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Musique Orchestre symphonique de Montréal

Concerto pour animateur de radio

Mise à jour le mardi 24 mars 2009 à 11 h 27

Un texte de Richard Raymond

Un animateur de radio peut-il être le soliste d'un concerto? C'est la certitude qu'a acquise Kent Nagano depuis qu'il a été invité à l'émission de René Homier-Roy, C'est bien meilleur le matin. Il a fait aménager un studio de radio sur la scène de la salle Wilfrid-Pelletier.

René Homier-Roy, Catherine Perrin, Marc Laurendeau

Photo: Félix-Antoine Viens

René Homier-Roy, Catherine Perrin, Marc Laurendeau

Des micros et un bureau en demi-lune avec, assis autour, René Homier-Roy et les chroniqueurs Marc Laurendeau et Catherine Perrin. Non pour faire un reportage sur l'Orchestre symphonique de Montréal, mais pour interpréter avec lui, en première mondiale, le Concerto pour animateur de radio et orchestre que Kent Nagano avait commandé à Simon Leclerc.

En entrevue, Marc Laurendeau insiste sur le caractère très spécial de leur participation à l'oeuvre: « Ce qui a été composé sur mesure pour nous reproduit le son de l'émission, la même ambiance, tout en étant dans le style d'un concerto ».

Création très particulière

Ce que confirme le compositeur Simon Leclerc.

C'est une création très particulière, qui va peut-être avoir lieu juste une fois.

— Simon Leclerc

Dans sa partition, il a utilisé, dit-il, les trois solistes comme des instrumentistes dont la voix fait figure d'instrument. Les solistes dialoguent avec l'orchestre dans un seul mouvement: « Au début, j'ai pensé faire un concerto classique en trois mouvements, mais je me suis vite aperçu que ça ne marchait pas ». La radio a imposé son rythme propre au compositeur.

Même si l'oeuvre est d'un seul souffle, Simon Leclerc précise que son rythme change en fonction des intervenants et de ce qu'ils disent. Il cite la météo en exemple.

En fonction de la météo de ce matin-là, le rythme est changé, la couleur est changée.

— Simon Leclerc

Pour bien comprendre la musicalité de l'émission, Simon Leclerc s'est rendu en studio un matin, à 5 h 30, assister à l'émission. Il voulait en prendre le pouls, en saisir le rythme.

Ça lui a donné l'idée d'insérer, dans son concerto, une entrevue en direct entre Kent Nagano et René Homier-Roy. Le maestro quittera-t-il le pupitre pour aller s'asseoir à la table avec l'animateur de C'est bien meilleur le matin?

Non, il répondra aux questions du podium.

— Simon Leclerc

Changer la perception de son travail

Catherine Perrin a dit que, depuis le début des répétitions, sa perception de ce qu'elle entend chaque matin pendant l'émission a changé. « Depuis qu'on a commencé les répétitions, quand j'entends René dire: "Yves!", pour moi, c'est devenu un son musical. Dans le concerto, c'est très important: c'est une espèce de ponctuation musicale et l'orchestre répond », précise-t-elle.

Dans l'analyse qu'elle fait de cette expérience, elle établit un parallèle étroit entre musique et radio. Dans les deux cas, dit-elle, le temps est compté. Mais, dans les deux cas, il faut aussi garder une spontanéité, direct oblige! Sinon, ce n'est pas intéressant, conclut-elle.

Quant à l'animateur de C'est bien meilleur le matin, René Homier-Roy, il voit dans cette expérience « une chance extraordinaire d'être extraordinairement excité ».

Simon Leclerc est un homme heureux. Parallèlement à la présentation en première mondiale de Concerto pour animateur de radio et orchestre dimanche, son adaptation à l'opéra de Starmania vogue sur la vague du succès.

Il n'y a pas actuellement de projet pour enregistrer le concerto. Toutefois, le compositeur ne serait pas surpris que ça marche.

Programme de l'OSM, dimanche

Concerto pour animateur de radio et orchestre, de Simon Leclerc, avec René Homier-Roy, Catherine Perrin et Marc Laurendeau
Concerto pour violon, de Ludwig van Beethoven, avec la violoniste Viviane Hagner
Les Pins de Rome, poème symphonique d'Ottorino Respighi

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