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Enquête sur les femmes autochtones : début des audiences à Montréal

La commissaire Michèle Audette prenant la parole à l'ouverture des audiences de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées à Montréal, le 12 mars 2018.

La commissaire Michèle Audette prenant la parole à l'ouverture des audiences de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées à Montréal, le 12 mars 2018.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un peu plus de 70 familles du Québec et de l'Ontario ont fait le chemin jusqu'à Montréal pour témoigner aux audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui se tiennent à l'hôtel Bonaventure jusqu'à vendredi.

Un texte de Sarah Sanchez

La première journée est consacrée aux femmes assassinées ou disparues.

Cheryl McDonald, de la communauté mohawk d'Akwesasne en Montérégie, est la première à témoigner en séance publique.

Sa soeur Carleen, disparue en 1988, a été retrouvée morte par un chasseur en forêt sept semaines plus tard.

En après-midi, c'est la famille de Rose-Ann Blackned qui viendra raconter son drame. En 1991, cette femme crie a été découverte morte gelée à Val-d'Or. Elle avait 24 ans et était mère de deux enfants.

Il y a un an, la Sûreté du Québec a rouvert l'enquête sur son décès.

« Une grosse audience »

Mardi, des familles atikamekw et des familles algonquines de la communauté de Pikogan, au nord d'Amos, témoigneront d'enfants disparus, garçons et filles.

Au cours de la semaine, des survivantes de violences viendront également raconter leurs histoires. La journée de mercredi sera consacrée aux Inuits.

Au total, des familles représentant neuf des onze Nations autochtones au Québec participeront aux audiences, certaines privées, d'autres publiques.

« On va avoir des gens de la Nation atikamekw, anishnabe, du peuple inuit, mohawk et micmac. Il va aussi y avoir des Inuits qui habitent Ottawa, des gens du Nord, dans le Nunavik et peut-être même du Labrador », a précisé la commissaire Michèle Audette.

C'est une grande et grosse audience. Les quatre commissaires vont être là pendant quatre jours. On a même des gens de la Nouvelle-Écosse

Une citation de :La commissaire Michèle Audette

Les audiences montréalaises de l'ENFFADA ont été annoncées au début de décembre, tout juste après celles tenues dans la communauté de Maliotenam sur la Côte-Nord du Québec.

Pour la commissaire Audette, il était impératif que l'Enquête s'arrête dans la métropole.

« Montréal est une plaque tournante pour plusieurs nations. Montréal a ses réalités en matière autochtone, ses défis. »

La commission Viens tient également des audiences à Montréal cette semaine. Pour Michèle Audette, la simultanéité des deux événements dans la métropole est la preuve que l'enjeu autochtone est pris au sérieux par les gouvernements.

« Ça démontre que la réalité autochtone au Québec, c'est important. Dans le reste du Canada, il n'y a pas deux commissions qui se tiennent en même temps », a-t-elle fait remarquer.

De 1980 à 2012, la Gendarmerie royale du Canada a recensé 1181 cas d'homicides de femmes autochtones et d'enquêtes sur des femmes autochtones disparues. De ce nombre, 225 sont des cas non résolus.

En proportion, les femmes autochtones forment 4 % de la population féminine canadienne, mais représentent 16 % des femmes assassinées au Canada entre 1980 et 2012.

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