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Le solstice d'hiver, une partie intégrante de la mythologie autochtone

Des tipis dressés devant un lever de soleil.

Tipis dressés face à un lever de soleil immortalisé au parc Wanuskewin, en Saskatchewan, en décembre 2013.

Photo : Jaqueline Anaquod

Radio-Canada

Le solstice d'hiver est imminent. Jeudi, la course du Soleil sera la plus courte de l'année et marquera le début officiel de l'hiver. Dans la culture crie comme dans de nombreuses autres à travers le monde, ce jour particulier s'inscrit dans une mythologie.

« Le solstice est important pour tout le monde, car il marque le changement de saison, le début de l'hiver, et c'est aussi la nuit la plus longue. Pour les Premières Nations, c'est une période de préparation », explique Wilfred Buck, animateur scientifique au Centre de ressources éducationnelles des Premières Nations du Manitoba.

« Nous appelons cela Pee cee magagaka, soit "le Soleil qui se tient immobile". En hiver comme en été, pendant le solstice, le Soleil se dirige soit plus au nord, soit plus au sud, et commence à entamer sa courbe. À ce moment-là, il donne l'impression d'être immobile dans le ciel quelques instants. »

L'expert en astronomie indique que par le passé, le solstice d'hiver était un moment particulier de l'année pour les communautés autochtones.

« Depuis toujours, les gens se réunissaient. C'était un moment de réflexion et de communion. Ils se rendaient dans des tentes de sudation et c'était aussi l'occasion de faire la cérémonie de la pipe, de faire des festins et de se rassembler », raconte Wilfred Buck, originaire de la Première Nation crie d'Opaskwayak.

Il reconnaît que la tradition et l'importance du solstice se sont un peu perdues dans les communautés autochtones. Et dans notre monde, le spectacle des étoiles pendant la nuit la plus courte de l'année a perdu de sa magie, selon lui.

« Avec le développement des centres urbains, de l'évolution du mode de vie, il est très rare pour les gens qui vivent en ville d'apprécier un ciel pur et étoilé, observe-t-il. Cela apporte pourtant le calme, cela donne le sentiment d'appartenir à quelque chose et un sentiment d'humilité. »

« Nous avons perdu 85 % de notre culture »

Il regrette aussi que la mythologie qui entoure le solstice ait en bonne partie disparu.

« Si on regarde dehors et qu'on observe un ciel non pollué, chaque étoile visible est rattachée à une constellation, porte un nom et possède une mythologie. Nous avons perdu 85 % de notre culture », estime Wilfred Buck.

Selon lui, nous sommes tous des étoiles. « Nous sommes faits par un seul créateur et nous ne sommes qu'en visite sur cette Terre. Une fois que nous avons terminé notre séjour ici, nous partons à nouveau et nous continuons notre voyage dans le Cosmos », explique-t-il.

Aujourd'hui, Wilfred Buck s'est donné comme mission de garder ce savoir et de le transmettre aux générations suivantes dans ses enseignements au Centre de ressources éducationnelles des Premières Nations du Manitoba.

Samedi prochain, il animera un planétarium mobile, installé au centre Momaway au 445, de la rue King, de 13 heures à 16 heures. Il y parlera de la mythologie des Premières Nations et de la connaissance des étoiles.

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