas occuper la position la plus élevée d l'Église en parlant au nom de l'Église quand il sait que les atrocités qui ont été perpétrées contre moi et contre beaucoup de gens dans ma famille ont eu lieu entre les mains de l'Église », déclare-t-elle.

Deanna Ledoux regarde à l'horizon devant un immeuble. Deanna Ledoux estime qu’il est de la responsabilité du pape de reconnaître les torts causés par l'Église catholique. Photo : CBC

« Je fais encore face au traumatisme. La plupart des personnes avec lesquelles je suis allée à l'école sont mortes à cause des drogues et de l'alcool », rapporte Deanna Ledoux.

Entre la fin du 19e siècle et 1996, plus de 150 000 enfants autochtones ont été arrachés à leur famille et placés dans des pensionnats, la plupart sous l’égide de différentes communautés religieuses.

Dans un rapport déposé en juin 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a conclu que ces établissements étaient un outil central d’un génocide culturel à l’égard des premiers peuples du Canada.

La Commission de vérité et réconciliation avait notamment recommandé que le Vatican présente des excuses aux survivants et à leurs familles pour les sévices subis dans les pensionnats.

Le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Mark Arcand, ne cache pas non plus sa déception.

Mark Arcand sourit dans la rue, en entrevue.Selon le chef du Conseil tribal de Saskatoon, Mark Arcand, les membres des Premières Nations souffrent toujours des séquelles des pensionnats autochtones. Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Je suis vraiment blessé que le pape ne veuille pas s'adresser aux gens qui sont passés par là parce qu'ils méritent des excuses.

Mark Arcand

Mark Arcand souhaite que le pape François revoie sa décision et l'invite à rencontrer les Autochtones en Saskatchewan.

Déception au sein de l’Église

L’archevêque de Regina, Monseigneur Donald Bolen, est également déçu par la décision du pape François. Il estime que le pape délègue sa responsabilité aux évêques.

« C'est un peu triste qu’on ait reçu des nouvelles que le Saint-Père ne peut pas venir à ce temps pour faire des excuses. Je pense que ce qu'il a fait, c'est qu'il a mis la responsabilité sur nous, les évêques de l'Église du Canada », dit-il.

L'archevêque de Regina se veut toutefois rassurant et indique que l'Église catholique en Saskatchewan va continuer à travailler avec les Autochtones pour réparer les torts du passé.

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