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La statue d'Edward Cornwallis déboulonnée à Halifax

Cornwallis déboulonné
Radio-Canada

La Ville d'Halifax a déboulonné la statue du controversé général Edward Cornwallis, mercredi après-midi, au lendemain d'un vote au conseil municipal ordonnant le retrait du monument.

Au centre de la controverse, le traitement des Premières Nations par Cornwallis. L’officier militaire britannique, qui a fondé Halifax en 1749, offrait des primes à quiconque tuait un Micmac, homme, femme ou enfant, et lui rapportait son scalp.

Mardi, le conseil régional d’Halifax a voté à 12 voix contre 4 en faveur du retrait de la statue.

Des travailleurs avaient commencé mercredi matin à monter un échafaudage autour du monument en bronze qui se dressait au coeur du parc Edward-Cornwallis, dans le sud de la ville.

La statue du général a été déboulonnée et retirée de son socle peu avant 17 h.

Couverte d'une bâche, la statue a ensuite été déposée sur une remorque.

La statue d'Edward Cornwallis est déboulonnée le 31 janvier 2018 à Halifax.La statue d'Edward Cornwallis est déboulonnée le 31 janvier 2018 à Halifax. Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

L’activiste Rebecca Moore était sur place pour assister au déboulonnement de la statue. « Plusieurs d’entre nous avons attendu longtemps un moment comme celui-ci », dit-elle, soulignant que l’attente remontait à bien plus loin que sa naissance.

Trois personnes suivent les travaux du Conseil.L'activiste Rebecca Moore (au centre) assistait à la séance du Conseil régional d'Halifax le 30 janvier 2018. Photo : Radio-Canada

« Ce que cela signifie pour moi », a dit Mme Moore, « c’est que la violence contre les peuples autochtones et les femmes autochtones n’est pas acceptable et que nous ne la tolérerons plus. »

« C’est un grand jour pour être Canadien et [membre d’]une Première Nation », déclare Isaiah Bernard, de la Nation micmaque de Potlotek, en observant les travailleurs préparer le déboulonnage de la statue. M. Bernard dit qu’il a toujours évité de passer en voiture devant le parc et le monument lorsqu’il se rendait à l’université.

Isaiah BernardIsaiah Bernard Photo : Radio-Canada / Steven Berry

Chaque fois qu'il regarde Cornwallis, M. Bernard dit qu’il pense aux gens de son peuple qui ont été scalpés, et au « génocide organisé » par le général.

Leo Deveau, de la Société de préservation de l’héritage militaire d’Halifax, estime que Cornwallis était devenu en quelque sorte un bouc émissaire, « ce que nous estimons injuste ». Il considère par contre avoir entendu au fil du débat des « propositions intéressantes et constructives » pour représenter l’histoire de la ville.

« Le reste du Canada peut apprendre du maire [Mike] Savage et du conseil [régional d’Halifax] ce qu’est le vrai leadership et le courage », a mentionné mardi Rod Googoo, de l’Assemblée des chefs micmacs, après le vote des élus.

Le monument d’Edward Cornwallis, une oeuvre du sculpteur J. Massey Rhind, avait été érigé en 1931 par la Compagnie des chemins de fer nationaux (l'actuel Canadien National) à des fins touristiques.

La statue est remisée temporairement en attendant qu'une décision soit prise à son sujet. La Municipalité estime à 25 000 $ le coût de l'enlèvement et de l'entreposage du monument.

Avec les informations de La Presse canadienne

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