L'artiste franco-métisse Pierrette Sherwood, de Sainte-Anne au Manitoba, a toujours été attirée par l'art et l'histoire. Une histoire qu’elle fait vivre à l’aide de vieux morceaux de ferraille et de pièces d’équipements agricoles qu’elle coupe et soude pour créer des œuvres originales.
Un texte de Denis Chamberland
Je trouve que le vieux métal et le métal agricole que j’utilise ont beaucoup de caractère et retiennent l’élément historique juste par leur charme et des histoires qu’on peut s’imaginer, qui surviennent avec le travail de ce vieux métal.
Les œuvres de l'artiste Pierrette Sherwood se retrouvent sur son site Web Papillon Creations. Photo : Radio-Canada/Denis Chamberland À l’aide de ses pièces métalliques empreintes d’histoire, Pierrette Sherwood aime créer des œuvres inspirées de la nature.
J’aime faire des corneilles et des arbres, un symbole spirituel et majestueux qui est toujours différent, c’est un sujet avec de la diversité.
Une sculpture inspirée de la nature créée par Pierrette Sherwood Photo : Radio-Canada/Denis Chamberland De la diversité, Pierrette Sherwood en a ajouté à sa vie en 2012 après avoir quitté son emploi à la fonction publique pour poursuivre sa carrière d’artiste. La même année, elle crée l’entreprise Papillon Creations afin de faire la promotion de son art et d’antiquités qu’elle affectionne.
Aujourd’hui, elle dit avoir davantage confiance en ses capacités et elle se permet de prendre plus de risques dans ses œuvres.
Je me permets d’être moins traditionnelle et de pousser l’enveloppe, soit avec les techniques de soudure ou les choix de morceaux et la composition même, je m’éclate davantage et ça vient avec la confiance acquise au fil des années.
Au cours des années, en plus d’avoir à se définir comme artiste, Pierrette Sherwood a dû faire face aux préjugés, car dit-elle, les gens sont étonnés de voir que c’est une femme qui fait de la soudure
.
Dans ses oeuvres, Pierrette Sherwood incorpore divers vieux morceaux de métal d'outils agricoles. Photo : Radio-Canada/Denis Chamberland J’ai encore la question, souvent les gens ne vont pas me le dire directement, mais : "c’est toi qui as fait ça, est-ce ton mari ou toi?" Ça me fait rire un peu et je laisse passer, ça ne me dérange plus, je l’ai entendu assez souvent.
Il fut un temps où les hommes osaient me dire que mes soudures étaient bonnes, comme si j’avais besoin d’être valorisée à ce niveau-là
, conclut-elle en riant.