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Arts et culture

Jean Marc Dalpé : pourquoi j'écris?

Le mercredi 5 novembre 2014

 
« Pour écrire, il faut aller au même endroit que dans le jeu. C'est une façon d'être en rapport avec le monde. C'est une attitude. C'est dans le corps », explique l'écrivain et dramaturge Jean Marc Dalpé, qui place le plaisir au centre de la création, même quand elle est ardue. À l'occasion de la reprise de sa pièce Août, un repas à la campagne au théâtre Jean-Duceppe, il a accepté de répondre à notre questionnaire Pourquoi j'écris?. 
 
À quel âge avez-vous écrit votre premier texte? 
Vers 13 ans. Un mauvais poème. 
 
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire? 
À 13 ans? Un déséquilibre hormonal?  
 
Vos parents étaient-ils fiers de vous? 
À 13 ans? Ils ne l'ont jamais su. Plus tard? Oui. Dès le lancement du premier livre.  
 
Pourriez-vous nous lire un extrait d'un texte de jeunesse? 
Je n'ai pas l'âme d'un archiviste et je n'ai rien conservé. Mes plus anciens textes qui existent encore sont dans le recueil Les murs de nos villages. 
 
Qui vous a donné confiance? 
Gilles Provost, homme de théâtre de la région d'Ottawa-Gatineau et les professeurs du Conservatoire d'art dramatique de Québec Paule Savard et Marc Doré. 
 
Le meilleur conseil qu'on vous a donné? 
Marc Doré : « Pour créer une scène, il faut d'abord braquer une loupe sur la situation. » 
 
À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?  
En entrant au Conservatoire, je savais que je voulais gagner ma vie en jouant. 
En sortant du Conservatoire, je savais que je voulais gagner ma vie en créant. 
 
Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première oeuvre publiée? 
Wow! Avec une bonne dose d'incrédulité. 
 
Quelle est votre motivation quotidienne? 
En général... le plaisir de créer. 
Plus précisément... le type de plaisir change selon le projet en cours. Ça change aussi selon l'étape en cours du projet. 
 
Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail? 
Peu importe l'étape ou le projet, quand je suis concentré, quand je suis « dedans », quand j'oublie le temps, quand je ne peux m'imaginer ailleurs... 
 
Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fier? 
Je ne sais pas. Ça dépend du jour, de ce que j'ai fait la veille, de ce que j'ai à faire maintenant... 
 
La phrase, le dialogue ou le texte dont on vous a le plus parlé? 
Le dernier vers de mon poème « Les murs de nos villages » : « Icitte c'est chez nous. » Ç'a été mon premier gros succès.  
 
Écrivez-vous à voix haute? 
Oui, mais seulement dans ma tête.  
 
Un mot/une ponctuation que vous affectionnez particulièrement? 
...!!! 
 
On ne parle que de soi : commentez. 
Sans complaisance et après avoir longuement écouté les autres! 
Peut-être.  
À la rigueur. Et tant que le soi (et sa représentation) sert un propos pertinent. 
Surtout... 
Ne pas infliger au public le nombril que je ne voudrais pas qu'on m'inflige. 
 
Avez-vous déjà été censuré? 
Les Roger. Une pièce coécrite avec Robert Bellefeuille et Robert Marinier. Il a fallu « ajuster » quelques moments pour les représentations dans les écoles secondaires. 
 
Êtes-vous sensible aux commentaires (critiques, regard des autres)? 
Très. En cours de création, je note toutes les remarques, je réagis à tout. 
Une fois l'oeuvre créée (sur scène ou publiée), c'est trop tard. Je ne peux rien faire et, donc, j'attends pour voir si ça fonctionne ou non. Quand ça applaudit fort, je suis content. Quand les applaudissements sont moins forts, je me concentre sur le prochain projet au plus sacrant. 
 
Pourquoi ou pour qui écrivez-vous? 
Pour le lien. Pour la réaction dans le corps de l'autre qui reçoit la « chose » (les mots sur la page ou les actions des personnages).  
 
Comment imaginez-vous vos lecteurs? 
Tous différents.  
 
Avez-vous été étonné par certaines perceptions qu'on avait de votre travail?  
Rien ne me vient en tête en ce moment. 
 
Un lieu ou une ville qui vous inspirent? 
Qui m'a beaucoup inspiré et m'inspire encore : Sudbury. Le Nord ontarien (route 11). L'Est ontarien (la vieille 17). 
 
Avez-vous expérimenté la création sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue?  
Oui. Mais pas depuis très longtemps. 
 
En vous relisant, à jeun, vous êtes-vous trouvé bon? 
Souvent non. Mais, souvent, on n'écrit pas pour « être bon », de toute façon.  
Souvent (pas toujours), le premier jet n'est que le premier jet.  
Souvent, au premier jet, on gagne à ne pas trop vouloir être bon. 
Écrire, c'est réécrire. 
Cela dit, je peux aussi citer de nombreux créateurs qui pensent le contraire. 
 
Quel serait l'honneur qui vous comblerait le plus? 
Les honneurs ne comblent rien. Ils font tout au plus plaisir pendant un temps très limité, un temps limité qui rétrécit de plus en plus avec les années qui passent. 
 
Comment souhaiteriez-vous que l'on se souvienne de vous? 
En bien. 


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