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Des jouets et des enfants en arrière-plan.
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La politique familiale : un nouveau modèle pour des nouvelles réalités

En 1969, au cœur de la Révolution tranquille, est fondé l’Institut national de recherche scientifique (INRS). Sa mission : promouvoir la recherche et l’enseignement pour développer les cerveaux qui contribueront à transformer le Québec. Aujourd’hui, l’INRS célèbre ses 50 ans. Pour souligner l’occasion, nous vous présentons 5 réalisations scientifiques qui ont révolutionné le Québec :

Texte : Gabrielle Thibault-Delorme / CONTENU PARTENARIAT


Mise en place en pleine crise économique et sous le gouvernement du déficit zéro de Lucien Bouchard, à la fin des années 90, la politique familiale pouvait sembler contradictoire. La création d’un grand programme social et d’un nouveau ministère était à mille lieues d’une mesure d’austérité. Mais le gouvernement de Lucien Bouchard faisait le pari que la mise en place de mesures d’aides aux familles allait encourager les parents, surtout les mères, à rester ou à entrer sur le marché du travail.


« Notre gouvernement répondait à des besoins exprimés depuis très longtemps », se souvient Pauline Marois dans un discours prononcé à l'occasion du colloque intitulé Le temps des bilans autour de la politique familiale. L'INRS avait contribué à cette réflexion, notamment en permettant au gouvernement de s'inspirer des initiatives d'ailleurs. Par le biais de ses chercheures, l'INRS permettait l'échange entre les acteurs politiques, gouvernementaux, communautaires et scientifiques sur les enjeux concernant les familles du Québec.


Une évolution des moeurs


L’année 2017 a marqué le 20e anniversaire de la politique familiale. Mais l’aide aux familles remonte à bien plus loin. Avant qu’elle ne devienne une responsabilité gouvernementale, la vie familiale a longtemps été sous l’influence de l’Église catholique. L’aide aux familles dépendait des organisations religieuses et d'organismes privés. On voit donc d’un très mauvais œil toute intervention de l'État.


Lors de la Révolution tranquille, dans les années 60, les programmes d’aide aux familles se consolident. L'ascendant de l’Église sur la vie des Québécois diminue et l’État prend la place. Son implication grandit au cours de la décennie alors que le mouvement de libération des femmes prend de l’ampleur. Ce mouvement transforme la vie des familles sur plusieurs fronts, notamment par le contrôle des naissances et par l’entrée massive des femmes sur le marché du travail.

« Les politiques familiales ont été portées par les mouvements des femmes », soutient Hélène Belleau, directrice du Centre urbanisation culture société, à l’INRS. La grande marche Du pain et des roses de 1995 réclamait un meilleur accès des femmes au marché du travail et un meilleur accès aux services de garderie.

Le début d’une réflexion


Au milieu des années 90, le climat social est fortement favorable à l’établissement de cette politique. En 1993, le Partenariat de recherche Familles en mouvance, fondé par l'anthropologue Renée Dandurand de l'INRS, est mis en place. Autour de la table, des chercheurs, des organismes gouvernementaux et des intervenants du milieu communautaire se questionnent sur la famille.


Sous sa direction, l’INRS produira « une série de rapports pour dresser le bilan des programmes d’aide aux familles au Québec, et aussi un point de comparaison avec ce qui se faisait ailleurs, pour fournir un ensemble de points de repère », explique Mme Belleau.


Ces études, qui examinent les politiques familiales en France, en Alberta, aux États-Unis et ailleurs, fourniront au gouvernement de l’époque une base sur laquelle s’appuyer. « Le gouvernement était très impliqué dans la recherche à cause de nous. Intersectorielle et multidisciplinaire, notre équipe de recherche était un véritable catalyseur des débats scientifiques et sociétaux sur ces questions. On poursuivait véritablement la mission de l’INRS qui est de contribuer au développement social, culturel et économique du Québec. On organisait des colloques, des débats sur la base des résultats de nombreuses recherches… On alimentait les échanges entre acteurs concernés », explique Mme Belleau.

Portrait d'une femme debout, aux bras croisés.

Hélène Belleau, directrice du Centre Urbanisation Culture Société

Photo : Phil Bernard Photographe


La politique familiale de 1997 marque l’instauration d’un nouveau régime d’assurance parentale qui permet de compenser la perte de revenu lors de la naissance d’un enfant. Ce sera aussi le début des centres de la petite enfance (CPE) et l’instauration d’une allocation unifiée pour les enfants.

« La politique mise en place était plus interventionniste que dans d’autres pays », conclut Mme Belleau. « On est passé d’une politique nataliste à une politique sociodémocrate généreuse », a décrit Renée Dandurand.


Vingt ans plus tard, les effets de la politique familiale se font sentir. Le nombre de mères occupant un emploi a augmenté de 12 % de 1997 à 2002 et les enfants québécois sont aujourd’hui nettement moins susceptibles de vivre dans la pauvreté que les enfants des provinces environnantes.