ICI Radio-Canada Première
Jeudi à 21 h
Logo Radio-Canada
Commanditaire

Maud Watt (1894 - 1987)

Héroïne du mercredi 4 mars 2009


Maud Watt (1894 - 1987)


Maud Watt était une aventurière, exploratrice et négociatrice qui allait devenir la première femme garde-chasse du Québec. En compagnie de son mari, elle explora le Grand Nord canadien, du Labrador à la Baie d'Ungava, jusqu'à Rupert House où ils vécurent entre 1919 et 1937. Elle passa la plus grande partie de sa vie avec les Autochtones.

Issue d'une famille nombreuse
Dixième d'une famille de 14 enfants, Maud Maloney est née en 1894, en Gaspésie, de parents franco-irlandais catholiques. La mère, qui tenait la maisonnée, apprit la débrouillardise à ses 14 enfants : arts ménagers, agriculture, chasse et pêche. Maud grandit aussi entourée d'enfants indiens. Son enfance allait préparer son avenir. Après une longue cour, elle épousa finalement l'amour de sa vie, l'Écossais James S.C. Watt, commis et traiteur pour la Compagnie de la Baie d'Hudson. Profondément amoureux, Maud et James éprouvaient une admiration réciproque et affichaient un courage à toute épreuve.

La vie dans le Grand Nord
Fort Chimo fut le premier poste de la Baie d'Hudson où ils vécurent après leur mariage, et c'est de là qu'ils ouvrirent la piste jusqu'à Sept-Îles. Leur voyage de noces se transforma en une expédition extraordinaire, mais terriblement périlleuse, durant laquelle ils faillirent périr à plusieurs reprises. Maud Watt fut la première femme blanche à faire ce trajet et à utiliser le mode de vie des Indiens pour y parvenir.

La première garde-chasse
À la fin des années 20, le castor, principale ressource des Cris, est en voie d'extinction. Afin de protéger l'espèce, Jim et Maud Watt décident de créer une Réserve du castor sur un vaste territoire autour de Rupert House. Après maintes négociations, le bail de cette réserve fut signé, et la survie, tant des castors que des Cris, assurée. Maud en fut la gardienne, devenant la première femme garde-chasse québécoise du Grand Nord. Le couple Watt et les Indiens étaient complètement dépendants de l'entreprise pour laquelle ils travaillaient, la Compagnie de la Baie d'Hudson. Cela ne les empêcha pas de mener de nombreuses batailles pour défendre leurs idéaux et assurer le respect et la survie des peuples autochtones.

L'exploratrice devient boulangère
Après la mort de son mari des suites d'une mauvaise grippe, Maud devient simple boulangère; elle se met à produire du pain, aliment qui lui avait beaucoup manqué durant toutes ces années vécues dans le Grand Nord. Infatigable et sans le sou, elle réussit aussi à faire construire à la mémoire de son mari la Maison Longue, un centre communautaire pour les Indiens de Rupert House et des environs. Elle adopta aussi plusieurs jeunes Indiens qu'elle fit instruire à ses frais. Elle travailla très fort pour que l'instruction et les soins de santé soient accessibles dans le Grand Nord.

Honorée par son pays
Surnommée l'ange de la Baie d'Hudson, Maud Watt était une femme profondément religieuse, aimable et rieuse qui voua sa vie à sa famille et aux Indiens. Elle fut la première femme à être honorée par le Beaver Club de Montréal depuis le début du XXe siècle. En 1973, Maud Watt qui habitait à North Bay, déménagea à Winnipeg en 1977 pour se rapprocher de sa fille Jacqueline. Cett denière mourut d'un cancer six mois plus tard. Maud demeura à Winnipeg, près de ses trois petits-enfants, adultes maintenant, et de son gendre. Le 31 mars 1971, elle fut décorée Officier de l'Ordre du Canada. Elle mourut à Ottawa le 31 mars 1987, à l'âge de 93 ans, elle fut inhumée à Washkaganish. Maud Watt est l'une des grandes héroïnes du Grand Nord.

Invité en deuxième heure :

Gertie Cavalier, autochtone crie, originaire de Rupert House ou aujourd'hui Washkaganish, fille adoptive de Maud Watt.

Références : bibliographie et hyperliens

• William Ashley Anderson, L'ange de la Baie d'Hudson , Ed. Clarke, Irwin et Cie, Toronto, 1961, 277 p.

Présentement à l'antenne de la télé

23 h 05

ON VA SE LE DIRE

Ailleurs sur Radio-canada.ca