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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Livres

Mise à jour le lundi 18 septembre 2006 à 10 h 50
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Nouveauté - En bref

Mémoires d'Adrienne

Boréal vient de faire paraître les mémoires de l'ancienne gouverneure générale du Canada Adrienne Clarkson, Le coeur au poing, Mémoires.

Adrienne Clarkson

Celle qui eu une longue carrière en journalisme, mais qui est aussi une auteure reconnue, livre ici ses souvenirs de la vie publique. Elle parle aussi d'aspects plus tumultueux de son existence.

« J'ai le coeur au poing comme un faucon aveugle. » C'est de ce vers d'Anne Hébert qu'Adrienne Clarkson a tiré le titre français de ses mémoires. « Pour moi, c'est le plus grand poème écrit, en anglais ou en français, par une Canadienne », dit celle qui a toujours donné à la littérature une place prépondérante dans son existence.

En 1999, Adrienne Clarkson, journaliste et diplomate, devenait la première réfugiée et le premier membre d'une minorité visible à représenter la reine au Canada.

En entrevue à RDI, l'ancienne gouverneure générale dit d'ailleurs avoir voulu écrire son autobiographie pour avant tout « raconter l'histoire de ma famille, qui est une histoire particulière. » Elle évoque notamment sa fuite avec ses parents de sa Chine natale, en 1942.

J'ai voulu raconter moi-même mon histoire et celle de ma famille. Je ne voulais pas voir l'histoire écrite par quelqu'un d'autre. — Adrienne Clarkson

Dans Le coeur au poing, Mme Clarkson parle aussi de son attachement à la culture francophone et de l'importance, pour elle, de faire connaître aux Canadiens anglophones ce pan de la culture canadienne. Elle a d'ailleurs insisté pour que son autobiographie paraisse dans les deux langues en même temps.

Dans son livre, elle parle notamment de son admiration pour René Lévesque et Lucien Bouchard, deux hommes qu'elle respecte beaucoup pour leur intégrité et leur intelligence, au-delà de leurs positions politiques.

Une marginale

Adrienne Clarkson

Mme Clarkson dit garder de bons souvenirs de son passage à Rideau Hall, même si elle avoue avoir aimé plus ou moins « les trucs d'État reliés à la fonction. » « Les moments que j'ai le plus aimés en tant que gouverneure générale, c'était de rencontrer les Canadiens à travers le pays, et de converser avec eux », dit-elle.

Elle revient aussi sur les nombreuses critiques qui ont marqué son mandat, concernant notamment les grandes robes luxueuses qu'elle aimait porter. « Je me suis toujours intéressée à l'esthétique et, surtout, je ne suis pas conformiste. De toute façon, ce n'est pas l'État qui payait pour mes robes, c'est moi », a-t-elle dit à Christiane Charrette.

Adrienne Clarkson livre aussi plusieurs anecdotes amusantes, comme sa rencontre avec le premier ministre russe Vladimir Poutine. « Lorsque je l'ai rencontré, j'attendais quelqu'un de froid, d'austère, mais ce n'était pas ça du tout. Contrairement à plusieurs chefs d'État, lui écoutait vraiment ce que vous aviez à dire. J'ai été surprise et je lui ai dit à la blague qu'il agissait ainsi parce qu'il était un ancien espion formé par le KGB, il a éclaté de rire. Il a bon sens de l'humour. »

Le coeur au poing
Mémoires
Adrienne Clarkson
Éditions du Boréal