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Image : La vue de le Toronto depuis les îles en face.

Texte: Myriam Eddahia | Photos: Matéo Garcia-Tremblay

Elles comptent des résidences uniques, bien que peu nombreuses et difficilement accessibles, une plage nudiste et un havre d’émancipation pour la communauté LGBTQ+, un parc d’attractions, et même un aéroport. À seulement 15 minutes du centre-ville, les Torontois s’échappent sur les îles de la métropole depuis toujours.

Image : Carte des îles de Toronto
Photo: Carte des îles de Toronto  Crédit: Radio-Canada
Deux personnes sur le traversier en direction des îles de Toronto
Avant la pandémie, jusqu'à 20 000 visiteurs empruntaient le traversier les jours populaires d'été.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Plus le traversier s’éloigne de la tour CN, plus on apprécie la silhouette des gratte-ciel qui se dessine au loin et plus la cacophonie de la ville s'évanouit. 

L’archipel de 15 îles accueille plus de 1 million et demi de visiteurs chaque année. Des centaines de personnes y habitent depuis des décennies. Chaque île est un coin de paradis. Chaque banc de sable a son unicité et ses habitués. 

Au centre-ville, les traversiers de l’embarcadère Jack Layton mènent à trois îles : l’île Ward, à l’est, Centre Island et Hanlan’s Point, à l’ouest. 

D’autres visiteurs choisissent de s’y rendre en bateau-taxi au coût de 10 $ par voyage. Certains préfèrent naviguer dans les eaux du lac Ontario en kayak ou en canoë. Les yachts sont aussi nombreux lors des jours ensoleillés d’été.

L’aéroport Billy Bishop de Toronto, où circulent, en temps normal, près de 3 millions de visiteurs chaque année, se trouve aussi sur les îles, du côté de Hanlan’s Point.

L’île Ward, l’histoire d’une communauté

Daina Green dans son jardin.
Daina Green a quitté sa maison en ville pour s'installer sur l'île il y a 25 ans.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Environ 800 résidents habitent 262 maisons sur l’île Ward et l’île Algonquin, et ça ne risque pas de changer. L’accès à la propriété sur les îles de Toronto est un long processus qui demande un peu de chance et beaucoup de patience. Chaque maison sur l’île a sa personnalité.

Sur les îles, tous les propriétaires doivent habiter leur résidence principale et peuvent seulement céder leur maison à leur partenaire ou à leurs enfants.

Tombée amoureuse au début des années 1990, Daina Green a décidé de quitter la ville pour suivre son cœur. Elle a épousé Barry Lipton et s’est installée sur l’île Ward. Ils sont devenus propriétaires d'une maison en 1995.

Daina et Barry avec le portrait de leur maison avant les rénovations.
Daina et Barry tiennent fièrement un portrait de leur maison initiale avant que le couple ne fasse des rénovations. Elle était plus petite et plus froide, mais tout aussi chaleureuse. L'artiste canadien derrière l'œuvre, Mitchell Fenton, vit lui-même sur l'île et y tient une galerie.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Depuis, leur vie est dictée par l’horaire des traversiers, qui change chaque saison. Daina en dépend pour aller au travail et faire les courses. Elle se rend d’ailleurs au marché par traversier chaque samedi avec une trentaine d’autres voisins.

Les invités de Daina et Barry Lipton, son mari, ont aussi un couvre-feu, comme pour Cendrillon. L’heure du dernier départ vers Toronto est un peu avant minuit.

Le couple n’a pas d’enfants, mais Daina et Barry voient ceux des voisins grandir sous leurs yeux depuis plus de 25 ans. Ils étaient entourés d’adolescents dans le quartier il y a quelques années.

On y découvre une communauté militante, progressiste et artistique. Daina ne connaissait pas cette collectivité qui vit entre les arbres, au milieu du lac, dans l’ombre de la bruyante ville.

C’est calme sur l’île. L’air est frais. Pour Daina et Barry, c’est un havre de paix.

Bienvenue à la Casa Roja! , lance Daina, qui montre fièrement son endroit préféré sur les îles : sa maison aux bardeaux rouge.

Une pierre avec l’inscription 1929 est placée à l’entrée de sa cour. Daina raconte que Barry l’a trouvée sous la maison il y a 15 ans lorsqu’ils ont décidé de la démolir pour la refaire entièrement. Trop de travaux étaient nécessaires. L’hiver y était particulièrement difficile. Le vent sifflait partout dans leur petite maison. 

La maison était très petite. Les maisons ici étaient construites sur un modèle préfabriqué. On achetait un kit de Simpson Sears à l’époque. Tout venait ensemble. Les clous, les tables, tout.

Daina Green, propriétaire d’une maison sur l’île Ward à Toronto

L’ancien chef du Nouveau Parti démocratique Jack Layton a lui-même été un invité de Daina et Barry. Jack Layton et Olivia Chow se sont mariés sur l’île Algonquin à la fin des années 1980. C’est là où Barry a fait la connaissance du couple, puisqu’il a participé à la confection des décorations pour leur mariage. Le mari de Daina a ensuite travaillé pour toutes leurs campagnes depuis 1988. Le couple se rappelle les nombreux bons moments passés avec Jack et Olivia.

Le couple Daina et Barry dans les années 90.
L'adoption de la Loi de 1993 sur l'administration de la zone résidentielle des îles de Toronto a été l'un des moments les plus marquants de leur vie.Photo : Daina Green

Le marché immobilier sur les îles Ward et Algonquin n’a rien à voir avec la flambée des prix à Toronto. Ici, les prix sont modestes, mais l’accès à une de ces propriétés est quasi impossible. Depuis 1994, une liste d’attente limitée à 500 inscriptions pour les acheteurs potentiels est en place. Ils doivent d’ailleurs payer des frais annuels pour préserver leur priorité. De plus, un propriétaire sur les îles n’a pas le pouvoir de négocier un prix. Celui-ci est déterminé par la Société de fiducie portant sur la zone résidentielle des îles de Toronto.

Cette année, quatre maisons ont été vendues.

La Ville n’en voulait pas, la province n’ont plus. C’était un combat très difficile.

Barry Lipton, mari de Daina Green, qui habite les îles depuis plus de 30 ans

Barry raconte que la municipalité et les résidents n’avaient pas la même vision pour l’avenir des îles. En 1960, un tiers de tous les bâtiments avaient été rasés pour faire des îles le terrain de jeu d’une population torontoise croissante.

Au début des années 1990, après des décennies de lutte pour préserver leur quartier, les résidents des îles ont obtenu le droit d’y vivre à l’année. Ils sont locataires des terrains et propriétaires de leur maison depuis près de 30 ans, mais les terrains sont uniquement loués par la province à la Fiducie jusqu’au 15 décembre 2092 par l’entremise d’un bail de 99 ans.

Des maisons sur l'île Ward, à Toronto.
L'île Ward porte le nom d'une famille qui s’y est installée vers 1830, selon la Ville de Toronto. Cette photo date de 1911.Photo : Archives de la Ville de Toronto (Fonds 1244, Item 166)

La communauté de l’île Ward s’y est d’abord installée dans des tentes dans les années 1880. Au fil des années, les maisons de campagne les ont remplacées, et ces installations ont ensuite été remplacées par des maisons.

Dans les années 1920, les familles commençaient à construire des plateformes pour ériger leurs tentes, et après la tente, ils mettaient des cuisines en arrière, et finalement, dans les années 1940, on commençait à acheter des kits pour monter les maisons. C’était 1600 $ pour l’ensemble , raconte Daina.

Nous avons eu notre maison en 1995 pour 60 000 $ , se rappelle-t-elle.

Le quartier résidentiel de l’île Ward n’est pas le seul voisinage sur l’archipel. Les premiers résidents de l’île Algonquin s’y sont installés à la fin des années 1930. Les familles mieux nanties allaient profiter de l’été sur cette île aux plus grands espaces. Les résidents de l’île Algonquin ont créé leur propre association communautaire en 1950. Barry a même aidé à rebâtir la maison utilisée pour les rassemblements des résidents après qu’elle fut partie en flammes en 1989.

Le bâtiment abritant les locaux de l'Association des résidents de l'île Ward.
L'Association des résidents de l’île Ward, fondée en 1913, offre des activités sportives et communautaires.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Aujourd’hui, Daina fait partie d’une communauté soudée qui s’entraide et qui vieillit ensemble. Elle et Barry sont encore considérés comme les nouveaux. Certaines familles sont installées sur les îles depuis des générations.

Tout le monde se connaît. La proximité entre les maisons rend l’intimité difficile, mais cette communauté n’y tient pas particulièrement. Daina et Barry n’utilisent plus de clé pour ouvrir leur porte depuis des années.

Image : Une femme marche sur une rambarde sur le bord de l'eau.
Photo: Les voitures ne circulent pas sur l'île Ward, mais les vélos sont nombreux.  Crédit: Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Vivre sur les îles c'est le privilège de vivre dans un parc, sans voiture, dans une vraie communauté de village, entouré d'arbres et d'oiseaux.

Daina Green

Les véhicules ne sont pas permis sur l'île, et il n'y a pas d'épiceries ni de magasins. Alors quand les traversiers ne sont plus en service, les ressources des voisins deviennent la seule option.

L’entraide et le partage sont des valeurs fondamentales des résidents des îles de Toronto, selon Daina.

On dépend beaucoup de la volonté de nos voisins et voisines , avoue Daina Green.

J’ai lancé un appel [par courriel] pour emprunter des bottes de randonnée et j’ai eu deux offres en 30 secondes. C’est très rapide , raconte-t-elle.

Si un voisin manque de sucre ou se cherche un kayak pour profiter d’un après-midi sur le lac, un message est lancé aux participants d’une chaîne de courriel.

Il y a aussi une école primaire publique et deux garderies, mais la majorité des élèves sont des citadins. Des autobus scolaires peuvent circuler dans certains secteurs.

Nous sommes mieux organisés, mais moins combatifs. Il y a une stabilité importante due à la loi qui nous a garanti notre droit de permanence jusqu'à 2092 , avoue Daina.

Elle ne cache pas aussi qu’elle fait partie d’une communauté vieillissante.

Le changement le plus notable, c’est qu’on vieillit, et on vieillit ensemble.

Daina Green

Daina constate qu’il est de plus en plus difficile pour ses voisins de 80 ans et plus de rester sur l’île à cause du manque de services et de la difficulté d’accès à des soins à domicile.

La moyenne d’âge est de 55 ans. [...] Il y a tellement peu de possibilités que de nouveaux voisins se joignent à nous. Il faudra qu'on meure. Au cours des 10 prochaines années, nous verrons certainement beaucoup de changements , croit-elle.

C’est un quartier très très homogène… C’est le quartier le plus blanc de tout Toronto. [...] Quand est-ce qu’on va avoir un quartier [plus inclusif]?

Daina Green

Daina et Barry espèrent que la communauté résidentielle deviendra plus diversifiée dans les prochaines années et qu’elle trouvera un nouveau souffle.

En attendant une nouvelle génération de résidents, cette communauté accueille les visiteurs à bras ouverts et se fait gardienne des îles.

Hanlan’s Point, l’île de l’acceptation de soi

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L'horizon lui inspire la liberté.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Dans les années 1980, Stéphane Deschênes, alors dans la vingtaine, a commencé à s’intéresser au naturisme. Ce mode de vie qui se dit en harmonie avec la nature l’intriguait. Le Torontois a alors découvert la plage de Hanlan’s Point, où la nudité n’était pas encore permise, mais qui était souvent fréquentée par des gens qui voulaient se faire bronzer nus. Il a alors commencé à visiter cette plage éloignée, près de l’aéroport, et à se redécouvrir.

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Stéphane vit à Toronto depuis son adolescence. Il est propriétaire d'un terrain de camping naturiste en Ontario.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

C’est tout un voyage! Il faut prendre le traversier, marcher une vingtaine de minutes, et tout à coup, on libère son corps. On se libère complètement, on se libère à la nature. On s’ouvre à la nature , raconte Stéphane.

Et ici, il y a une vue magnifique. On voit l’horizon, l’eau, le soleil. On voit la ville en arrière-plan. On est au centre-ville, vraiment, mais on est dans la nature. Et l’on se sent vraiment au naturel [quand on ne porte] rien.

Stéphane Deschênes, propriétaire du centre naturiste Bare Oaks

Stéphane est l’un des militants qui ont fait de cet endroit une plage où le maillot de bain est officiellement optionnel depuis 20 ans. La nudité n’est pas obligatoire, une autre partie de la plage est destinée à ceux qui préfèrent être habillés. L’homme dans la cinquantaine fréquente cette plage avec Linda, sa compagne, depuis des années.

Toronto est l’une des deux seules villes canadiennes, avec Wreck Beach à Vancouver, à avoir une plage qui permet légalement la nudité.

Il raconte que, quand il a commencé à fréquenter la plage de Hanlan’s Point, c’était une plage majoritairement utilisée par des hommes gais , raconte-t-il. Elle est toujours un repère pour la communauté LGBTQ+.

Image : Un homme nu sur la plage aux îles de Toronto.
Photo: Le naturisme est une philosophie, selon Stéphane.  Crédit: Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Un maillot de bain c'est ridicule. Ça fait rien, c'est juste encombrant, surtout quand c'est mouillé, ah dégueulasse.

Stéphane Deschênes

En 1999, alors qu’il faisait partie de la Fédération des naturistes canadiens, Stéphane a collaboré avec TNT!MEN (Totally Naked Toronto Men), un groupe d’hommes qui célébrait aussi la nudité. Ensemble, ils ont plaidé leur cause auprès du conseil municipal pour faire de Hanlan’s une plage où le port de vêtements n’est pas obligatoire partout.

Le projet pilote d’un an a été un succès. En 2002, la plage de Hanlan’s Point est devenue officiellement un endroit symbolique rappelant aux visiteurs de garder l’esprit ouvert. C’était notre droit. C’était notre plage. Un endroit où nous étions acceptés.

Enfin, il avait l’impression d’être reconnu. Pour Stéphane, les îles de Toronto sont un refuge où il se sent bien accueilli.

C’était un parc, tout le monde aimait bien aller sur les îles de Toronto, surtout l’été quand il faisait chaud. C’est un parc magnifique

Stéphane Deschênes

Mais avant que la plage nudiste devienne officielle, les gens se cachaient pour ne pas se faire harceler.

Les gens se cachaient parce que c’était contre la loi d’être nu, explique-t-il. Il fallait que la plage soit officielle pour que ça s'arrête.

Stéphane se rappelle la tension avec les policiers avant que la plage fasse l’objet d’un projet pilote. De temps en temps, des policiers faisaient des arrestations ou donnaient des contraventions , se souvient-il.

On devait vraiment être prêts à se cacher à n’importe quel moment s’ils sortaient des buissons. Ce n’était pas confortable, mais on le faisait pour le principe.

Stéphane Deschênes
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La plage de Hanlan's Point est le lègue de plusieurs militants à la quête d'acceptation et de reconnaissance.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Par son militantisme, Stéphane Deschênes s’est approprié, à sa façon, cette partie du territoire. Il considère que cette plage est une marque de tolérance et d’acceptabilité sociale.

C’est surtout, pour lui, un moyen de se réapproprier son corps.

C’est plus que la libération, c’est l’acceptation. C’est d’être humain à un niveau qu’on a oublié dans notre société. C’est magnifique ça. C’est beau. Ce n’est pas juste d’être nu, c’est de voir les gens être nus et être à l’aise dans leur peau. Ça me fait plaisir ça aussi.

Stéphane Deschênes

À travers les années, Stéphane a été témoin du gain en popularité de la plage et de son évolution. Il y a beaucoup plus de monde qu’au début; des centaines de personnes la fin de semaine. Il y a aussi des gens qui viennent ici pour faire du tourisme, pour regarder, peut-être pour découvrir parce qu’ils sont curieux.

C’est devenu beaucoup plus populaire, c’est devenu beaucoup plus jeune aussi , souligne Stéphane.

Un havre d’émancipation

Adam Zivo, un jeune homme gai, fréquente cette plage depuis le début de sa vingtaine.

Il se souvient du mélange d'enthousiasme et d'anxiété qui l'habitait quand il l'a explorée la première fois, il y a plus de cinq ans.

Image : Un homme appuyé sur un tronc arbre mort sur la plage aux îles de Toronto.
Photo: Adam met en lumière les vies et les espaces LGBTQ+ par l'entremise de sa campagne.  Crédit: Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

J'ai toujours voulu être nu sur la plage, mais au début j'avais peur d'avoir honte.

Adam Zivo, fondateur de la campagne « Loveisloveislove » pour la défense des droits LGBTQ+

Il s’était préparé à ce moment pendant des semaines et y était allé seul. Malgré la gêne, Adam s'est senti libéré lorsqu'il s'est baigné nu la première fois. 

Cette plage lui permet aujourd’hui d’être libre et d’être lui-même, raconte Adam. C’est une façon pour lui de manifester contre la sexualisation de son corps par la société.

Pour Adam, Hanlan's Point représente la joie de l'été à Toronto et l’équilibre entre le travail et une vie personnelle plus saine. Il y est plus décontracté qu’au cœur du centre-ville et il y crée de nouvelles amitiés.

Sa plage peut être l’endroit pour une lecture tranquille ou pour faire la fête. 

Adam souhaite que cette partie de la plage reste un lieu de rassemblement pour les adultes.

Il explique qu’il y a de plus petites parties de la plage plus loin pour les gens qui veulent relaxer. Pour y accéder, il faut passer à travers les dunes et les buissons.

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Adam n'utilise personnellement pas les buissons pour faire l'amour, mais il passe à travers pour rejoindre un côté plus isolé de la plage.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

« Et dans ces buissons, certaines personnes ont des rapports sexuels. Des fois, tu dois juste les ignorer  », raconte Adam.

Des hommes se rencontrent dans des endroits isolés sur l’île au moins depuis les années 1980, selon lui. À l’époque, ils n’avaient pas d’autres options.

« Je dirais que tout le monde est au courant, mais c’est plus populaire chez une génération plus âgée d’hommes de la communauté gaie  », ajoute-t-il.

Hanlan est génial parce que c’est un espace LGBT, mais pas seulement.

Adam Zivo
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Pour Jeremy, Hanlan's est un fantasme d'été qui lui rappelle son enfance.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Il chérit le fait que Hanlan’s Point soit un espace sûr pour la communauté LGBTQ+.

Stéphane et lui sont fiers de ce que cette plage représente aujourd’hui. Ils ne se connaissent pas, mais leurs expériences s'entrecoupent. Ensemble, ils contribuent à l’histoire de Hanlan’s Point.

Centre Island, une affaire de famille

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Farrukh, ses amis et sa famille se rendent à Centre Island pour profiter des vacances.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

En 2012, Farrukh Mushtaq a fui le Pakistan avec sa famille. Victime de persécution religieuse, parce qu’il est chrétien, il trouve refuge au Canada en 2015.

Lui et sa compagne ont trois filles : Iman, Anaiah et Shanaya. C’est un collègue qui lui a recommandé d’aller aux îles de Toronto pour y passer ses premières vacances estivales. 

C’est une option abordable pour des activités en famille. On y trouve un immense parc pour y faire des barbecues, un parc d’attractions pour les enfants, une ferme, des vélos, des pédalos et la plage.

C’est la destination idéale pour ceux qui ne peuvent pas se permettre de voyager à l’extérieur du pays, comme pour les nouveaux immigrants , estime le père de famille.

On a tellement de choix quand on vient ici, dit-il. Mes enfants adorent Centre Island. Elles s’amusent dans les jeux d’eau et les manèges toute la journée , ajoute Farrukh, le sourire aux lèvres.

Il avoue s'y amuser lui-même comme un enfant. L’immense terrain de jeu rassemble petits et grands depuis des siècles.

Chaque été, il y passe du temps de qualité avec sa famille et ses amis. Center Island, l’île la plus populaire, est une parfaite représentation de la diversité du pays, selon lui. Les îles sont pour Farrukh un endroit rassembleur où règne une ambiance festive. Ses filles ne s’en lassent pas.

Ça nous permet de nous éloigner du chaos de la ville et de son rythme effréné.

Farrukh Mushtaq, directeur général de l’organisme « Refugees 4 Refugees Canada »

    Aujourd’hui, Farrukh Mushtaq est le directeur général d’un organisme qui vient en aide à d’autres réfugiés récemment arrivés au pays. Il les aide à s’installer et à s’intégrer. Les îles de Toronto, particulièrement Centre Island, sont toujours une destination qu’il recommande à son tour.

    Les îles de Toronto ont fait partie de l’intégration de la famille Mushtaq au Canada. Ils s’y sont créé des souvenirs. S’y rendre est devenu une tradition.

    Les îles sont le reflet de la diversité culturelle torontoise. Chaque fois que j'y vais, je vois une ville colorée de plus en plus inclusive, belle et forte , explique Farrukh.

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    Ce phare est un guide vers le port de Toronto depuis plus de 150 ans.Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

    Quand il n’est pas avec sa famille, Farrukh explore d’autres endroits avec ses amis, comme le phare de Gibraltar Point, le plus ancien bâtiment de Toronto, selon la Ville.

    C’est aussi le moment pour lui de se déconnecter des tracas du quotidien.

    Quand vous êtes sur l'île, tout est une question de plaisir accompagné de bonne nourriture et de bonne compagnie. Vous oubliez tous vos soucis et vous tentez d’en profiter au maximum.

    Farrukh Mushtaq

    Même si les îles ne sont pas si loin de la ville, le voyage en traversier est symbolique pour Farrukh. Le lac Ontario devient une barrière qui vous éloigne de l'agitation et du bruit , dit-il.

    Ses visiteurs profitent de la nature en troquant les gratte-ciel pour les arbres. Cet incroyable espace vert est le trésor caché de Toronto.

    À la fin d’une journée chargée, la vue sur la ligne d'horizon à partir du traversier est la cerise sur le gâteau.

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