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Ministère des Affaires autochtones scindé : pas un aveu d’échec, dit Trudeau

Le premier ministre Trudeau à son arrivée à Rideau Hall
Le premier ministre Trudeau à son arrivée à Rideau Hall Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

La refonte du ministère des Affaires autochtones n'est pas un aveu d'échec, a assuré lundi le premier ministre Justin Trudeau, critiqué pour n'avoir pas réglé divers dossiers autochtones importants.

Un texte de Laurence Niosi

Dans le cadre d’un remaniement ministériel, deux ministres seront dorénavant responsables des affaires autochtones. La ministre de la Santé, Jane Philpott, passe au ministère des Affaires autochtones, qu'elle partagera avec l'actuelle titulaire Carolyn Bennett.

« Au contraire, le travail que Carolyn Bennett a fait depuis deux ans nous a permis d’être ici aujourd’hui pour constater que les structures du ministère […] n’ont pas la capacité de livrer sur la vraie réconciliation [avec les Premières Nations] et le partenariat dont nous avons besoin », a affirmé le premier ministre à sa sortie de Rideau Hall.

« Il est temps de reconnaître qu’il nous faut de nouvelles structures », a-t-il ajouté, estimant que les « objectifs » du gouvernement ne peuvent être atteints « dans le cadre des structures coloniales actuelles ».

Mme Philpott occupera le poste de ministre des Services aux Autochtones et Mme Bennett celui de ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord.

La ministre Philpott s’attachera aux problèmes de bien-être des Autochtones, dont la santé et l’eau potable, alors que Mme Bennett sera chargée des droits issus des traités.

La recommandation visant à scinder les ministères découle de la Commission royale sur les peuples autochtones, qui a soumis son rapport en octobre 1996.

Ces changements sont présentés par le gouvernement comme « une autre étape » vers la réconciliation avec les Premières Nations et vers l'élimination de la Loi sur les Indiens, une loi instaurée en 1876 qui permet au gouvernement de régir la majorité des aspects de la vie des Autochtones.

« La marchandise n’a pas été livrée »

Pour député néo-démocrate Roméo Saganash, la refonte du ministère est bel et bien un aveu d’échec. « La marchandise n’a pas été livrée par le gouvernement, malgré les promesses, les engagements pendant la campagne électorale », a-t-il affirmé à Radio-Canada.

Le député, membre de la nation cri, craint également que la création de deux ministères crée des lenteurs. « On sait très bien qu’un des problèmes dans la livraison de service, c’est cette énorme bureaucratie. Il y a un problème interne qui existe », ajoute-t-il.

Un point de vue partagé par le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard qui se dit prudent puisque peu de détails ont été communiqués quant aux différents rôles des deux ministères.

« Ce qu’on devra savoir rapidement, c’est comment on facilite cette transition-là », estime Ghislain Picard.

Le chef se dit somme toute satisfait de la décision prise par Ottawa de partager ainsi le ministère.

« Je dirais que c’est une bonne chose de vraiment se donner un couloir pour la relation que j’appellerais politique, donc de la relation avec la Couronne […] et de vraiment mettre de côté l’aspect des services au sein d’un autre ministère », explique-t-il.

Ghislain Picard rappelle toutefois qu'« il y aura toujours une prudence, une vigilance » face au gouvernement fédéral.

Justin Trudeau, qui a fait de la réconciliation avec les Premières Nations un pilier de sa campagne électorale, est accusé de ne pas être passé de la parole aux actes sur plusieurs de ses promesses.

L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), mise sur pied par le gouvernement Trudeau en décembre 2015, continue d'essuyer les critiques. L'ENFFADA a en outre encaissé un nouveau revers ce mois-ci, avec une septième démission en un an.

L'Assemblée des Premières Nations (AFN) s’est quant à elle réjouie de cette annonce fédérale, estimant qu’il s’agit d’un pas de plus pour restaurer et revitaliser les relations de nation à nation entre les Autochtones et la Couronne.

Avec les informations de Jean-Philippe Guilbault

 

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