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Ce silence qui tue : documentaire-choc sur les femmes autochtones disparues et assassinées

Kim O'Bomsawin, la réalisatrice de Ce silence qui tue

Kim O'Bomsawin, la réalisatrice de Ce silence qui tue

Photo : Charles Martel

Radio-Canada

En 2015, Statistique Canada publiait une étude qui démontrait que le quart des femmes tuées au Canada étaient des Autochtones. C'est une question qui interpelle la réalisatrice abénakise Kim O'Bomsawin depuis fort longtemps. Elle a décidé d'en faire un documentaire.

Un texte de Sophie-Claude Miller

Le point de départ du film Ce silence qui tue est le rapport de la GRC de 2014, qui annonçait officiellement qu’il y avait 1181 femmes autochtones disparues et assassinées au Canada de 1980 à 2012. Lors de la mise à jour en 2015, 11 autres femmes autochtones avaient été portées disparues.

Le film s’adresse dans un premier temps à un public québécois qui, selon elle, connaît moins le sujet. Elle désire rendre le sujet compréhensible pour un large public qui ne connaît pas beaucoup la question.

Il y a tellement de monde, même dans mon entourage, des gens super instruits, c’est juste qu’ils ont fait d’autres genres d’études ou ils n’ont pas eu la chance d’entrer en contact avec cet univers-là. Ils se disent eux-mêmes super méconnaissants et ça ne part pas d’une mauvaise volonté, c’est juste qu’on ne leur a jamais donné la chance d’apprendre sur le sujet.

Kim O'Bonsawin

Lorsque la réalisatrice pense aux femmes, elle dit toujours penser à une phrase de Widia Larivière, cofondatrice d’Idle No More Québec : « Occupez-vous donc des femmes autochtones pendant qu’elles sont encore en vie ». Comme point de départ, plutôt que de parler des cas de femmes autochtones assassinées et disparues, elle a souhaité voir qui sont les survivantes.

 J’ai choisi la vie et les survivantes - Kim O’Bomsawin

À partir d’une série de témoignages de femmes survivantes, la réalisatrice a mis l’histoire en parallèle avec des cas réels de femmes autochtones assassinées et disparues pour démontrer et mettre un visage sur ces 1200 femmes. Elle a tenté de rendre cela très humain.

Dans le film documentaire, nous faisons la connaissance d’Angel, une prostituée du Downtown Eastside à Vancouver. Angel le dit elle-même, si elle est encore en vie aujourd’hui, c’est parce qu’elle a eu beaucoup de chance. Dans le film, on compare, entre autres, l’histoire de la vie d’Angel avec celle d’une jeune fille qui est malheureusement décédée à l’âge de 19 ans.

Pour Kim O’Bomsawin, ce n’est pas juste une problématique de femmes, les hommes aussi sont touchés. « Les conséquences intergénérationnelles des pensionnats autochtones, le manque de ressources dans les communautés ne sont que quelques-unes des blessures avec lesquelles les Autochtones doivent composer. Les hommes et les femmes ont des façons bien différentes de réagir à ces traumatismes-là. Si on veut briser le cycle de la violence, on doit guérir les hommes et les femmes, c’est une question de blessure communautaire. »

Au départ, c’est un film pour la télévision, mais la réalisatrice Kim O’Bomsawin et la productrice Michèle Rouleau souhaitent que ce film soit vu au Canada et à l’étranger. Mme O’Bomsawin ajoute : « C’est une problématique qui ne touche pas juste le Canada, mais aussi les États-Unis et l’Amérique latine. »

Michèle Rouleau, Productrice exécutive de WABANOKAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michèle Rouleau, Productrice exécutive de WABANOK

Photo : WABANOK

 C’est une crise majeure au Canada et il doit y avoir des changements rapidement. Autant au niveau politique que des institutions. Il faut que les choses bougent, c’est urgent. - Michèle Rouleau, Productrice exécutive, Wabanok.

Le film documentaire pancanadien sera présenté jeudi 8 mars à 22 h sur Canal D.

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