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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

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Mise à jour le mardi 7 novembre 2006 à 6 h 47
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Bande dessinée - Rencontre

Tard dans la nuit, Tares dans la nuit!

Un texte de Florence Meney

VoRo, alias Vincent Rioux, est un artiste qui chérit la liberté dans toutes ses créations.

En entrevue, le dessinateur et scénariste explique que la bande dessinée est dans cette optique une forme d'expression privilégiée, qui laisse une quasi entière liberté à son auteur, ce qui n'est pas le cas par exemple du dessin animé.

« Il est certain que tu as d'autant plus de liberté que tu commences à te faire un nom dans le domaine », nuance VoRo, dont vient de paraître le dernier tome d'une spectaculaire trilogie, Tard dans la nuit.

Il y a cinq ans, le jeune dessinateur et scénariste réussissait, à force d'une persistance étayée de talent, son album La mare au diable sous le bras, à faire tomber les résistances du milieu européen de la BD face aux artistes québécois. Il entrait alors aux éditions Glénat-Vent d'Ouest.

Depuis cette époque, les portes se sont plus largement ouvertes aux créateurs québécois de bande dessinée en France, une évolution à laquelle l'artiste n'est pas peu fier d'avoir contribué.

Un univers noir, des personnages complexes

L'oeuvre de VoRo est clairement trempée de fantastique, mais elle puise aussi à la veine réaliste des dessinateurs européens, auprès desquels VoRo a forgé son art, en partie du moins.

Tard dans la nuit, née d'une collaboration avec le scénariste Djian, s'inscrit on ne peut plus clairement dans ce courant, avec ses personnages en ombres plus qu'en lumière, l'absence de héros véritable, l'univers glauque, désespérant. « Cet univers, explique VoRo, je l'ai choisi en bande dessinée pour que cela marche. Il faut cibler dès le début de l'album un public spécifique, et c'est ce qu'on a fait, je pense, avec les trois albums. »

Nid-de-Roche, village maudit

La série est une histoire en trois pans qui s'apparente autant au polar noir qu'à la chronique de fiction historique. Dans des teintes sombres, jaunâtres et grises, l'histoire est campée dans un village québécois de l'après-guerre à la population dégénérée (l'album a failli s'appeler Tare dans la nuit!), où une meute misérable d'orphelins est exploitée par un maire véreux. Un nouveau shérif idéaliste réussira-t-il à résoudre les meurtres abjects qui confirment que le village de Nid-de-Roche est oublié des dieux?

Et pour la suite...

Maintenant que cette trilogie appartient au public, VoRo compte se consacrer à des projets un peu moins accaparants, mais de plus en plus complets, dont il peut en fait embrasser toutes les facettes, que ce soit le dessin, le scénario ou la couleur.

L'artiste évoque ainsi un projet d'album plus intimiste que Tard dans la nuit, l'histoire d'une jeune métisse vietnamienne rapatriée en France à l'été 63, pour fuir la guerre.

Un projet, pense VoRo, qui devrait lui donner une latitude encore plus grande d'exploiter son intérêt pour des personnages fouillés, et toute la licence artistique dont il veut faire son pain quotidien.

Tard dans la nuit
1-La révolte
2-Ménage de printemps
3-Les orphelins
Scénario: Djian, Dessin: VoRo, Couleurs: Jocelyne Charrance