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Image : Val Rasmussen porte un casque à cornes décoré d'épingles.

Texte : Mélyssa Gagnon | Photos : Vicky Boutin

Au pays des Bleuets, le drapeau danois flotte à tout vent, des eaux tumultueuses du fjord jusqu’aux embruns du lac Saint-Jean. Son porte-étendard le plus fier, le Viking Val Rasmussen, chante les louanges du pays de ses ancêtres à qui veut bien l’entendre depuis sa tendre enfance, passée aux pieds du fjord du Saguenay.

Le Danemark et le Saguenay : deux perles de la nordicité séparées par des milliers de kilomètres de distance. Unis par la splendeur de leurs paysages et par la résilience de leurs peuples, ils ont pour point de ressemblance des fjords époustouflants. Ils occupent aussi, à parts égales ou presque, le cœur de Val Rasmussen.

Impliqué dans sa communauté, il a participé à de nombreuses compétitions sportives, a été l’un des fers de lance du domaine du ski dans la région, en plus de siéger pendant de nombreuses années au conseil d’administration de la Société historique du Saguenay. L’histoire du Royaume le passionne.

Farceur, coloré, érudit et allumé, l’homme de 91 ans est surprenant, autant par sa grande forme physique que par l’étendue de ses connaissances sur les pays nordiques. Sur le Danemark, en particulier, où son père, Paul, a passé une partie de sa vie avant de s’exiler au Canada.

Val Rasmussen porte son chapeau à cornes de Viking. Le drapeau du Canada flotte derrière lui.
Val Rasmussen est né au Saguenay, où son père s'est installé au début du 20e siècle.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Mon père nous a toujours parlé du Danemark. Il nous a raconté plein d’histoires, et c’est pour ça que j’ai toujours été fasciné par le pays de mes ancêtres , dit-il, la moustache alourdie par le givre et le nez aussi rouge que le drapeau de sa mère-patrie.

S’ancrer

Paul a jeté l’ancre à Saint-Fulgence, sur la rive nord du Saguenay, pour venir travailler à la Compagnie de pulpe de Chicoutimi au début du 20e siècle. Le Danois y a pris goût. Après un retour à Copenhague, capitale du plus petit pays de Scandinavie, il a mis le cap sur le Québec pour ne jamais repartir.

La mère de Val Rasmussen, Auxilia Jean, originaire de Saint-Fulgence, a donné naissance à 17 enfants. Après son décès, un dix-huitième Rasmussen est né du second mariage de Paul Rasmussen avec la sœur d’Auxilia.

Fonder

Val Rasmussen a donné beaucoup au royaume du Saguenay. Amoureux de la langue française, il a contribué à la fondation du parc de la Francité, aux abords de la rivière aux Sables, à Jonquière. Le circuit est ponctué de drapeaux de pays francophones et de statistiques à leur sujet.

J’ai toujours aimé la langue française. L’ancien maire [de Jonquière] Francis Dufour me disait tout le temps que je ne pouvais pas défendre le français comme ça parce que j’étais fédéraliste. Ça n’a rien à voir. On peut être fédéraliste et aimer le français , insiste celui qui affirme avoir contribué au changement de nom d’une artère stratégique de Jonquière, le boulevard de la Centrale, pour qu’il soit baptisé en l’honneur de René Lévesque.

Il a aussi contribué à la création de quatre centres de ski de fond au Saguenay, ainsi que collaboré à la mise en place du seul service de médecins à domicile du Québec, Jonquière-Médic.

Avec la Frairie Viking Fjord du Saguenay, dont il était le vice-président, il a créé le festival Viking de Saint-Fulgence au début des années 80. Il ne s’agissait pas d’une mince affaire : construction du Fjordsen, un drakkar dessiné dans le respect des plus pures traditions maritimes scandinaves; simulation d’un débarquement viking sur les rives du Saguenay; et défilé dans les rues de la municipalité. L’événement est revenu chaque année pendant 10 ans.

À l’époque, un Val Rasmussen à la moustache et aux cheveux châtains, vêtu d’un costume traditionnel de fourrure, expliquait à une documentariste des Productions de la Chasse-Galerie à quel point il était fier de ses racines vikings et exprimait son attachement profond à ses terres ancestrales.

  À tout moment, je vais me promener dans la rue avec mon chapeau de Viking. Les gens vont trouver ça peut-être un peu farfelu. Par contre, ils vont l’accepter , faisait-il alors valoir, amusé.

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Skier

Paul, ex-papetier, était un skieur-né. Il a d'ailleurs fondé le premier club du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en 1934. 

À peine en équilibre sur ses deux jambes, Val Rasmussen chaussait déjà ses premières bottes de ski. J’ai commencé à faire du ski en 1932 ici, à La Baie , indique Valérien. Valérien, un prénom on ne peut plus québécois pour un Viking de sa trempe. Rasmussen a opté, très jeune, pour le diminutif Val, qui évoque davantage ses racines scandinaves.

Sportif accompli, il a franchi des kilomètres et des kilomètres sur ses skis, glissant adroitement sur les eaux glacées du Saguenay, entouré par les murs végétaux de cette ancienne vallée glaciaire qui a un jour été remplie par la mer.

J’ai participé aux 16 traversées officielles Péribonka-Roberval en ski. J’ai fait cinq fois, en solitaire, [le trajet] de L’Anse-Saint-Jean à La Baie. Cinquante-cinq kilomètres. Tout seul. Pas d’eau, pas de lunch, pas de téléphone , raconte-t-il fièrement.

Val Rasmussen et un autre homme, Ken, en ski.
Val Rasmussen et son frère Ken arrivent à Roberval après avoir traversé le lac Saint-Jean en ski de fond en duo en 1960.Photo : Avec l'autorisation de Val Rasmussen

Près du chalet du centre de ski Le Perce Neige, dans la municipalité saguenéenne de Bégin, le Viking tente d’engager la pointe de sa chaussure dans la fente de fixation de l’un de ses skis de fond. Des skis norvégiens, prend-il soin de préciser. Il explique que sa famille a marqué les annales du sport. Les Rasmussen ont brillé dans le domaine du ski, dans la région comme ailleurs.

Le père a remporté moult trophées, tout comme plusieurs de ses fils. Val Rasmussen a lui-même remporté le titre de champion régional en 1956, comme en témoigne une plaquette de métal gravée d’une série de noms et de dates, qu’il sort de sa poche comme on sort un lapin de son chapeau.

Val Rasmussen skie dans la forêt.
À 91 ans, Val Rasmussen chausse encore régulièrement ses skis.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Comme on dit : grouille pour pas que ça rouille! , s’exclame-t-il, une gouttelette pendue au bout du nez, avant de s’élancer vers les pistes. Cette fois, il a troqué le casque pour la tuque, un bonnet de tricot blanc sur lequel est inscrit : « RASMUSSEN » en lettres rouges. Sur la poche de son survêtement, côté cœur, figure le drapeau du Danemark.

Le Viking se laisse engloutir par la forêt béginoise. Sur une boucle de cinq kilomètres, il avalera de grandes goulées d’air froid, un bonheur renouvelé chaque hiver depuis 87 ans.

Val Rasmussen fait du ski.
C'est au centre de ski Le Perce Neige de Bégin que Val Rasmussen continue de profiter de l'hiver.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Parmi les souvenirs les plus chers du nonagénaire figure une randonnée de ski aux côtés de la légende Herman Smith-Johannsen, alias Jackrabbit, figure importante du ski originaire de Norvège et établie au Québec.

Quand les deux hommes ont skié ensemble à Piedmont, dans les Laurentides, Johannsen avait 106 ans. La légende s’est éteinte en 1987, à 111 ans.

Résister

Par un après-midi de janvier où les mitaines et les chaussettes de laine sont franchement de mise, il ne porte ni tuque ni gants. Son casque, orné de deux cornes et de dizaines d’épinglettes, penché sur sa tête, fait office de couvre-chef.

Val Rasmussen, souriant, son casque de Viking lui tombant sur un oeil.
Le casque à cornes que porte régulièrement Val Rasmussen est orné d'épinglettes aux couleurs des pays scandinaves, d'événements et d'organismes.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Je ne gèle jamais des oreilles. C’est parce que j’ai de l’antifreeze à la place du cerveau!, lance Val Rasmussen en boutade, un œil à demi masqué par l’angle de son casque, ce qui accentue son air normand, ces Scandinaves qui ont conquis une partie de la France au 9e siècle. Rasmussen ne mesure que cinq pieds et des poussières, mais il affiche l’assurance et la fougue des explorateurs pillards connus à une certaine époque comme les hommes du Nord.

De sa bouche émane une vapeur diffuse provoquée par la rencontre brutale du chaud et du froid sous une moustache qui s’allonge de chaque côté vers le bas. Entre deux nuages, Val Rasmussen explique que nul n’a besoin d’être enveloppé quand du sang de Viking coule dans ses veines.

Val Rasmussen de profil.
La fumée s'échappe de la bouche de Val Rasmussen au fur et à mesure qu'il raconte ses anecdotes.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Raconter

Une heure plus tard, mains écarlates devant le ciel azuré, Rasmussen récite avec autant d’aplomb que d’humour la poésie du pays d’Hans Christian Andersen, retraçant de grands pans de son histoire, des rois Christian X et Frédéric IX à la reine Margrethe II, couronnée en 1972. Il existe entre Rasmussen et la famille de monarques un lien symbolique. Son grand-père a dirigé la cavalerie royale, lui qui demeurait tout près du palais de Christiansborg, à Copenhague.

Ce lien, aussi ténu soit-il, a peut-être été la raison qui a poussé Val Rasmussen à prendre la plume à l’intention de la souveraine en 2002, dans l’espoir de lui rendre visite lors de son premier passage au Danemark.

Elle m’a répondu qu’elle ne pouvait pas me rencontrer parce qu’elle était en voyage pendant cette période-là. Je lui avais aussi écrit en 1984, parce qu’on disait qu’elle allait venir aux Grands voiliers de Québec. Elle était aussi en voyage à ce moment-là. Je pense qu’on n’était pas dus pour se voir , ricane Rasmussen, qui a travaillé toute sa vie dans le domaine communautaire et sportif. Il a aussi administré des boutiques de sport. Depuis des années, il fait de la gravure pour des entreprises funéraires.

À deux pas du majestueux fjord du Saguenay qui l’a vu naître en 1929 et qui évoque avec lyrisme ses racines nordiques, Val Rasmussen affirme que le froid ne l’a jamais empêché de profiter de l’air cristallin du nord, de le respirer à pleins poumons et d’en ressentir les picotements bienfaisants.

Val Rasmussen devant la baie des Ha! Ha!
Val Rasmussen a grandi à La Baie, entouré des montagnes du fjord du Saguenay.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Aimer

Poser une question sur le Danemark à Val Rasmussen équivaut à s’engager dans un récit mariant histoire, géographie, culture, monarchie et anecdotes. Poser une question sur l’histoire du Saguenay à Val Rasmussen promet un périple fascinant dans lequel les échos du fjord se font entendre bien au-delà de ses parois.

Rasmussen aime son royaume inconditionnellement, pour sa diversité, sa beauté et le caractère bon vivant de ses habitants.

Les drapeaux et les armoiries le fascinent. Il raconte que, selon la légende, le drapeau rouge et blanc du Danemark serait tombé du ciel au Moyen-Âge lors d’un pèlerinage mené contre des païens dans le but de les convertir au christianisme. La bannière, arrachée aux cieux par les guerriers danois le 15 juin 1219, leur aurait permis de gagner la bataille. Un miracle…

Val Rasmussen montre une assiette.
Val Rasmussen collectionne les souvenirs qu'il arbore quand vient le temps de raconter ses histoires.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Val Rasmussen semble y croire. Les yeux aussi étincelants que le bleu de l’assiette-souvenir qu’il manipule avec soin – une série limitée fabriquée par le fabricant de porcelaines Royal Copenhagen à l’occasion du 800e anniversaire du drapeau –, il raconte cette histoire avec passion.

Des assiettes où sont peints des drakkars et une sirène, ainsi qu'un casque de Viking.
Val Rasmussen a toute une collection d'objets rappelant les légendes de Vikings.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Mythe ou réalité? Bien malin qui pourrait le dire, mais l’étoffe, rougie par le sang versé sur les champs de bataille et blanchie par le symbole des croisades, occupe une place de choix dans le cœur de Rasmussen. Sur la façade de sa maison de Jonquière, sur le casque cornu qu’il a lui-même conçu ou sur le parechoc de sa voiture compacte; le Dannebrog s’y trouve en grand ou en petit format.

Une plaque d'immatriculation du Québec avec, dans un coin, un petit drapeau du Danemark.
Un autocollant aux couleurs du drapeau du Danemark est même apposé sur la plaque d'immatriculation du véhicule de Val Rasmussen.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Visiter

En 2002, Val Rasmussen s’est rendu au pays de ses ancêtres avec deux de ses frères, Nicolas et Kanut, un voyage magistral qui l’a transporté de Copenhague jusqu’en Scanie, ancienne province danoise cédée à la Suède en 1658.

Pour s’y rendre, les frères Rasmussen ont franchi le pont Oresund, qui relie le Danemark à la Suède. L’ouvrage, considéré comme un bijou technologique, s’étend sur 16 kilomètres. Lorsque Val Rasmussen l’a traversé, émerveillé, le pont était construit depuis à peine plus de deux ans.

Traçant les grandes lignes de ce périple d’une vie en ses terres ancestrales, Val Rasmussen récite le nom des villes et villages qu’il a visités, le regard vivant, alors que s’échappe de sa bouche un autre nuage de vapeur.

À la remarque qu’il est, sans contredit, une encyclopédie scandinave vivante, il répond, un sourire naissant derrière sa moustache : Je connais pas mal toutes les villes du Danemark!

Voguer

Lors de l’événement Québec 84, tenu sur deux mois pour célébrer le 450e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada, une soixantaine de voiliers de partout dans le monde ont attiré des milliers de visiteurs dans le port de la Capitale. Val Rasmussen se trouvait aux premières loges pour admirer le drakkar du Danemark.

Son casque fabriqué à partir de véritables cornes de vache calé sur la tête, il a pris un moment pour admirer le vaisseau, ses pensées voguant vers le pays de son père et de ces Vikings considérés comme les premiers Européens à avoir mis les pieds en Amérique.

En marge de l’événement, il a pu échanger une poignée de main et quelques mots avec le premier ministre du Canada, Pierre-Elliott Trudeau, alors en fin de règne. 

J’étais là avec mon chapeau et j’étais en train de jaser avec le capitaine d’un voilier danois quand il a vu mon casque , se souvient Rasmussen.

Il a dit : "Ah! Les Vikings sont ici ce matin!" J’ai dit : "Ça fait longtemps qu’on est ici, M. Trudeau." Il a dit : "C’est vrai, vous êtes arrivés bien avant Cartier." J’ai dit : "On n’est pas arrivés en quartiers, on est arrivés en entier, nous autres!", relate-t-il, les yeux plissés de rire.

Arborer

Si le Dannebrog, apparemment tombé du ciel au 13e siècle, suscite la manifeste fierté du Viking du Saguenay, son patriotisme revêt aussi les couleurs de l’étendard régional. Le vert feuille, le jaune doré, le gris argent et le rouge vif, autant de teintes pour évoquer la forêt, l’agriculture, l’industrie et la force du peuple du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

L’Ordre des Vingt-et-Un, un regroupement dont l’objectif est de rendre hommage aux bâtisseurs du Royaume, a reçu Val Rasmussen en ses rangs en 2018, à l’occasion d’une cérémonie visant à souligner le 180e anniversaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean. L’Ordre puise son nom dans la Société des Vingt-et-Un, ce groupe de 21 pionniers de Charlevoix à qui l’on reconnaît la colonisation de la région.

L’Ordre, chapeauté par la Société historique régionale, a ainsi souligné l’engagement profond de Val Rasmussen et sa contribution indéniable à la connaissance, la reconnaissance, la promotion et la préservation de la mémoire historique et patrimoniale du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Paul, son père, aurait été bien fier.

Hisser

Non loin de la Croix du centenaire, sise au sommet de la péninsule du cap à l’Ouest, les randonneurs ont droit à une vue imprenable sur la baie des Ha! Ha! et sur le fjord du Saguenay, dont les vallons vert et bleu serpentent vers l’infini. Le trajet mène jusqu’au cap Rasmussen, nommé ainsi par la Commission de toponymie du Québec à la demande de Val, qui souhaitait rendre hommage à son père. Niché entre L’Anse-à-Poulette et L’Anse-à-Pierrot, le cap Rasmussen accueille les marcheurs qui viennent contempler le paysage.

Le fjord y revêt ses plus beaux atours.

Val Rasmussen y est allé souvent, seul ou avec des amis. Comme cette fois où, avec un copain, il a gravi le cap dans le but d’y hisser le drapeau danois, pour le simple plaisir de le faire voler au-dessus du fjord. C’était le 1er octobre 2016. Le lendemain, le journal Le Quotidien rapportait que des membres du Service de police de Saguenay avaient passé l’après-midi de la veille à la recherche de deux personnes qui auraient possiblement fait des signaux de détresse dans le secteur de L’Anse-à-Pierrot .

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Le village de pêche blanche prend forme à La Baie. Les pêcheurs s'y installent pour quelques semaines chaque hiver.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

C’est la tour de contrôle des Forces canadiennes de la Base de Bagotville qui a contacté les policiers après qu’un avion d’Air Saguenay eut aperçu deux hommes en train d’agiter un drapeau, qui aurait pu ressembler à celui de la Suisse, sur l’heure du midi , peut-on lire dans une coupure de presse, sous le titre Fausse alerte.

Redescendus au niveau de la mer quelques heures après leur départ, Val Rasmussen et son ami, qui ignoraient avoir causé l’émoi, ont été surpris de voir autopatrouilles et camions de pompier s’activer pendant que se déployaient des équipes de recherches en forêt et sur l’eau pour retrouver deux disparus.

Ce n’est que 24 heures plus tard, en lisant le journal, que le Danois d’origine a su qu’il avait provoqué un véritable branle-bas de combat.

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Val Rasmussen porte son regard vers le cap Rasmussen, nommé ainsi en 1984 en hommage à sa famille.Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Vivre

Val Rasmussen garde l'œil vif malgré ses 91 printemps. Toujours, il skie. Toujours, il marche. Dix kilomètres chaque jour, évalue-t-il. Le casque de Viking, porté un peu moins souvent, a été remplacé par une casquette noire qui donne à Val Rasmussen un air espiègle. Sur le devant, de petits drapeaux brodés en rang. Bien sûr, le Dannebrog, cette étoffe rouge tombée du ciel il y a bientôt 802 ans.

Comme on dit, il faut bouger si on veut rester jeune , clame le Viking du Saguenay au son du craquement de ses bottes sur la neige durcie de Port-Alfred.

Un panorama splendide se dessine tout près. Un fjord fariné de neige, prêt à accueillir les amateurs de pêche blanche et leurs cabanes. Au loin, les vallons rebondissent comme d’immenses ballons vers le cap Rasmussen et au-delà, vers Sainte-Rose-du-Nord, la perle du fjord, où la tradition viking est elle aussi bien vivante.

*Images aériennes : Samuel Gosselin (Canopée Médias)

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