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De la dépossession à l'appropriation des cultures autochtones

Capteur de rêves

Capteur de rêves

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un débat portant sur l'emprunt de diverses formes d'expression culturelle autochtone fait rage au Canada anglais, mais il ne semble pas avoir atteint le Québec.

L’appropriation culturelle a fait l’objet d’un éditorial dans le numéro du printemps 2017 du magazine Write, publié par la Writer's Union of Canada, un numéro consacré aux écrivains autochtones, les nouvelles plumes et les auteurs consacrés.

L’auteur du texte, Hal Niedzviecki, disait ne pas croire au concept d'appropriation culturelle. Il précisait sa pensée en écrivant que « n'importe qui, n'importe où, devrait être encouragé à imaginer d'autres personnes, d'autres cultures, d'autres identités. »

L’article, intitulé « Winning the Appropriation Prize », suggérait la création d’un prix pour récompenser un auteur qui publierait un ouvrage sur des personnes culturellement très différentes de lui.

L'appropriation culturelle se définit comme l'emprunt d'éléments d'une culture par les membres d'une culture « dominante ».

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une polémique au sein même de cette association, en plus de faire réagir fortement plus d’un lecteur, ce qui a mené au départ de l’éditeur et à un mot d’excuse de ce regroupement d’écrivains.

Les commentaires dans les médias et les réseaux sociaux n’ont pas cessé depuis. L’auteur et éditeur D.A. Lockhart, membre de la communauté de Moravian of the Thames à Chatham-Kent, dans le sud-ouest de l'Ontario a déclaré qu’il s’agissait d’une tentative de s’accaparer l'une des rares choses que les Autochtones du Canada avaient réussi à conserver.

Nous avons perdu notre terre, nous avons perdu nos langues, les dernières choses qui nous restent sont nos histoires et nos voix.

D.A. Lockhart
DA. Lockhart, auteur et éditeur autochtone

DA. Lockhart, auteur et éditeur autochtone

Photo : Stacey Janzer/CBC)

En entrevue à l’émission The Current, sur les ondes de CBC Radio, l’éditorialiste Hal Niedzviecki a précisé sa pensée. Mentionnant qu’il s’adressait à des écrivains, il disait les encourager à aborder des univers qui leur sont inconnus, « à écrire à partir de points de vue et de perspectives qui ne sont pas les leurs ». Il rappelle avoir écrit dans son éditorial que « la littérature autochtone est la force la plus vitale et la plus convaincante dans le monde de la création littéraire et de l'édition au Canada aujourd'hui ».

Génocide culturel

Mais cet article survient au moment où d’autres voix se sont élevées contre les effets de l’appropriation culturelle. Récemment, une galerie d’art torontoise a annulé l’exposition des œuvres de l’artiste Amanda PL, après avoir été accusée de « bâtardiser » l’art autochtone. De son côté, l’artiste dit s’inspirer du style de l'École de Woodland, développé par l’artiste anichinabé Norval Morrisseau, ajoutant qu’elle ne changera rien à son travail.

L’artiste non autochtone Amanda PL dit s'inspirer du style Woodlands, développé par Norval Morrisseau.

L’artiste non-autochtone Amanda PL dit s'inspirer du style Woodlands, développé par Norval Morrisseau.

Photo : Martin Trainor/CBC

Toujours à Toronto, le dévoilement des costumes d'un groupe participant au prochain Festival Caribana a scandalisé plusieurs membres des Premières Nations. Les jeunes femmes étaient affublées de coiffes autochtones dans le but de « rendre hommage au 150e anniversaire du Canada. » Le groupe s'est par la suite excusé sans préciser si la coiffe sera abandonnée lors du Festival.

Des membres du groupe Carnival Nationz affublées de coiffes autochtones dans le but de « rendre hommage au 150e anniversaire du Canada. »

Des membres du groupe Carnival Nationz affublées de coiffes autochtones dans le but de «rendre hommage au 150e anniversaire du Canada.»

Photo : Carnival Nationz/Instagram

 
Avec les informations de CBC News

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Société