•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dans les coulisses de l'ENFFADA

Les coulisses de l'ENFFADA TJ 22 h
Radio-Canada

Diverses critiques ont ébranlé la structure de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) depuis sa mise sur pied, il y a 18 mois. Quelques jours avant le début des audiences à Montréal, Espaces autochtones a obtenu un accès privilégié aux coulisses de l'Enquête. La commissaire Michèle Audette nous a permis d'assister aux réunions et à l'organisation de son travail dans son bureau de Wendake, en banlieue de Québec.

Un reportage d'Anne-Marie Yvon

Dans la salle de conférence installée dans une ancienne résidence de la communauté huronne-wendate, cinq personnes s'activent autour de la commissaire Michèle Audette. Les audiences montréalaises approchent à grands pas et il reste beaucoup à faire.

La première réunion de la journée revient sur les témoignages entendus à Happy Valley-Goose Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador, au début mars, et sur ceux faits à Rankin Inlet, au Nunavut, à la fin février.

Il y a « beaucoup de problèmes de santé mentale ou de non-accès pour avoir le soutien auprès d'une personne ou de la famille au complet », constate Michèle Audette, en ajoutant qu'à certains moments, « peut-être qu'on aurait pu prévenir soit un suicide ou [une] tentative de meurtre ».

Le rôle des commissaires est d'enquêter et d'examiner tout ce qui concerne les diverses formes de violences dont sont victimes les femmes et les filles autochtones.

Mais pour Mme Audette, cette question va au-delà des femmes autochtones. « C'est une question qui nous concerne tous et toutes, une question de société, une question de droits humains », souligne-t-elle.

Michèle Audette, dans son bureau à Wendake.Michèle Audette, dans son bureau à Wendake. Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

Les nombreuses difficultés et critiques qui ont secoué l'organisation au fil des mois n'empêchent pas la commissaire et son équipe de croire au bien-fondé du mandat de l'ENFFADA.

« Il y a des [personnes] qui ont quitté pour des raisons de santé, trop de pression, d'autres parce qu'elles n'avaient pas les qualifications », dit Michèle Audette.

La commissaire revient également sur le rôle des médias qui observent de près ce que fait l'Enquête nationale, particulièrement lorsqu'il n'y a pas d'audiences, note-t-elle. « Chaque personne semble avoir toutes les bonnes solutions, alors que d'autres vont nous faire confiance et nous soutenir dans nos travaux. »

740 familles ont eu le courage de nous parler; 740 familles et survivantes ont beaucoup d'attentes par rapport à l'Enquête nationale.

Michèle Audette

Les six personnes qui l'épaulent sont là depuis les débuts ou, pour certaines, depuis quelques mois. Elles ont à organiser la logistique pour s'assurer que les témoins seront présents aux audiences et qu'ils recevront le soutien nécessaire après leur témoignage.

Dans les bureaux de l'ENFFADA à Wendake.Dans les bureaux de l'ENFFADA à Wendake. Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

« On a deux psychologues, ils sont de la communauté », dit la gestionnaire santé Maryse Picard, qui se fait rassurante auprès d'un témoin au téléphone. « Ils vont être là si jamais vous voulez leurs services. »

De son côté, l'agente de relations communautaires Natacha Tanguay s'assure que toutes les personnes qui viendront témoigner auront une chambre, « qu'ils puissent manger, qu'ils puissent se rendre », dit-elle, en précisant que certains ne sont pas souvent sortis de leur communauté.

Quelque 70 familles du Québec et de l'Ontario témoigneront aux audiences montréalaises, qui se déroulent à l'Hôtel Bonaventure jusqu'à vendredi.

Au terme de l'ENFFADA, Michèle Audette et ses collègues feront des recommandations et proposeront de nouvelles façons de faire qui, selon la commissaire, seront faciles à appliquer.

Nations métisses et autochtones

Société