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La consolante

Gavalda: chronique d'un best-seller annoncé

Danielle Laurin est chroniqueuse à l'émission On fait tous du show business, diffusée le dimanche à 15h à la télévision de Radio-Canada.

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cote du film : 4

Une critique de Danielle Laurin

Oui, il est là, il arrive, enfin. Le nouveau Gavalda. Et vous savez quoi? C'est du pur et dur... du pur et dur Gavalda. Dans la foulée d'Ensemble, c'est tout, quoi!

Ensemble, c'est tout: une bande d'éclopés qui s'en sortent grâce à l'entraide, la fratrie. Vous vous souvenez? C'était il y a quatre ans. Le livre, adapté au cinéma avec Audrey Tautou, s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires.

En passant: le premier roman d'Anna Gavalda, Je l'aimais, qui dépasse le million d'exemplaires vendus, est en cours d'adaptation. Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze se partageront la vedette dans le film, dont le tournage commence à la fin du mois.

En tout, Anna Gavalda a vendu cinq millions de livres. Dans la francophonie seulement. Traduite en 38 ans langues, elle connaît un succès impressionnant en Russie et en Allemagne, notamment. Autant dire que La consolante (Le dilettante) était un livre attendu. Paru il y a quelques semaines en France, où l'ex-enseignante de 37 ans figure parmi les auteurs les plus lus, le livre se vend comme des petits pains chauds. Mais divise la critique.

Parmi les détracteurs de Gavalda, beaucoup lui reprochent encore une fois de faire dans les bons sentiments, d'en faire trop, tout simplement. Qu'en est-il exactement?

D'une consolante à l'autre

Anna Gavalda

Photo: AFP/François Guillot

Anna Gavalda au Salon du livre de Paris, en mars 2008

On suit un architecte de 47 ans, Charles, qui a réussi sur le plan professionnel, mais pas dans sa vie privée, sentimentale. Il est au bout du rouleau, au bord de la dépression. Très vite, les choses vont se précipiter.

Une lettre lui apprend que la mère de son meilleur ami est morte. Il y a longtemps, Charles a eu avec cette femme, beaucoup plus âgée que lui, une relation privilégiée. Il se demande maintenant si elle n'était pas la femme de sa vie...

Et voilà qu'il remonte le fil de son histoire à elle, cette Anouk qu'il a perdue de vue depuis 20 ans. Une infirmière, toute dévouée aux autres, quitte à s'oublier elle-même. Une consolante, donc, qui avait les valeurs à la bonne place.

Sans tout dévoiler, on peut indiquer que le héros rencontrera sur sa route une autre consolante, plus jeune, qui a pris sous son aile de petits éclopés. Une consolante d'aujourd'hui, avec qui il pourrait bien refaire sa vie.

Les contes de fées d'Anna Gavalda

Anna Gavalda, La consolante, le dilettante

Même si la première partie du livre est très sombre, le happy end est au rendez-vous. Comme Ensemble, c'est tout, La consolante a des allures de conte de fées pour adultes. Et encore une fois, la petite musique Gavalda se fait entendre.

Bon, il y a bien quelques effets de style qui font tiquer: des phrases sans pronoms, des verbes sans sujets, beaucoup de points de suspension. Beaucoup de digressions aussi, les descriptions se multiplient, s'éternisent par bouts.

Pour tout dire, l'intérêt baisse un moment, l'action n'avance plus. Mais, mais, mais: les dialogues sont savoureux, vivants. Et l'émotion nous gagne, nous prend à la gorge plus d'une fois.

Il y a cette touche d'humour, aussi. Cette touche de magie à la Gavalda. Magie du quotidien, des petites choses. Et il y a, oui, les valeurs d'entraide, d'humanité profonde, derrière.

Surtout, il y a les personnages. À commencer par les deux consolantes, plus grandes que nature, mais auxquelles on croit, auxquelles on veut croire, absolument.

Anna Gavalda elle-même est une consolante. Elle écrit en quelque sorte pour consoler. Et n'en déplaise à ses détracteurs, c'est ce qui fait son succès.

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