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Combat des livres 2012

Plus on est de fous, plus on lit!

Du lundi 26 mars au jeudi 29 mars de 20 h à 21 h

Le combat des livres 2012

titre Chroniques de Jérusalem, La petite et le vieux, Le sourire de la petite juive, La voleuse d'hommes

Quatre débatteurs aux arguments musclés s’affrontent dans le
9e Combat des livres de Radio-Canada. Le jury n’en sauvera qu’un seul. Du 26 au 29 mars à 20 h, avec l’animatrice Marie-Louise Arsenault.

Le Jury

Une nouveauté cette année, le combat des livres sera arbitré par un jury d'avides lecteurs, patiemment séléctionnés parmi une marée de candidatures reçues. Ce sont des auditeurs fidèles, mais surtout des lecteurs exigeants et passionnés, qui auront la lourde tâche d'éliminer un livre après chaque joute. L'issue du combat est entre leurs mains. Nous vous les présentons.



Sébastien Corriveau

Sébastien Corriveau

Artiste sonore, Sébastien Côrriveau est un multi-instrumentiste, polyvalent, polyglotte et pluridisciplinaire. À Sherbrooke, il fraie avec le milieu de la poésie (Festival du texte court, slam) et il a notamment composé les musiques d'accompagnement d'un recueil de poésie de Sôphie Jeukens. Il est présentement bassiste pour le slameur David Goudreault. Grand lecteur, Sébastien affectionne particulièrement les romans psychologiques, où l'on pénètre profondément dans l'intériorité des personnages.

Les questions

La meilleure première phrase d'un roman, selon vous?

« Cuba coule en flammes au fond du lac Léman, pendant que je descends au fond des choses », dans Prochain épisode, d’Hubert Aquin.


Le livre qui a marqué votre enfance?

Les trois mousquetaires


Le livre qui vous aide à vivre?

Le pavillon des cancéreux, d’Alexandre Soljenitsyne


La lecture obligatoire qui a été une torture pour vous?

Le prince, de Nietzsche.


Le livre que vous aimez offrir en cadeau?

Putain, de Nelly Arcan

Fanny Fennec

Fanny Fennec

Née en France, Fanny Fennec vit au Québec depuis 40 ans. Détentrice d'une maîtrise en linguistique, elle a poursuivi en parallèle des études en art dramatique et mené conjointement des carrières de comédienne, de professeure de français langue seconde et de réviseure-correctrice. On a pu la suivre à la télé dans Sous un ciel variable, à Radio-Canada de 1992 à 1996, dans le rôle de la docteure Annie Egger. En juin prochain, on pourra la voir au Festival Fringe dans une pièce de théâtre à deux personnages, Un parfum de montgolfière. Championne du Québec à la dictée de Pivot en 1998 et championne canadienne à la dictée des Amériques en 1995, les mots n'ont pour elle aucun secret. Elle lit depuis sa petite enfance et n'arrive pas à s'endormir sans avoir un livre à déguster sous la couette! Ses goûts sont éclectiques. Sans toujours se précipiter sur le dernier prix Goncourt, elle aime suivre de près l'actualité littéraire et discute énormément littérature avec ses amis. Ces jours-ci, elle se passionne pour Philippe Besson, Monique Proulx, Dominique Fortier et Douglas Kennedy! .

Les questions

La meilleure première phrase d'un roman, selon vous?

« Je suis tombé amoureux de deux personnes en même temps, un vendredi matin, dans un bus d'Air France. », dans L'éducation d'une fée, de Didier Van Cauwelaert.


Le livre que vous aimeriez adapter à la télé ou au cinéma?

Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel.


Le livre qui a marqué votre enfance?

Sans famille, d’Hector Malot.


Le livre qui vous a donné le goût de la littérature?

Les hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë.


Le livre qui vous aide à vivre?

Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda.


La lecture obligatoire qui a été une torture pour vous?

Ulysse, de James Joyce.


Le livre que vous aimez offrir en cadeau?

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, d'Anna Gavalda.

Denis Gingras

Denis Gingras

Analyste financier pour le gouvernement du Québec, Denis Gingras n'en est pas moins un assoiffé d'arts et de culture. Intéressé par le théâtre, la musique et le cinéma, il accompagne aussi son existence d'une abondante littérature. Il aime découvrir des auteurs à l'écriture captivante, ceux dont on tombe amoureux dès les premières lignes, comme Andrée Chedid, Frédric Prokosch, Jeanne Benameur, Per Petterson et David Grossman. Lecteur omnivore, il lit des essais, des biographies et des romans. Diplômé en administration, il a aussi travaillé comme vérificateur comptable pendant 26 ans, pour différentes firmes.

Les questions

La meilleure première phrase d'un roman, selon vous?

« Comment puis-je savoir ce que je pense avant de voir ce que je dis? », tirée de La vie obstinée de Wallace Stegner, roman qui m'a profondément touché par son ton mélancolique et déchirant.


Le livre que vous aimeriez adapter à la télé ou au cinéma?

L'accordeur de pianos, de Pascal Mercier : un thriller psychologique dont l'histoire est menée de mains de maître.


Le livre qui a marqué votre enfance?

Les aventures de Bob Morane. Des romans d'aventures qui nous faisaient rêver de destinations lointaines et inconnues avec sa part d'émerveillement pour tous garçons de 7 ou 8 ans.


Le livre qui vous a donné le goût de la littérature?

Chaque homme dans sa nuit, écrit en 1960 et dont le titre est tiré d'un vers de Victor Hugo (Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière) et dont le thème est comment vivre sa foi et ses attirances/plaisirs charnels, et la conciliation de la chair et de l'esprit.


Le livre qui vous aide à vivre?

La biographie de Julien Green (mon auteur fétiche) : J'ai aimé, de Nicolas Fayet, dont le titre est inscrit sur la tombe de M. Green. On y découvre les goûts de Julien Green pour la littérature, les voyages, les amitiés, les ruptures, la conversion.


La lecture obligatoire qui a été une torture pour vous?

Thérèse Desqueyroux, de Francois Mauriac, dont l'ambiance noire et les personnages presque invraisemblables n'étaient pas privilégiés par l'adolescent que j'étais lors de cette lecture.


Le livre que vous aimez offrir en cadeau?

La vie et moi : chronique et réflexions d'un raté, de Marcel Lévy. Ce livre a été écrit lorsque l’auteur avait 93 ans. Ce dernier y décrit les chemins a éviter, fait des mises en garde contre la plupart des pièges de l'existence. Malgré son vœu de réussir sa vie, il démontre les exemples des différentes routes qu'un homme normal a pu prendre pour parvenir à la vie d'un raté.

Ouanessa Younsi

Ouanessa Younsi

De cœur québécois et de nom algérien, Ouanessa Younsi est médecin résidente en psychiatrie, mais son âme est en poésie. Elle chérit les mots d’ici et d’ailleurs, leurs couleurs fauves ou froides, leur allure de colosse ou de moineaux, les idées qu’ils colportent, les images qu’ils permettent. Elle les aime jusqu’à les libérer, les défendre. Mais pourquoi lit-elle tant, avalant poèmes, romans, essais? Elle répond sans répondre : « Je ne peux pas faire autrement » (Rilke).

Les questions

La meilleure première phrase d'un roman, selon vous?

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas », qui amorce L’étranger, d’Albert Camus. Introduction frappante d’indifférence, crue comme un grand détachement du monde, qui annonce le ton du livre en toute cohérence. J’aime lorsqu’une phrase nous rentre dedans et que nous n’avons pas le temps de nous ôter, pour reprendre une expression de Pierre Vadeboncoeur.


Le livre que vous aimeriez adapter à la télé ou au cinéma?

La détresse et l’enchantement, de Gabrielle Roy. Livre phare, livre intime sans voyeurisme, livre d’une écrivaine en pleine maîtrise de son art, mature, étrangement libre dans cette humilité du sentiment sans artifice. L’enfance, le Manitoba, la pauvreté, l’enseignement, le voyage en Europe, la découverte de sa voix : tout reste dans cette autobiographie qui demeure à mes yeux un chef-d’œuvre. Je l’adapterais au cinéma, avec une narration surajoutée, pour donner à voir des mots qui valent mille images.


Le livre qui a marqué votre enfance?

Quelle surprise de retrouver sous mon encre, 20 ans plus tard, des extraits de L’âge de la parole de Roland Giguère dans un recueil de poésie bricolé au primaire, en grosses lettres détachées d’enfant. Déjà, « je commençai à vivre mieux ».


Le livre qui vous a donné le goût de la littérature?

Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. Le livre était plié, boursouflé, annoté, avait traversé le siècle pour atterrir dans la bibliothèque du sous-sol. J’appris des dizaines de poèmes par cœur, que je répète encore à l’occasion, pour me souvenir du souvenir. Premier amour qui se répercuta dans tous les autres: « Explosion de chaleur / Dans ma noire Sibérie! » Je fus transportée par la correspondance des sens, la musicalité des vers, l’atmosphère langoureuse des encensoirs, les bruits de ville et de métal. Par ce livre, le soleil était ouvert.


Le livre qui vous aide à vivre?

Je ne peux choisir, ce serait trahir. Différentes œuvres m’ont accompagnée sur les différents chemins de ma vie. Adolescence rescapée par Paul Éluard, dont je buvais L’amour la poésie, par l’œuvre de Camus, qui posait des mots sur l’absurdité du ciel et de la terre, et par Fernando Pessoa, pour la multiplicité des masques qui deviennent des personnes, des auteurs, une fascinante intranquillité. Puis il y eut beaucoup de mains prenant mon ombre, dont voici quelques doigts : L’homme rapaillé de Gaston Miron, Traité du désespoir de Søren Kierkegaard, La pesanteur et la grâce, de Simone Weil, L’étreinte des vents d’Hélène Dorion, L’avalée des avalés de Réjean Ducharme, etc. Enfin, je souligne en blanc l’œuvre complète d’Emily Dickinson, dont la poésie aide à vivre précisément parce qu’elle apprend à mourir


La lecture obligatoire qui a été une torture pour vous?

On ne se baigne jamais dans le même livre. Je me souviens avoir été découragée par la lecture d’Une saison dans la vie d’Emmanuel de Marie-Claire Blais au début du secondaire (la jeunesse!). Ne reculant devant aucun classique, je me résolus à plonger à nouveau dans cette œuvre il y a quelques années. Je fus enchantée par ma lecture : quelle puissance romanesque! J’étais conquise. Il faut parfois revisiter ce qui nous a jadis rebutés; tout parle.


Le livre que vous aimez offrir en cadeau?

J’imagine que la question serait plutôt : les livres que vous aimez offrir en cadeau. Surtout ne pas bouder son plaisir : La présence pure, de Christian Bobin, pour ceux qui cherchent. [M]oments fragiles de Jacques Brault, pour les mois de novembre, de séparation, « où grelotte un rire léger ». Pour les plus costauds : les grands romans de Dostoïevski, surtout L’idiot, Crime et châtiment et Les frères Karamazov. Et pour ceux qui aiment être dévorés : L’amant de Marguerite Duras.

Charles Milliard

Charles Milliard

Il est pharmacien, mais grand lecteur depuis toujours. Après avoir terminé un baccalauréat en pharmacie et un certificat en économie, il a gravi rapidement les échelons jusqu'au poste de vice-président des services professionnels d'Uniprix. Actif sur tous les fronts, il s'est impliqué dans la Jeune Chambre de commerce de Montréal, est parti en mission à Haïti avec Pharmaciens sans frontières, a donné des cours de communication pharmaceutique à l'Université de Montréal, en plus de siéger au conseil d'administration du festival TransAmériques. Communicateur né, il est chouchouté par les médias : il a souvent été invité aux émissions 2 filles le matin, C'est extra, Les docteurs et L'après-midi porte conseil. Passionné de littérature, Charles Milliard est un lecteur méthodique qui prend un soin fou de sa bibliothèque de plus de 600 livres et anime un club de lecture avec des camarades depuis 2005. Il dévore les romans, la poésie, les biographies et les essais.

Les questions

La meilleure première phrase d'un roman selon vous?

« J’ai possédé une ferme en Afrique au pied du Ngong », tirée de La ferme africaine, de Karen Blixen. Un grand roman, une auteure remarquable et un film inspirant qui rend hommage à son écriture.


Le livre que vous aimeriez adapter à la télé ou au cinéma?

La part de l’autre, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Bien que la vie, la montée et la chute d’Hitler ont été fréquemment transposées au grand écran, je serais ravi de voir en images la vie d’Adolf H. (alter ego d’Hitler qui, lui, a été accepté aux Beaux-Arts de Vienne); comme si de la voir nous permettrait de rêver à un passé radicalement différent de la sombre réalité..


Le livre qui vous a donné le goût de la littérature?

Au bonheur des dames, d’Émile Zola. Un grand roman sur la consommation qui m’a grandement frappé par sa stature, la force de ses descriptions et la richesse de ses personnages. Ce roman, lu à la faveur d’un cours au cégep, m’a vraiment ouvert les esprits et m’a donné envie de m’ouvrir à tous les romans, pas seulement à ceux peuplant les tablettes de la section « Nouveautés » chez le libraire.


Le livre qui vous aide à vivre?

C’est davantage l’acte de lire qu’un livre précis qui m’aide à vivre et à apprécier chaque moment qui passe. S’il me fallait choisir un seul roman qui a su m’inspirer plus que d’autres, je choisirais Les fils de la Médina, de Naguib Mahfouz, un roman grandiose sur la condition humaine, notre rapport aux grandes religions et la place de chacun dans toute cette quête qu’est la vie.


La lecture obligatoire qui a été une torture pour vous?

La plupart des romans de Guillaume Musso. J’ai beau avoir toute la bonne volonté du monde, le ton de ses romans et le concept « Un Français prend d’assaut l’Amérique » me déplaisent royalement. Paradoxalement, dans un style similaire, j’ai de bons souvenirs de lecture de quelques romans de Marc Lévy. En matière de goût, rien ne s’explique!


Le livre que vous aimez offrir en cadeau?

La ligne de beauté, d’Alan Hollinghurst. Je considère que ce roman, récipiendaire du prestigieux Booker Prize en 2004, a tout pour lui : une écriture intelligente, une trame narrative complexe et enivrante, une approche réaliste du monde politique, un portrait touchant des années entourant l’apparition du VIH et le souffle typiquement anglais des grandes sagas contemporaines. Offrir en cadeau un grand roman à de grands amis, c’est certainement un des grands plaisirs de la vie!

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