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Homélie du 2 septembre 2012

Homélie du dimanche 2 septembre 2012


Homélie du 2 septembre 2012

Président de l'assemblée : Mgr Paul-André Durocher

Textes de la liturgie : Livre du Deutéronome (Dt (4,1-2.6-8)
Psaume 14 (15)
Lettre de saint Jacques (1,17-18.21b-22.27)
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (7,1-8.14-15.21-23)


Nous célébrons la messe aujourd’hui dans un contexte particulier, le 25e Festival de montgolfières de Gatineau. J’ai toujours été impressionné à la vue d’une montgolfière flottant dans un ciel bleu. Il y a quelque chose de magique à la pensée de s’élever ainsi au-dessus de tout obstacle pour découvrir une perspective nouvelle sur le monde. Ça éveille en mon cœur un désir de m’élever, de dépasser mes limites personnelles, de vivre une vie plus pure, plus saine, plus exaltante.

Je crois que ce désir nous habite tous, dans le fond. Mais nous nous habituons à notre vie à ras le sol, cette vie où notre regard ne cherche que l’avenir immédiat et le monde qui se serre autour de nous. Je me souviens d’une parabole : un garçon avait découvert un nid d’outarde et en avait volé un œuf, qu’il cacha sous une poule qui couvait sa propre nichée. L’outarde est née, mais elle apprit avec les poulets à gratter la terre et à picocher le sol pour se nourrir des graines que lui lançait le garçon. Un jour, une volée d’outardes était au-dessus de la ferme, très haut dans le ciel. Et dans le cœur de la petite outarde, un pincement se fit sentir, comme un désir de s’élancer et de s’élever. Mais, ses sœurs poules ne faisaient que baisser la tête pour chercher leur nourriture, et la petite outarde, faute d’encouragement, se résigna à faire de même. Elle a vécu sa vie sans jamais apprendre à voler.

Nous, hommes et femmes, jeunes et vieux, nous ressentons parfois ce pincement de cœur. Car nous sommes faits pour une vie exaltée, une vie digne et épanouie, une vie au goût d’éternité. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous indique ce qui nous empêche de nous élever : un poids qui pèse dans nos cœurs, un égoïsme qui nous referme sur nous-mêmes et nous oblige à marcher la tête basse, à s’accroupir et à ramper. Il en donne des symptômes : l’inconduite, le vol, le meurtre, l’adultère, la cupidité, la méchanceté, la fraude, la débauche, l’envie, la diffamation, l’orgueil, la démesure. Qui de nous ne reconnaît pas au moins un ou deux de ces symptômes dans sa propre vie?

Mais Jésus est là pour nous inviter à plus, pour nous montrer comment nous libérer du poids de notre égoïsme pour lever la tête, nous élever dans l’Esprit et vivre dans la vraie liberté. Encore plus, il peut nous donner la capacité de le faire. On a entendu dans la deuxième lecture ces belles paroles : « les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut, ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières ». Moïse avait dû grimper la montagne pour découvrir la Loi de Dieu comme un trésor, « une sagesse et une intelligence », comme on l’a entendu dans la première lecture. Mais en Jésus, nous découvrons un Esprit qui nous élèvera plus haut et plus facilement que n’importe quelle montgolfière.

D’en haut nous vient la Parole vivante de Dieu : si nous lui ouvrons notre intelligence, cette Parole deviendra sagesse libératrice et vivifiante. Oui, d’en haut nous vient l’Esprit de Dieu : si nous lui ouvrons nos cœurs, l’Esprit saura nous élever vers le Père.

Lorsque j’étais adolescent, j’avais lu une prière de Michel Quoist, un prêtre français, prière qui m’avait inspiré et donné le goût de m’élever et de me dépasser spirituellement. Je vous en partage les dernières phrases :

Je voudrais monter très haut, Seigneur
Au-dessus de ma ville.
Au-dessus du monde,
Au-dessus du temps
Je voudrais purifier mon regard et t'emprunter tes yeux.
Je comprendrais que tout se tient,
Que tout n'est qu'un même mouvement de toute l'humanité
Et de tout l'univers vers la Trinité,
En Toi et par Toi, Seigneur.
Je comprendrais que rien n'est profane, des choses, des personnes, des événements
Mais qu'au contraire tout est sacré à l'origine par Dieu
Et que tout doit être consacré par l'homme divinisé.
Je comprendrais que ma vie, imperceptible respiration en ce grand corps total,
Est un trésor indispensable dans le projet du Père.
Alors, tombant à genoux, j'admirerais, Seigneur, le mystère de ce monde
Qui, malgré les innombrables et affreux ratés du péché, est une longue palpitation d'amour,
Vers l'Amour éternel.

Je voudrais monter très haut, Seigneur
Au-dessus de ma ville.
Au-dessus du monde,
Au-dessus du temps
Je voudrais purifier mon regard et t'emprunter tes yeux.

Présentement à l'antenne de la télé

23 h 05

ON VA SE LE DIRE

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