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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Musique

Mise à jour le vendredi 15 septembre 2006 à 13 h 51
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François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

Nouveauté

Madeleine Peyroux: Half the perfect world

cote du film : 4

Une critique de Francois Blain

Après trois albums, Madeleine Peyroux réussit à faire oublier Billie Holiday à laquelle elle a été associée dès ses premiers pas discographiques en 1996 (Dreamland).

Il y avait alors un mélange de surprise et d'incompréhension à entendre cette jeune femme de 23 ans plonger avec aisance dans un répertoire des années 30.

Elle a attendu 8 ans avant de présenter Careless love (2004), qui a trouvé plus de un million de preneurs dans le monde. Il n'a pas fallu patienter aussi longtemps pour écouter une nouvelle parution, Half the perfect world, créée dans le même esprit que le CD précédent.

Joni, Leonard et les autres

Madeleine Peyroux

Comme sur Careless love, Larry Klein, collaborateur de Joni Mitchell, a pris la direction des opérations. Les chansons interprétées ne remontent plus à une époque lointaine. Elle chante River de Joni Mitchell en duo avec k.d. lang. Toujours fidèle à Leonard Cohen, elle reprend deux morceaux (dont la pièce titre) que l'auteur a écrits avec son égérie, Anjani Thomas.

Tom Waits et Charlie Chaplin (Smile) reçoivent aussi ses faveurs. Sur chacun de ses enregistrements, la musicienne se souvient de son long séjour à Paris en faisant sienne une chanson en français. Cette fois, il s'agit de La Javanaise de Serge Gainsbourg.

Moins, c'est mieux

La musicienne ne se contente pas d'interpréter. Avec ses collaborateurs, Madeleine Peyroux a composé quatre chansons, parmi les plus lumineuses de l'album. Si le swing est plus apparent dans ces pièces, son folk jazz demeure généralement très aéré.

L'orgue Hammond, la guitare ou le piano, et même la trompette, interviennent avec la délicatesse qu'il faut pour laisser toute la place à la voix de Peyroux empreinte de tristesse.

Comme dans un cocon

Malgré l'actualisation de son répertoire, la chanson blues de l'artiste originaire d'Athens en Georgie semble loin des modes et du tumulte actuel. Le temps de douze titres mélancoliques, elle tisse - avec d'habiles musiciens - un cocon douillet. L'ensemble est donc réconfortant, à la manière du « comfort food », tout en étant recouvert d'un bienheureux voile de mystère, qui tient autant à Madeleine Peyroux elle-même qu'à sa proposition artistique.

Madeleine Peyroux, Half the perfect world (Rounder 1166132522)

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