#2a##5j##3# #5# L'art documentaire respecte-t-il vraiment ses sujets? | Médium large | ICI Radio-Canada Première
Radio-Canada - zone Radio

Médium large

Médium large rss

En semaine de 9 h à 11 h 30 
(en rediffusion à 22 h)

Catherine Perrin

Médium large
Logo Radio-Canada

Arts et culture

L'art documentaire respecte-t-il vraiment ses sujets?

Le mercredi 16 novembre 2016

Fredy Villanueva
Fredy Villanueva     Photo : PC

Les oeuvres inspirées d'événements réels ont le pouvoir de rectifier les faits sur les gens qui ont fait la manchette. Elles peuvent aussi manquer de respect à ces mêmes personnes, en raison des indiscrétions qu'elles requièrent et des remous qu'elles créent. Ivan Jablonka, auteur du roman-documentaire Laëtitia ou la fin des hommes, et Ricardo Lamour, comédien démissionnaire de la pièce Fredy, expliquent à Catherine Perrin où on doit tracer la ligne. 
 
Laëtitia ou la fin des hommes raconte la vie et la mort de Laëtitia Perrais, assassinée en 2011 après avoir été enlevée à 50 mètres de chez elle. L'affaire avait secoué la France et sa classe politique. L'ouvrage a remporté le prix littéraire du Monde ainsi que le prix Médicis.  
 
Fredy est une pièce d'Annabel Soutar qui raconte la mort de Fredy Villanueva, tué par un policier en 2008. Ricardo Lamour a quitté la distribution récemment en raison de décisions que la compagnie de production de la pièce aurait prises à l'insu de la famille de Fredy Villanueva, et de ce qu'il estime être de la récupération causant préjudice à la famille.  
 
Livre de vie 
Ivan Jablonka jure avoir procédé avec l'aval des proches de son sujet, Laëtitia Perrais. « Ce livre, je ne l'aurais pas fait sans l'accord de Jessica, la soeur jumelle de Laëtitia, dit-il. Quand je l'ai rencontrée pour la première fois, dans le cabinet de son avocate, je lui ai présenté mon projet de livre en lui disant : "Laëtitia, votre soeur, n'est pas un fait divers." On est tombés d'accord sur cette phrase, avec l'idée que Laëtitia, ç'a été un bébé, une gamine, une fillette, une adolescente, une jeune femme sur la voie de l'autonomie. [...] Alors que pour des millions de Français, Laëtitia n'était qu'un cadavre, des morceaux de corps qu'on a remontés, un petit matin, d'un étang. Donc, mon livre, c'est un livre de vie. » 
 
Logique minière 
Ricardo Lamour estime que l'art peut bel et bien aider à comprendre des événements réels, mais que tout dépend de la sensibilité démontrée lors de la création de cet art. « C'est un peu de la logique extractive : on sait qu'il y a de la valeur dans l'histoire d'une tragédie, dit-il pour illustrer ses doléances vis-à-vis Fredy. On fait tout [pour en avoir les détails] : on courtise la famille, on rôde autour, on se présente même à la commémoration de la mort de Fredy, on fait tout pour développer une relation de confiance avec la famille... Après, quand on a accès à l'histoire, on part sans donner de nouvelles pendant beaucoup de temps. On interpelle [la famille] au besoin pour avancer un peu plus loin dans la démarche. C'est un peu comme ce que peuvent faire les compagnies minières pour convaincre les populations de céder la ressource. » 
 
Il dit également : « On ne peut pas que soulever des discussions. Il faut soulever des responsabilités, aussi. »


EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - Laëtitia ou la fin des hommes sur le web
HYPERLIEN - Fredy sur le web
Créer un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

7 avril 2017

Le Projet Stérone : des filles drôles et un message féministe percutant

7 avril 2017

Pourquoi la satire est essentielle dans les médias

6 avril 2017

Rhodnie Désir : à la recherche des racines noires par la danse

6 avril 2017

La nouvelle vie d'Anthony Kavanagh

6 avril 2017

Sur-vie : Mariloup Wolfe et Luc Picard pastichent la téléréalité

5 avril 2017

Jewish Gangsta : chroniques du New York souterrain des années 1990