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Comment je suis devenu un « blessé » du conflit israélo-palestinien

Émission du vendredi 23 octobre 2009


Comment je suis devenu un « blessé » du conflit israélo-palestinien

Luc Chartrand à Bil'in, le 16 octobre 2009

Luc Chartrand

Chaque vendredi depuis cinq ans, les Palestiniens du village de Bil'in, en Cisjordanie, se livrent à un rituel quelque peu désagréable, mais qui leur a valu une notoriété et une abondante couverture médiatique: ils vont se faire bombarder de gaz lacrymogène.

Bil'in est une cause célèbre dans l'opposition palestinienne contre le Mur de séparation construit par Israël. Les militants du village s'entêtent et mènent une lutte sur plusieurs fronts pour recouvrer les terres de leur commune amputées par le Mur et sur lesquelles, dans certains cas, on a construit des immeubles faisant partie de la colonie israélienne de Modi'in Illit.

Tous les vendredis, à midi, en sortant de la mosquée, plusieurs dizaines de villageois de Bil'in partent vers le Mur, accompagnés d'une forte délégation de militants internationaux, et foncent vers la clôture derrière laquelle attendent les soldats.

Inévitablement, quelques pierres sont lancées vers les soldats qui, tout aussi inévitablement, font pleuvoir quelques averses de bombes lacrymogènes, jusqu'à l'orage final qui disperse les militants.

Notre équipe a assisté à la manifestation du 16 octobre. Vous pouvez voir à quoi ressemble ce rituel hebdomadaire dans le clip ci-dessous.

Ces gaz sont un peu le carburant du mouvement. Sans ces grenades lacrymogènes qui leur tombent dessus, les militants seraient sans doute pris au dépourvu. Car ces gaz, dispensés sans avarice aucune par les soldats de l'armée israélienne, permettent de matérialiser la répression et surtout, de la voir... car les gaz sont toujours télégéniques.

Il y a chaque fois un bon nombre de caméras de télévision – la nôtre y était – et les militants filment aussi. Dans les heures qui suivent la manif, les militants de Bil'in inondent Internet d'images et de comptes rendus sur la dernière vague de répression. Leur site Web tient le journal de leur lutte depuis ses débuts et constitue un modèle en soi de l'usage d'Internet pour susciter une mobilisation.

Le 16 octobre, j'ai eu la « chance » de recevoir la première bombe lacrymogène de la journée !

Luc Chartrand à Bil'in, le 16 octobre 2009Luc Chartrand à Bil'in, le 16 octobre 2009

Le projectile m'a atteint dans les côtes. Pour tout dire, à part un léger pincement, comparable à celui provoqué par l'impact d'une balle de tennis venant à vive allure, je n'ai aucunement souffert. Pour ce qui est des gaz, j'étais bien protégé par un masque à gaz.

À Bil'in, les journalistes peuvent difficilement se mettre en retrait. L'action se déroule près de la clôture et le terrain accidenté à proximité laisse très peu d'espace de manoeuvre pour observer sans se retrouver à portée de tir des lanceurs de fumigènes.

Les journalistes qui couvrent la manifestation savent donc qu'ils peuvent être touchés. Cela veut-il dire qu'ils sont ciblés? J'en doute. Car les tirs de grenades lacrymogènes sont imprécis et elles sont lancées vers un groupe de personnes en vue de les disperser. Aussi, un journaliste peut difficilement se considérer comme étant ciblé s'il est touché alors qu'il se trouve au milieu des manifestants.

 Un journaliste à Bil'in, le 16 octobre 2009 Après la manifestation, un militant de Bil'in est venu me demander mon nom afin de signaler sur son site Internet que j'avais été touché. J'ai préféré ne pas le lui donner.

Néanmoins, plusieurs blogues (voir par exemple celui-ci) ont raconté les choses comme suit : « Les soldats israéliens ont immédiatement répliqué en tirant une pluie de bombes lacrymogènes. Bilan, quatre blessés: un journaliste qui a préféré garder l'anonymat, une militante française, etc. » Je suis donc un blessé du conflit israélo-palestinien!

Les journalistes devraient demeurer le plus neutres possible lorsqu'ils évoquent leurs propres mésaventures lors de la couverture d'un conflit. Sans quoi, le risque que l'on tente de récupérer leur récit est trop grand.

Il est moins facile cependant de rester stoïque lorsque l'on se fait bombarder en direct. La journaliste Jackie Rowland, d'Al Jazeera, s'est retrouvée dans cette situation à Bil'in, au même endroit. Je vous invite à regarder la vidéo... ça en vaut la peine.

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La Cour d'appel du Québec interpellée
Présentement à l'antenne de la télé

14 h 30

VIRGINIE

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