•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Budget fédéral : les attentes des Autochtones

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Après un budget « historique » en 2016, les Autochtones du pays espèrent que, encore une fois, cette année, le gouvernement prévoira d'importants investissements pour améliorer leurs conditions de vie.

Un texte de Karoline Benoit, d'Espaces autochtones

En mars 2016, le gouvernement Trudeau avait voulu « tourner la page et entamer un nouveau chapitre dans la relation entre le Canada et les peuples autochtones ».

Il avait alors prévu investir la somme ambitieuse de 8,4 milliards de dollars sur cinq ans en faveur des Autochtones. Pour 2016-2017, il s’agissait d’une enveloppe de 1,5 milliard de dollars.

L'argent devait notamment servir à rénover et à construire des écoles dans les réserves et à améliorer les infrastructures d'approvisionnement et de traitement des eaux.

L’APN demande un financement accru

Pour l’Assemblée des Premières Nations (APN), le budget de 2016 a été un « tournant dans la longue histoire du sous-financement chronique des services essentiels aux Premières Nations ».

L’organisme estime qu’il est important que le gouvernement continue sur sa lancée et en fasse encore plus.

Dans une lettre envoyée au ministre Bill Morneau en janvier, l’APN demandait notamment une hausse considérable du financement pour le logement dans les réserves.

Dans le budget de l’an dernier, le gouvernement avait prévu accorder 554 millions de dollars sur deux ans pour le logement.

L’APN estime que c’est plutôt 2,1 milliards de dollars sur trois ans qui sont nécessaires pour rénover les unités de logement qui en ont besoin et en construire de nouvelles.

Des « sommes astronomiques » en éducation

Le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN) et responsable du dossier de l’éducation à l’APN, Bobby Cameron, estime qu’« une somme astronomique » serait nécessaire pour rattraper le retard en éducation auquel font face les membres des Premières Nations.

En 2016, Ottawa a annoncé l’investissement de 2,6 milliards de dollars sur cinq ans en éducation.

Bobby Cameron estime toutefois que 2,6 milliards de dollars supplémentaires seraient nécessaires pour faire face aux lacunes en éducation, dont 425 millions de dollars pour les études postsecondaires.

On aimerait voir une hausse considérable du financement de l’éducation postsecondaire, car plusieurs de nos jeunes sont sur des listes d’attente ou se voient refuser [le financement de leurs études].

Bobby Cameron, chef de la FSIN et chef régional de l'APN

Le budget de 2016 avait par ailleurs proposé un montant de 15 millions de dollars sur deux ans pour la Stratégie de formation pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones. L’APN estime que cette somme devrait être substantiellement augmentée, à 2,4 milliards de dollars sur 10 ans.

De grands besoins en santé mentale

Les organismes autochtones disent avoir déterminé d’importants besoins en financement pour permettre de stabiliser et d’étendre l’accès aux programmes en santé mentale.

Ils demandent au gouvernement d’investir cette année 1,6 milliard de dollars pour financer, entre autres, des ressources en toxicomanie, en prévention du suicide et en soins à domicile.

Les Métis aux Communes

Pour les Métis, qui représentent 32 % des Autochtones du pays, le budget 2016 a aussi été un tournant. C’était la première fois qu’ils étaient reconnus et inclus dans un budget fédéral.

Une somme de 25 millions de dollars sur cinq ans avait alors été proposée afin de soutenir leur développement économique.

« Nous étions heureux de recevoir ces 25 millions », dit le président du Rassemblement national des Métis, Clem Chartier, ajoutant toutefois « avoir été un peu déçu » de recevoir si peu des 8,4 milliards de dollars alloués à tous les Autochtones.

Le président du Ralliement national des Métis, Clem Chartier

Clément Chartier espère que le sommet permettra d'élaborer un plan directeur pour les droits des Métis.

Photo : Associated Press / David Vincent

Il est cependant optimiste et croit qu’il « y aura quelque chose pour [les Métis] » dans le nouveau budget Morneau.

« Le ministre des Finances nous a invités à nous asseoir dans la galerie et à assister au dévoilement du budget, soutient Clem Chartier. C’est un signal », croit-il.

Il espère que certains dossiers obtiendront du financement, notamment l’éducation, le logement, la santé et le développement économique.

« Ce serait bien [que le budget] aborde certains de ces enjeux », affirme-t-il.

Des attentes élevées chez les Inuits

Les Inuits, qui ont signé une entente de partenariat avec Ottawa au mois de février, espèrent que le budget Morneau démontrera que le gouvernement était sérieux quand il a indiqué vouloir améliorer les relations avec eux.

Le président de l’organisme national Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed, croit qu’il est important que le gouvernement montre sa « bonne volonté » en investissant dans l'Arctique afin de créer les conditions socioéconomiques, culturelles et environnementales qui permettront la pleine mise en oeuvre des ententes relatives aux revendications territoriales.

Ce que signifie avoir un partenariat sera mis à l’épreuve à l’annonce du budget.

Natan Obed, prés. Inuit Tapiriit Kanatami

Du financement pour les femmes

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), qui avait subi d’importantes compressions sous le gouvernement Harper, souhaite de son côté voir son financement augmenter de façon « importante ».

L’organisme estime que ces fonds sont nécessaires afin de pouvoir « aider le gouvernement libéral à améliorer ses relations avec les peuples autochtones ».

L’AFAC croit qu’il est important qu’un regard féminin soit posé sur les politiques et les processus législatifs concernant les questions qui touchent les femmes, notamment le retrait de la discrimination sexuelle dans la Loi sur les Indiens.

L’Association dit aussi avoir besoin d’un appui financier adéquat pour continuer à assumer son rôle de chien de garde en ce qui a trait aux travaux de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

Les réponses à ces nombreuses préoccupations et questions seront données mercredi à 16 h.

 

Autochtones

Politique