Passer au contenu
Contenu publicitaire
Ce contenu est payé par un annonceur. Il ne s'agit pas d'un contenu journalistique de Radio-Canada. Consultez ce lien pour en savoir davantage 
Centraide

« L'objectif ultime,
c'est de fermer Centraide
dans dix ans. »

Claude Pinard, président et directeur général de Centraide du Grand Montréal, sait comment marquer les esprits. Dans l’absolu, on ne peut que lui donner raison : rendre l’organisme désuet en éradiquant la pauvreté, une fois pour toutes, serait évidemment l’aboutissement rêvé d’une démarche entreprise par Centraide il y a près de 50 ans.

Mais en attendant son éventuelle disparition, Centraide continue à agir comme elle le fait depuis toujours, en combattant les effets de la pauvreté et de l’exclusion sociale tout en s’attaquant à ses causes. Pour ce faire, l’organisme doit continuer de mettre de l’avant son rôle d’acteur du changement social tout en générant de l’espoir, croit son PDG. « On se doit d’être inspirants en évitant le misérabilisme, dit-il. Il faut surtout tabler sur la dignité des personnes; on ne devrait pas accepter qu’une partie de la société soit exclue et réduite à un rôle de demi-citoyens. C’est d’ailleurs le sens de notre campagne actuelle, et c’est le message qu’on va porter au cours des trois prochaines années : on doit élever les gens en retirant le poids de la pauvreté et de l’exclusion. »

Parmi les objectifs principaux de Claude Pinard : convaincre les donateurs – et le reste de la société – que la pauvreté affecte tout le monde. On estime même qu’elle coûte aux Québécois entre 15 et 17 milliards de dollars par année1.

Il faudra plus que des pansements pour refermer cette plaie béante. Avec une réputation de probité et un vaste réseau d’organismes communautaires près de la population, Centraide est bien positionné pour canaliser les forces vives de la société. « Il est temps pour Centraide de jouer son rôle de rassembleur, croit Claude Pinard. On bénéficie d’une grande crédibilité, tant dans le milieu social qu’auprès des gens d’affaires et des gouvernements, et on devrait continuer à s’assurer que tous les acteurs clés sont assis à la même table. On connaît les grands enjeux; maintenant, on doit favoriser l’émergence de solutions issues des communautés. »

photo

 

Des solutions concrètes

À l’approche de la période des déménagements, on est à nouveau confrontés à une véritable crise qui accélère le cycle de la pauvreté et de l’exclusion. Le droit au logement, un besoin pourtant fondamental, est de plus en plus menacé. « Quand 19 % des locataires consacrent plus de 50 % de leurs revenus au logement, on a un problème », lance Claude Pinard, qui fait ainsi écho à une récente étude menée par Léger2 pour Centraide. Le problème, dans la région de Montréal, ne vient pas d’une pénurie de logements, mais de l’accessibilité pour les citoyens et les citoyennes à faible revenu. En gros, on ne manque pas de portes, mais de clés.

« On n’est pas là pour se substituer aux gouvernements ni pour prendre la place du milieu communautaire, précise Claude Pinard. Mais on peut avoir un rôle de catalyseur sur de grands enjeux et se permettre d’oser en proposant des solutions innovantes. »

Ces solutions, elles se déploient dans toute la grande région de Montréal, quartier par quartier, portées par des gens qui connaissent la réalité du terrain. Depuis 2016, Centraide déploie des initiatives locales par l’entremise du Projet impact collectif [PIC], notamment pour répondre aux besoins les plus criants en matière de logement et de sécurité alimentaire.

À Verdun, par exemple, le PIC a permis de donner un élan au projet Un toit, une table pour tous, pour répondre aux défis posés par l’embourgeoisement rapide du quartier.

Les organismes et les citoyens impliqués dans l’opération populaire d’aménagement ont ainsi proposé une série de recommandations qui visent le développement de nouveaux logements adaptés aux besoins de la population dans le secteur industriel Dupuis-Hickson. Ces recommandations ont notamment encouragé la Ville de Montréal à acquérir deux lots dans ce secteur pour y développer jusqu’à 250 logements sociaux.

Mais il faut aller plus loin, selon Claude Pinard : « On doit changer d’approche et s’asseoir avec les promoteurs immobiliers pour les convaincre qu’il est dans leur intérêt de remédier au problème. J’aimerais leur dire qu’ils ne devraient pas attendre de subir les exigences municipales en matière de logement social et abordable, car ils ont une occasion incroyable de favoriser le changement en intégrant les aspirations des communautés où ils sont présents. »

Tournés vers l’avenir

Optimiste invétéré, Claude Pinard est persuadé qu’on assiste en ce moment à un changement de culture. Selon lui, les acteurs du développement économique sont convaincus que ce changement doit aller de pair avec le développement social. « Au cours des cinq prochaines années, Centraide prévoit distribuer plus de 250 millions de dollars, mentionne le PDG. Je veux qu’au terme de cette période, on ait réussi à changer les choses en profondeur. » Pour résumer son action à la tête de l’organisme, l’ex-spécialiste des communications et de la gestion de crise rappelle que les temps difficiles appellent des solutions innovantes : « Lorsqu’elles traversent des crises sociales, économiques ou encore de santé publique, les sociétés modernes qui savent saisir l’occasion en sortent plus fortes », affirme-t-il. La crise est là. Il est temps de lui faire face, avec autant de créativité que de générosité.

 

1. Source : Centre d’études sur la pauvreté et l’exclusion : “Les coûts de la pauvreté au Québec selon le modèle de Nathan Laurie”, 2011

2. Source: Centraide : “Rapport sur la perception de la pauvreté au Québec”, 2021