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Un kayakiste métis en route vers le podium olympique

Un kayakiste sur l'eau.
Le kayakiste métis James Lavallée veut conjuguer le sport et son héritage ancestral. Photo: Canadian Sport Centre Manitoba/Cory Aronec
CBC

Considéré comme l'un des meilleurs jeunes kayakistes au pays, James Lavallée, un Métis du Manitoba, a pourtant eu à surmonter moult problèmes avant de se hisser à un tel niveau. Aujourd'hui, il cumule les médailles obtenues au Championnat du monde junior en 2015 ou plus récemment aux Jeux d'été du Canada.

Souffrant d'un déficit de l'attention et de dyslexie au début de l'adolescence, le jeune James avait des problèmes à l'école. Rien ne fonctionnait correctement. Les cours étaient difficiles et il ne semblait pas réussir à tirer son épingle du jeu sur le plan sportif.

Puis, un jour, celui qui était alors âgé de 11 ans a essayé le kayak et le déclic s'est produit.

« La vie était vraiment frustrante pour moi, et lorsque j'ai commencé à pratiquer le kayak, ce fut le premier domaine dans lequel je pouvais envisager de m'améliorer », a-t-il dit.

« J'ai fait beaucoup d'efforts, et j'ai constaté que j'obtenais des résultats impossibles à avoir dans d'autres domaines. Alors, il y a simplement eu un déclic. Et le fait d'être sur l'eau et à l'extérieur tous les jours était très puissant. Tout cela s'est parfaitement emboîté. »

Le kayak est devenu sa passion. Aujourd'hui, James Lavallée fait partie de l'Équipe nationale de kayak junior.

À l'été 2017, il a remporté trois médailles pour Équipe Manitoba lors des Jeux d'été du Canada, à Winnipeg. Sur le podium, pendant ces Jeux, il a porté son écharpe métisse au moment où il recevait ses médailles. Rendre hommage à son héritage lors d'un événement du genre fut une décision facile pour le jeune homme de 20 ans, maintenant inscrit à l'Université du Manitoba.

« Je n'avais jamais concouru dans un événement de ce calibre ni même dans ma région natale du Manitoba. D'ailleurs nous n'avons pas vraiment le parcours pour le faire, alors j'ai pensé qu'il était important d'indiquer d'où nous venions, et de représenter ma nation était particulièrement intéressant », a-t-il indiqué.

J'étais franchement fier d'agir de la sorte. Et je crois que je porterai l'écharpe sur les prochains podiums sur lesquels je monterai.

James Lavallée

Le kayakiste veut justement monter sur le podium lors des Jeux de Tokyo, en 2020, et promet d'y porter son écharpe métisse, même s'il doit contourner ou enfreindre certaines règles.

Pour l'instant, le jeune homme se concentre sur son entraînement, ses courses... et sur ses futures victoires.

Une contribution déjà reconnue

En octobre dernier, M. Lavallée a reçu le prix Tom Longboat en tant qu'athlète autochtone canadien de l'année. Toujours à l'automne 2017, il a aussi été inscrit sur la liste des Manitoba's Future 40 de la CBC.

Par ailleurs, le jeune homme souhaite faire découvrir le kayak à davantage de gens à l'aide d'un programme de pagayage autochtone holistique qu'il veut lancer avec un autre athlète métis. M. Lavallée espère démarrer ce programme après les Olympiques de 2020.

« Ce n'est pas seulement de l'entraînement, nous développons des compétences utiles dans la vie de tous les jours », explique-t-il.

Il désire ainsi que des aînés enseignent et intègrent des savoirs autochtones au sein du programme, y compris la façon dont les gens sont liés à la terre et à l'eau.

Ultimement, M. Lavallée espère faire en sorte que davantage de jeunes Autochtones se tournent vers le sport, et l'utilisent pour se connecter à leur héritage et à leur identité.

« C'est très important », soutient-il.

Manitoba

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