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2500 Autochtones retrouvent leur identité grâce au projet « Un visage, un nom »

Roger Avrana et Taktogon, Kugluktuk, Nunavut, vers 1949-1950
Roger Avrana et Taktogon, Kugluktuk, Nunavut, vers 1949-1950 Photo: Bibliothèque et Archives Canada
Radio-Canada

Depuis la création, en 2002, du projet « Un visage, un nom » par Bibliothèque et Archives Canada (BAC), 2500 Autochtones ont retrouvé leur identité.

Un texte d'Anne-Marie Yvon, d'Espaces autochtones

Cette reconnaissance leur permet non seulement de se réapproprier une partie de leur histoire, mais aussi de regagner leur dignité.

Le projet de Bibliothèque et Archives Canada a été lancé il y a 15 ans par Murray Angus, professeur du programme de formation Nunavut Sivuniksavut de l’Université Carleton, à Ottawa, et ses étudiants inuits.

À l’époque, les jeunes recherchaient des photos de leur famille et de leur collectivité dans les catalogues sur fiches.

Mais les légendes de milliers de photos prises de la fin du 19e siècle jusqu’aux années 1970 étaient vagues ou carrément offensantes. Les personnes étaient identifiées en tant qu’« Esquimaux » ou « Indiens », et rien dans les archives photographiques ne permettait de connaître leurs vrais noms.

Maryann Tattuinee, Coral Harbour (?), Nunavut, vers 1945-1946Maryann Tattuinee, Coral Harbour (?), Nunavut, vers 1945-1946 Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Comme la plupart des Inuits représentés sur les photographies n’étaient pas identifiés, le professeur, en collaboration avec BAC, a lancé le projet « Un visage, un nom » pour donner aux résidents du Nunavut accès aux collections de photos d’Inuits conservées en archives et leur permettre de mettre un nom sur des visages familiers.

Ce sera le début d’un grand travail de récupération identitaire et l’établissement d’un dialogue entre les jeunes Inuits et leurs aînés.

Quinze ans plus tard, les recherches se poursuivent toujours. Outre les noms des personnes, on tente de retracer des lieux, des événements et des activités figurant sur plus de 8000 photos historiques numérisées provenant de collections publiques et privées.

Sauriez-vous identifier ces personnes?

Ces quatre Inuits, debout près du rivage à Baker Lake (Qamanittuaq), au Nunavut, n’ont toujours pas été identifiés.Ces quatre Inuits, debout près du rivage à Baker Lake (Qamanittuaq), au Nunavut, n’ont toujours pas été identifiés. Photo : Bibliothèque et Archives Canada (BAC)

À l'identification des Inuits du Nunavut s’est ajoutée, il y a trois ans, celle de communautés inuites des Territoires du Nord-Ouest, du Nord-du-Québec (Nunavik) et du Labrador, de même que des deux autres groupes autochtones du Canada, soit les Premières Nations et la Nation métisse. La collection inclut aussi quelques milliers de photos prises au Manitoba.

Du 1er au 3 mars 2017, Bibliothèque et Archives Canada célébrera le 15e anniversaire d’« Un visage, un nom », à Ottawa.

Margaret Uyauperk Aniksak, Arviat, Nunavut, vers 1930Margaret Uyauperk Aniksak, Arviat, Nunavut, vers 1930 Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Si, depuis le début du projet, environ 2500 Autochtones ont retrouvé leur identité,combien en reste-t-il à identifier?

Normand Charbonneau, sous-ministre adjoint et chef de l'exploitation à Bibliothèque et Archives Canada, répond à cette question; il nous parle également de personnes qui se sont reconnues sur des photos et il nous invite au 15e anniversaire du projet en mars:

Sur cette photo d'avril 2016 (ci-dessus), Martha Kasudluak nous montre des photos d'elle prises en 1947 et 1948 à Inukjuak au Nunavik.
(Crédit photo : Johnny Kasudluak)

Quant à la photo ci-dessous, représentant Cecil John Crowfoot, elle a été publiée sur Facebook en juillet 2015. L’homme, originaire de la Première Nation de Siksika en Alberta, a été identifié par les membres de sa famille.

Cecil John Crowfoot venait d'une longue lignée de chefs des Pieds-Noirs, incluant Crowfoot, signataire du Traité 7. Son père était Joe Crowfoot, son grand-père était Bear Ghost, et son arrière-grand-père était Issapóómahksika (chef Crowfoot).

Photo de Cecil John Crowfoot, publiée sur Facebook en juillet 2015. Il a été identifié par les membres de sa famille. Il est originaire de la Première Nation de Siksika en Alberta.Photo de Cecil John Crowfoot, publiée sur Facebook en juillet 2015. Photo : Rosemary Gilliat Eaton / Bibliothèque et Archives Canada / e010975124

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