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Festival de la chanson de Granby
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France Ménard, la « ma tante » des artistes

France Ménard

France Ménard est famille d’accueil depuis 11 ans pour le Festival international de la chanson de Granby. Elle conserve précieusement les albums signés des jeunes artistes qu’elle a hébergés.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard


Elle s'appelle France Ménard, mais pour les participants du Festival international de la chanson de Granby, c'est plutôt « ma tante France ». Depuis 11 ans, la Granbyenne ouvre les portes de sa maison aux demi-finalistes lors de leur passage dans la ville. Elle est famille d'accueil.

Texte et photos d'Émilie Richard

En 2010, lors du passage de Lisa LeBlanc au festival, France connecte rapidement avec l’auteure-compositrice-interprète même si elle ne l’héberge pas. J’aimais beaucoup cette fille-là, je la trouvais différente. On a beaucoup socialisé et, un soir, elle est venue ici et elle a dit : “France, tu t’occupes de nous comme d’une ma tante”. Ça m’est resté, se remémore avec joie Mme Ménard. Depuis, tout le monde connaît ma tante France.

Des pochettes de disques

France Ménard est surnommée « ma tante France ». C’est Lisa LeBlanc qui a lancé le bal en 2010 lorsqu’elles se sont rencontrées.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard


Elle héberge au minimum deux artistes par année. Il y a des années qu’ils se sont multipliés parce que, quand je peux le faire, j’accepte les blondes, les chums, explique-t-elle. La première année, c’est même un groupe qui s’installe chez elle.

Je suivais le festival depuis longtemps et je me disais un jour, je vais le faire. Quand j’ai déménagé à Granby, je l’ai essayé et j’ai tout de suite eu la piqûre. Maintenant, je dis toujours que je ne sais pas comment je vais faire pour arrêter, ajoute-t-elle, souriante. Généreuse de son temps, elle prend des vacances pendant toute la durée du festival et s’investit totalement.

Les familles d’accueil s’engagent à offrir un endroit confortable pour dormir, le petit déjeuner en plus de donner accès au réfrigérateur de la maison. C’est ça le mandat, mais je fais pas mal plus que ça, pas juste moi, beaucoup d’autres familles aussi. Ça finit par des soupers, des jams de musique, des lifts, on rencontre les parents, les frères et sœurs. On développe de vraies relations, raconte France, qui ne garde que de bons souvenirs de ce qu’elle considère comme une expérience de vie.

J’adore la musique et rencontrer les jeunes. Ce n’est pas un milieu facile et le fait que c’est en français et que certains viennent de l’extérieur, j’aime ça savoir comment ils vivent ça, c’est vraiment intéressant. France accueille surtout les candidats hors Québec qui s’arrêtent chez elle trois fois pendant l’année, dont de deux à trois semaines au mois d’août, selon qu’ils atteignent ou pas la grande finale. Difficile pour elle de ne pas avoir de parti pris pendant le concours. C’est assez facile de savoir quels sont les demi-finalistes que j’héberge. Disons que je suis plutôt bruyante, dit-elle en riant.

Dans son entourage, tout le monde est au courant qu’au mois d’août, c’est ça sa vie. Ses voisins sont même invités à la fête. Les jams, ça fait du bruit. On a déjà sorti un drum dehors. C’est le fun, des fois c’est plein, mais on invite les voisins, ça règle bien des problèmes!, s’exclame-t-elle en riant.

Cette année, pour marquer le 50e anniversaire, France a formé un groupe avec d’autres familles d’accueil pour composer une chanson aux demi-finalistes. Depuis que j’héberge des jeunes, j’écris des mots, des émotions, des petites phrases sur ce que ça représente d’être famille d’accueil. Ça s’appelle Le français par point géographique. On leur a chantée. Ça a fait un malheur. On va la refaire!

Facile de croire France Ménard quand elle dit que le festival, c’est intense. Quand ils partent, ça fait un gros trou. C’est une grosse claque quand la maison se vide, relate celle qui réussit à garder contact avec la majorité d’entre eux grâce aux réseaux sociaux.

Je dirais que dans mon Facebook, 90 % de mes amis sont des musiciens. Autant que je peux, je vais les voir en spectacle. Son travail l’amène à se déplacer beaucoup au Québec, mais aussi en Ontario. Je suis suffisamment proche de certains pour qu’ils m’hébergent et quand ils viennent ici, je les héberge à nouveau, poursuit France, qui planifie une virée dans le nord du Canada.

Ma petite Sophie de l’année dernière vient du Yukon, c’est mon prochain voyage. Comme je dis toujours, je peux faire le tour du Canada et je n’aurai pas besoin de payer d’hôtel. Il y a bien des avantages à se faire appeler ma tante France.

France Ménard montre un album de Céleste

France Ménard réussit à garder le contact avec les jeunes artistes qu’elle héberge grâce à Facebook.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard

Son coup de cœur

Elle trouve l’exercice difficile; elle les aime tous. Elle arrête son choix, finalement, sur Lisa LeBlanc, qui l’a vraiment marquée, sur King Melrose, qui l’a jetée par terre, et sur Céleste, une personne très spéciale à ses yeux. Les deux femmes se voient assez souvent. Je suis déjà allée avoir Francis Cabrel en spectacle parce que c’est Céleste qui faisait la première partie, rigole France.