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Image : Claudia Sheehy en forêt avec ses habits de pompière.

Texte : Annie-Claude Brisson | Photos : Vicky Boutin

Claudia Sheehy veille sur les forêts du Québec et d’ailleurs, elle qui s’est portée volontaire pour aller combattre les feux australiens l’an passé. Mais alors qu’elle amorce une douzième saison en portant fièrement l’uniforme, la pompière forestière songe à son avenir et à celui de la relève féminine, à qui elle souhaite transmettre sa passion pour le métier.

La pompière forestière constate les profondes cicatrices laissées par le plus important feu de forêt qu’a connu le Québec au cours de la dernière décennie. L’été dernier, le brasier a ravagé plus de 50 000 hectares de forêt dans le secteur de Chute-des-Passes, dans le nord du Lac-Saint-Jean, soit plus que la superficie de l'île de Montréal. L'origine probable : un simple feu de camp.

Les ravages auraient été encore plus grands, n’eussent été les professionnels venant du Québec, de l’Ontario et de l’Ouest canadien qui ont travaillé sans relâche pendant 63 jours à contrôler, à contenir, à maîtriser et à éteindre les flammes. Au plus fort de l’intervention contre le « feu 395 », plus de 300 personnes, dont Claudia Sheehy, menaient le combat.

En posant les pieds sur ce territoire forestier glauque, l’impression qu'une partie de la nature a été arrachée sans vergogne subsiste. La calcination s’étend à perte de vue.

Le bois brûlé a, depuis, été récolté par des entreprises forestières. Les traces de ce vif brasier sont encore présentes malgré l’opération. Quelques arbres tiennent fragilement debout, les souches portent les marques de la combustion et les cônes brûlés qui jonchent le sol confirment la violence de l’embrasement. Preuve de la force incommensurable de la nature, quelques verdures pointent à travers le sol ébène.

Image : Claudia Sheehy marche en forêt.

L'énergie de l'incendie

Photo: Le feu peut dévaster de grandes superficie de forêt.  Crédit: Radio-Canada / Vicky Boutin

L'énergie de l'incendie

Comme la végétation qui se faufile parmi les cendres, la pompière forestière fait son chemin dans des environnements hostiles. Des lieux souvent éloignés, où, pour se rendre, il faut être héliporté.

Claudia Sheehy est imprégnée par les sentiments qui l’habitent lorsqu’elle passe des airs au sol alors qu’un feu fait rage. Elle se retrouve généralement seule, les deux pieds sur une terre bien souvent cramée.

Le soleil plombe sur elle et sur la forêt qui s’embrase. Le flamboiement est visible des airs. Une fumée dense enveloppe la zone d’intervention. L’ambiance est électrique et le bruit de l’hélicoptère, assourdissant, tout comme celui des scies mécaniques.

On est en forêt. Les éléments sont tous présents. On est plus fébriles; ça fait du bien. C’est une belle énergie. On est bien préparés.

La pompière forestière intervient lorsque la nature se déchaîne et lorsque les gens se sont montrés imprudents. Cette combattante du feu avale les kilomètres à la marche; jusqu’à une quinzaine par jour. Marcher hors des sentiers battus, c’est son quotidien.

Image : Claudia Sheehy lève une scie mécanique.
Image : Claudia Sheehy lève une scie mécanique.

 

 

 

 

Elle traîne des tuyaux dans un sac pesant une cinquantaine de livres, soit une vingtaine de kilos. Elle les déroule sur des centaines de mètres à travers le terrain accidenté. Une motopompe lui permet de puiser l’eau dans les ruisseaux, les lacs ou les rivières qui coulent à proximité des sites d’intervention, puis d’arroser la végétation. Au besoin, elle gratte le sol et coupe des racines avec une hache pour dénicher toute trace de feu et le stopper le cas échéant.

On rentre sur le terrain avec notre équipe de trois, quatre personnes. Notre journée est organisée. On a notre rôle. On est un peu autonomes. Tu ne sais pas ce que tu vas rencontrer, sur quoi tu vas tomber, dit Claudia Sheehy.

Elle porte un pantalon de travail et une chemise à manches longues boutonnée jusqu’au col afin de se protéger contre le soleil, les moustiques, la saleté et les cendres. Une radio portable – qui lui permet de rester en communication avec son équipe – et un système de navigation s’ajoutent sur sa poitrine.

La trentenaire n’est pas d’une stature imposante. Derrière sa silhouette mince se cachent force et endurance. Son regard vif confirme l’ardeur qui l’habite.

Elle porte en elle la kyrielle de paysages époustouflants qu’elle a pu contempler grâce à son travail. Les nombreux héliportages lui ont permis de voir la végétation des forêts se transformer sous ses pieds et de découvrir une nouvelle aventure chaque fois qu’on la dépose au sol, où elle fait face à des situations exaltantes comme à des moments de plénitude. 

L’attente à la base de Roberval en vaut la peine. Chaque sortie en forêt lui confirme pourquoi elle a épousé cette profession. 

On est là pour le travail et, par la bande, beaucoup de choses, de rencontres et de découvertes ont lieu. Il faut toujours en profiter à 100 %. C’est une boîte à surprises, ce qui t'arrivera le lendemain. Tu peux être transporté à un feu à 500 kilomètres.


 

 

 

 

Claudia Sheehy marche à travers le bois coupé.
Les entreprises forestières ont rapidement récolté une partie du bois brûlé dans le secteur de Chute-des-Passes.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

En observant cette tranche de la forêt consumée, Claudia Sheehy garde en tête le souvenir de missions marquantes; de la cendre qui tombe sur les véhicules, de l’eau pompée à même les piscines des résidences, et des ciels enflammés, où l’épais smog cache le soleil pendant des jours.

On s’habitue. Mais c’est un scénario de catastrophe, de noirceur, de film d’horreur. Quand le feu a tout brûlé, ce n’est pas beau. La senteur n’est pas agréable; la suie, la cendre, toute la poussière qui lève... C’est désolant. C’est l’absence de vie, en fait.

Une citation de :Claudia Sheehy

Quand la nature est déchaînée, quand c’est trop puissant, on est réalistes. On n'essaie pas de faire des héros de chaque pompier; ce n’est pas ça la mission. On connaît nos limites, on ne peut aller plus vite que ça, on ne peut aller au-delà de tant de kilowattheures d’intensité.

Image : Claudia Sheehy marche en forêt.
Photo: Claudia Sheehy arpente une partie du secteur de Chute-des-Passes.  Crédit: Radio-Canada / Vicky Boutin

Un univers masculin

Claudia Sheehy est la seule pompière forestière de Roberval, et l’une des rares femmes dans un univers presque exclusivement masculin, où l’employé type est un homme âgé de 25 à 30 ans. Au Québec, moins de 10 % de ces professionnels sont des femmes.

À l’aube d’une douzième saison à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), elle se sent enfin prête à prendre la parole, elle qui a presque toujours décliné les demandes d’entrevue.

Au début, je voulais qu’on me voie comme tous les garçons. Je me camouflais. Je me disais que j'avais mes preuves à faire. Je ne voulais pas qu’on prenne ça pour du favoritisme. Tranquillement, je me suis rendu compte que ce n'était plus ça, la question.

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Claudia Sheehy est l’unique pompière forestière de Roberval. Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Au moment de son embauche, elle était la seule femme parmi la vingtaine de pompiers forestiers de la base de Roberval, alors que deux collègues féminines se trouvaient à Chibougamau. Les années ont passé; quelques femmes se sont ajoutées, mais elles sont encore bien loin d’être légion.

C’est par le plus grand des hasards que Claudia Sheehy a découvert la SOPFEU, après des études en techniques du milieu naturel au Cégep de Saint-Félicien. La jeune femme peinait à trouver un emploi et envisageait la possibilité de reprendre les études. N’eût été une rencontre fortuite avec une personne qui lui a présenté la SOPFEU, elle serait retournée sur les bancs d’école et n’aurait pu découvrir ce métier qui l’allume encore autant.

Le travail de pompier forestier est enseigné par l'organisme sans but lucratif. Claudia Sheehy a saisi l'ampleur du défi qui se présentait à elle après son embauche, en apprenant les rudiments du métier à la base du Lac-Saint-Jean. On m’a appris, on m’a formée, explique-t-elle. C’est un peu militaire. On commence avec une formation de base.

Image : Une veste de travail portant l'inscription Chef de lutte stade 2.
Image : Une veste de travail portant l'inscription Chef de lutte stade 2.
Image : Une veste de travail portant l'inscription Chef de lutte stade 2.

 

 

 
La jeune femme a suivi le cours de chef de lutte stade 2, l’an dernier. Chaque journée de travail est unique. Elle alterne entre les tâches de combattant et son rôle de cheffe, lequel l’amène à anticiper le comportement du feu grâce à différentes données. Tout le monde est attentif à ses directives à bord de l’hélicoptère. Ces gens surveillent la présence d'autres hélicoptères ou de fils électriques. L’un d’entre eux maniera la scie mécanique qui permettra d’abattre des arbres et de tracer un chemin à travers la nature. En arrivant sur le feu, ils devront trouver des voies de sortie, localiser les points d’eau et repérer les routes.

 

 

 

 

 


 
C’est Claudia Sheehy qui dirige l'équipe à mesure que l’hélicoptère s’approche d’un incendie. Seule femme à occuper ce rôle à la base de Roberval, elle n’a cependant jamais senti que ses collègues masculins doutaient de sa capacité à accomplir le boulot.

Claudia est une personne très franche. Elle a une tête sur les épaules et elle sait où elle s’en va. C'est agréable de la côtoyer. Elle est capable d’en donner en masse, autant physiquement que psychologiquement. On est choyés de l’avoir dans notre équipe, indique un collègue, Jean-Sébastien Cousineau.

 

 

 

 

 


 

Un autre chef de lutte de stade 2, Patrice Charest, considère Claudia comme son égale. Le respect prime entre collègues. L’objectif est, après tout, de maîtriser et d’éteindre les feux.

Je la considère comme un confrère de travail comme un autre. Elle fait la job. Je pars en montagne avec. Elle suit autant qu’un homme et elle en "clencherait" d’autres, certain, témoigne l’homme, qui compte 21 années d’expérience dans le métier.

 

 

 

 


Il a fallu trois saisons avant que Claudia Sheehy se sente à l’aise dans son rôle. La femme de 34 ans conserve le souvenir d’une conversation marquante avec son père qui a été un réel déclic. Il lui a fait réaliser que personne ne pouvait l’empêcher de faire son travail ni de gagner sa vie. À partir de ce moment, elle s’est, en quelque sorte, sentie affranchie.

Après réflexion, aujourd’hui, je crois que cette pression venait de moi. Que c’était moi qui m'obligeais des fois à en donner plus, à me prouver. Des fois, la perception qu’une personne avait, c’est moi qui l’interprétais.

Une citation de :Claudia Sheehy

Les pompiers forestiers croisés à proximité du tarmac confirment que la culture qui règne à la SOPFEU facilite l’inclusion. Chaque début de saison est une parfaite occasion pour revoir les grandes lignes des comportements à adopter, et les employés n’hésitent pas à se les rappeler entre eux.

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Les pompiers forestiers traînent en forêt la motopompe, qui pèse une soixantaine de livres (au moins 27 kilos).Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

C’est un peu comme le cadre de la santé et sécurité au travail : ça devient une façon de faire. La civilité, le respect, la portée de nos paroles... En plus des femmes, j’inclus toutes les personnes qui peuvent ne pas se sentir comme le typique pompier , résume Claudia Sheehy. 

La principale intéressée est d’avis qu’on peut apporter une vision féminine à ce travail physique, une distinction qu’elle observe davantage lors de missions pouvant s’étendre sur près d’un mois.

Des fois, les femmes vont être meilleures sur un marathon que de donner quelque chose d’intense et court. Les femmes n’auront pas peur de dire aux garçons : "Je sais que tu as de gros bras, mais travaille autrement; ça va protéger ton dos." Dès qu’on est deux, on va travailler à deux. Ce n’est pas juste parce que je suis une fille; tout le monde le fait. Tout le monde veut se préserver. Tout le monde aura 26 jours à faire , image-t-elle. 

Image : Claudia Sheehy
Photo: Claudia Sheehy se retrouve au coeur de son univers de travail, la forêt.  Crédit: Radio-Canada / Vicky Boutin

Allumer l'étincelle

Si elle accepte de parler de son métier aujourd’hui, c’est pour faire rayonner sa profession. C’est également pour démontrer que les femmes peuvent y trouver leur place.

Oui, je suis acceptée. Oui, je suis à mon job. Moi, j’ai réussi à faire ce que je voulais; tout s'est aligné pour moi. Mais là, je me rends compte que, des fois, ce n’est pas tout le monde qui a eu cette facilité. 

Désirant tracer un chemin pour les jeunes, elle espère surtout attiser l’intérêt des filles pour la profession.

Lorsqu’on voit une délégation de 20 pompiers qui partent dans une autre province, on ne voit que des hommes. Moi, j'aimerais pouvoir toucher une personne à la maison. Que lorsqu’ils voient une fille, ça reste dans leur mémoire. Et que, tranquillement, ça devienne la norme.

Une citation de :Claudia Sheehy

Préposée aux équipements à l’entrepôt de la base de Roberval, Marie-Jeanne Huberdeau abonde dans le même sens. On commence à le ressentir. Je dirais qu’il y a des femmes pas mal partout. C’est sûr qu’il n’y en a pas beaucoup encore, souligne-t-elle.

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Le travail en entrepôt de Marie-Jeanne Huberdeau permet à Claudia Sheehy d’être prête à intervenir.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Pour preuve, Claudia Sheehy était l’unique femme d’un contingent de 20 personnes envoyées par la SOPFEU en Australie. Afin d’obtenir sa place, elle a dû réussir divers tests de qualification, axés par exemple sur l’endurance physique et la maîtrise de l’anglais.

Même s’ils sont à l’autre bout de la planète, j’ai senti un rapprochement. C’est leur maison, c’est leur terrain, c’est leur environnement. Ça m’a touchée. D’être là, c’est autre chose... Ce qui en est ressorti, c’est l’humanité, les êtres humains, la faune et la flore. On y est beaucoup reliés, même si c’est à des milliers de kilomètres.

Elle souhaite transmettre à d’autres sa passion pour le métier qui l’a conduite dans bon nombre d’endroits éloignés, que ce soit dans les montagnes enneigées de l’Australie, ou encore au Manitoba et à la limite nordique du Québec.

C’est confrontant de voir comment les autres provinces et les autres pays travaillent. Tu prends conscience que c’est une autre réalité, un autre terrain, une autre mentalité... Il y a une autre façon de travailler et il y a d’autres façons d’apprendre.

Image : Claudia Sheehy est devant des avions-citernes et parle.
Photo: La SOPFEU compte 300 pompiers forestiers à travers le Québec.  Crédit: Radio-Canada / Vicky Boutin

Une communauté de pompiers

Claudia Sheehy s'est transformée professionnellement au fil des années. Son rapport avec la profession a, lui aussi, évolué. Si elle mesurait ses performances plus techniquement et physiquement en début de carrière, aujourd’hui, c’est à travers ses interactions qu’elle le fait.

Je me rends compte que c’est l’approche qui peut changer les choses, le côté social, ce qu’on dégage... Ce sont de petits détails qui peuvent faire une différence pour les autres, explique celle qui aspire à en apprendre encore sur les feux et la nature et sur ce qui l’entoure dans cet univers.

Cet esprit d'équipe est d'autant plus important que les feux n'offrent pas de répit aux pompiers. La base de Roberval, l’une des quatre principales du Québec, est située aux côtés de l’aéroport de cette ville du Lac-Saint-Jean. Durant la saison des feux de forêt, le site bourdonne d’activités.

Les avions-citernes, les avions et les hélicoptères sont alignés sur le tarmac, prêts à décoller. L’entrepôt est plein à ras bord d’équipements et d’outils nécessaires aux interventions. Les équipes sont prêtes à faire feu.

Ces pompiers forestiers travaillent 10 journées consécutives avant de bénéficier de 4 jours de congé. Or, ces moments de répit partent généralement en fumée en raison des besoins d’interventions.

Pour ces travailleurs saisonniers, la période de travail se calcule en heures. Ils en passeront plus de 1000 à prévenir et à éteindre des feux dans une année. Les journées interminables, les horaires irréguliers et les semaines passées loin de la maison peuvent, par moments, peser lourd sur les épaules des soldats du feu et de leur entourage.

Ils ne savent pas à quel moment ni pour combien de temps ils devront quitter leur domicile. La famille doit s’adapter à ce mode de vie atypique. Leur entourage s’est habitué à cette présence incertaine.

L’été, c’est là où il y a beaucoup de rassemblements de famille. Je dis toujours : "On va voir." Je vais confirmer deux, trois jours à l’avance, ou parfois, j'arrive à 20 h , raconte Claudia Sheehy.

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Le personnel de l’entrepôt prépare l’équipement nécessaire aux interventions.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

La fraternité est ce qui permet à ces travailleurs de garder le moral lorsqu’ils se retrouvent loin des leurs, et ce, jusqu’à 26 journées consécutives. L’éloignement, cette bulle hermétique et l’absence des proches sont propices à une certaine cohésion. Une dynamique s’installe dans la brigade, comme dans une grande famille. 

On n’est pas conscients de ce qui se passe, l’été, ici. C’est quand je reviens en vacances que je le vois. Les gens vont à la plage, ils naviguent en bateau... C’est cool, l’été en ville. Ce qui est difficile, c’est de revenir en congé. Tu n’as pas de vie. Tu n'as rien à raconter, sauf ce qui s’est passé au feu.

Image : Claudia Sheehy s'éloigne sur le chemin.
Photo: La route de sable traverse la forêt brûlée dans une portion du secteur de Chute-des-Passes.  Crédit: Radio-Canada / Vicky Boutin

Encore la flamme

Après 12 saisons à combattre des incendies, Claudia Sheehy a encore dans son esprit l’idée de se poser davantage qui trotte. 

Pendant plusieurs années, elle a partagé son temps entre la vie en forêt et les hivers au Sud, loin du froid. Son emploi saisonnier lui a permis de voir du pays.

Le dernier hiver aura été, pour elle, synonyme d’un semblant de vie plus normale alors qu’elle n’a, pour une rare fois, pas quitté le Lac-Saint-Jean. Cette période de repos lui a permis d'entamer des réflexions sur la suite des choses pour elle.

On dirait que j’ai besoin de faire quelque chose à l’année. L’an dernier, j’ai travaillé au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS). J’ai vu c’était quoi, la réalité de travailler l’hiver, d’avoir un hiver régulier, dit la Robervaloise d’adoption. 

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Claudia Sheehy regarde les ravages du feu 395 qui s'étendent à perte de vue. Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Même si l’idée de s’ancrer davantage s’installe tranquillement en elle, Claudia Sheehy amorce une douzième saison à la SOPFEU avec la même ferveur qu’à ses débuts. Elle enfile l’équipement avec le même engagement qui la définit. Elle parcourra avec enthousiasme des centaines de kilomètres dans les mois à venir, avec pour objectif de protéger cette richesse que sont nos forêts. Un engagement qu’elle espère partager avec une plus grande relève féminine.

C’est en forêt qu’elle se sent bien. Qu’elle se sent elle-même.

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