Jeudi 16 janvier 2014 15 h 46 HNE
![]() Plus Culture La danse du sabreMise à jour le vendredi 15 août 2008 à 9 h 34 Sept en sept jours. C'est le nombre de programmes de soutien aux artistes supprimés par le gouvernement de Stephen Harper. En tout, c'est 23 millions de dollars que perdront les artistes et les artisans des arts canadiens. Les plus récentes abolitions sont les suivantes:
Comme les précédents, ces deux programmes sont réduits à néant sans explications de la part de Patrimoine canadien.
Les différents organismes ont été prévenus vendredi dernier, au téléphone, de l'élimination du ou des programmes qui contribuaient financièrement à leur survie. Ottawa n'a pas fourni plus d'explications. Motus et bouches cousues Le seul programme dont Ottawa a commenté la disparition, c'est PromArt. La raison invoquée: certains de ses bénéficiaires seraient inaptes à représenter le Canada.
Ce que conteste vigoureusement le président du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL), Stanley Péan. Ce sont, précise l'écrivain, des artistes de haut calibre comme Robert Lepage et le cirque Les sept doigts de la main qui bénéficiaient de ce programme. « C'est la crème de la culture canadienne qui profitait de PromArt. » Il rappelle que, grâce à ce programme, ces artistes allaient présenter leur création à l'étranger, donc représenter le Canada. Concert de protestations La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine St-Pierre, a demandé une rencontre avec Josée Verner. De son côté, le porte-parole libéral en matière de patrimoine, Denis Coderre, a décerné à cette dernière « l'Oscar de la figurante de l'année, catégorie "Je sers à rien" ». En point de presse, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a qualifié l'abolition de ces programmes de « coupures aveugles ». Pour le chef du Bloc, 23 millions de dollars sur un budget de 220 milliards, c'est très peu. Le gouvernement Harper doit retraiter, dit-il, parce que la culture, c'est l'expression d'un peuple, d'une nation. Je ne pensais pas tenir un tel discours en 2008. J'ai l'impression qu'on recule de 50 ans avec cette hargne idéologique de Harper, qui est contre tout ce qui est différent de lui. C'est inacceptable. Je ne veux pas d'un Québec semblable. — Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois M. Duceppe souhaite que la disparition de ces programmes devienne un thème de campagne parce qu'il faut empêcher, soutient-il, que Stephen Harper devienne un Big Brother. Quant au Nouveau Parti démocratique, il affirme que cette décision du gouvernement Harper est une « attaque délibérée » contre l'indépendance de l'industrie artistique au Canada Ottawa « hostile à la culture » Quant au président du MAL, il ne se gêne pas pour accuser le gouvernement de Stephen Harper d'être « manifestement hostile à la culture » De plus, Stanley Péan trouve scandaleux que la ministre Verner n'ait pas son mot à dire dans cette histoire-là. « On nous annonce qu'on va nommer un porte-parole indépendant, qui ne serait pas du cabinet. Elle sert à quoi la ministre dans ces conditions-là? » Stanley Péan dénonce la stratégie adoptée par les conservateurs de Stephen Harper. Présentement, la Chambre est fermée. L'opposition ne peut pas poser de questions là-dessus. Les yeux du monde et les caméras sont tournés vers les Jeux olympiques. C'est toute une stratégie qui vise à ce que ça ne devienne pas un débat public. — Stanley Péan, écrivain et président du MAL L'industrie du film réagit Ces compressions préoccupent l'Association canadienne de production de films et de télévision (ACPFT) et l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ). Elles ont fait parvenir une longue lettre à la ministre Verner. Les deux associations demandent une rencontre avec elle et avec le ministre des Affaires étrangères. Faire valoir la culture canadienne sur la scène internationale ne profite pas uniquement aux artistes; cela contribue aussi à stimuler le tourisme, l'immigration, les affaires et l'investissement au Canada. — Sandra Cunningham, présidente du conseil de l'ACPFT
De son côté, la présidente-directrice générale de l'APFTQ, Claire Samson, souligne que c'est une nouvelle fin de non-recevoir de la part d'Ottawa à l'égard de l'industrie. « Ces coupures s'ajoutent au refus du gouvernement de répondre aux demandes du milieu pour un meilleur appui au long métrage de fiction et documentaire ainsi qu'à la coproduction notamment », dit Mme Samson Et ce n'est pas fini. Certains observateurs annoncent l'abolition d'autres programmes de soutien aux créateurs. Ottawa se défend Après être demeurée muette pendant longtemps, la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, a finalement réagi au mouvement de protestation soulevé par l'abolition de certains programmes culturels fédéraux. Dans une entrevue à la Presse canadienne, la ministre se fait rassurante et assure qu'Ottawa ne laisse pas tomber les artistes. Elle affirme que le gouvernement conservateur veut mettre en place un outil plus efficace pour aider les artistes à rayonner à l'étranger. Elle a souligné qu'elle ne remettait pas en question l'importance pour les artistes canadiens de pouvoir se faire connaître sur la scène internationale. Depuis le printemps, Patrimoine canadien a aboli une dizaine de programmes culturels, privant l'ensemble des organismes d'une somme d'environ 40 millions de dollars. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne, Le Devoir et communiqué CNW
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Des compressions effectuées en catimini, explique Daniel Thibeault.
Quelques réactions du milieu artistique recueillies par Judith Gadbois-St-Cyr.
Le gouvernement veut remplacer ces programmes par un nouvel outil de promotion des artistes canadiens à l'étranger, explique Ariane Desrochers.
Gilles Duceppe dénonce les compressions à la culture, rapporte Louiselle Lévesque.
Catherine Mainville fait le point sur les compressions dans le domaine de la culture et des arts.
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