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Rock

Beast: entre ciel et terre

François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le lundi 1 décembre 2008 à 11 h 14

cote du film : 4

Une critique de François Blain

La rumeur a précédé l'arrivée officielle de cette bête bicéphale. Ses antécédents musicaux le justifiaient certainement. D'un côté, Betty Bonifassi, interprète de la chanson Les Triplettes de Belleville, s'est rendu jusqu'à la cérémonie des Oscars et a participé au rayonnement étonnamment populaire de Champion.

Jean-Phi Goncalves et Betty Bonifassi

Photo: Marianne Larochelle

Jean-Phi Goncalves et Betty Bonifassi

De l'autre, Jean-Phi Goncalves, batteur et multiinstrumentiste pour Ariane Moffatt et Pierre Lapointe fait partie du groupe Plaster (Alex McMahon et François Plante). Les projets auxquels ils sont associés sont souvent stimulants.

Qu'allait-il sortir de ce mariage entre deux personnalités identifiées à la gauche musicale, mais qui ont tout même touché au succès? Un disque tonique et vivifiant.

Jeu de contrastes

Tout d'abord, le batteur Goncalves a mis des rythmiques puissantes dans le sang de l'animal. Après tout, il ne suffit que d'une inversion de lettres pour que Beast devienne « beats ». Mais des voix angéliques viennent régulièrement tirer vers le haut ces pulsions terriennes. Le disque commence d'ailleurs par des harmonies vocales aériennes avant l'entrée des pas appuyés de la batterie.

Ainsi, entre ciel et terre, Beast joue sur les contrastes. Le côté sombre évident de l'album pourrait lui donner une allure froide. À cause de la voix singulière de Bonifassi et des mélodies accrocheuses, le disque du nom du duo cultive plutôt le mystère.

Côté obscur

L'émotion est produite par les tensions qui chatouillent les sens avant de se résoudre dans un groove explosif comme dans Out of control ou Mr. Hurricane. Ou encore avec cette voix nasillarde et soul à la fois de Miss Betty qui tranchent sur des choeurs soutenus.

Des titres comme Devil, Dark eyes, Satan ne laissent pas de doute sur le fil conducteur obscur de Goncalves et Bonifassi. Un preacher apparaît dans City et Satan ressemble à un blues gospel décalé avec ses incantations répétitives et ses claquements de mains.

Bête pas bête

Certes, ce trip rock, comme le duo a choisi de l'appeler, ne constitue pas une nouveauté dans l'absolu. Ces sonorités ont couru sur la planète il y a quelques années. Mais pour ici, ce ne sont pas des sentiers qui ont été très battus. Comme on applaudit souvent des musiques des années 80, on peut bien renouer avec plaisir avec celles des années 90.

Il semble que les distributeurs ITunes et Universal soient de cet avis, puisqu'ils ont tendu la main à la bête, qui sera vraisemblablement mise en liberté ailleurs dans le monde.

Beast
Beast
Pheromone/Vega PHER CD 1003

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Beast

Chronique et extraits sur le site de Bande à part

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