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Mise à jour le jeudi 26 janvier 2006 à 10 h 20
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Nouveauté-Québec

Trois modes de conservation: Rencontre avec un homme et le bonheur!

Maxime-Olivier Moutier avait publié un essai, en 2002, qui marquait déjà un tournant dans son écriture, et dans sa vie. Le roman qu'il nous présente aujourd'hui, Trois modes de conservation des viandes, publié aux éditions Marchand de feuilles, illustre encore davantage sa nouvelle avenue. Après avoir été l'un des écrivains montants les plus en vue du Québec, co-animateur d'une émission littéraire à la télévision de Radio-Canada pendant deux ans, il se définit lui-même maintenant comme psychanalyste, agent de relation humaine en centre de crise, écrivain, mais avant tout, père et mari.

L'écriture au second plan
Quant il a quitté la télévision, le grand bouleversement de sa vie a été de se consacrer à la psychanalyse, entièrement, et de faire passer l'écriture en second. Il s'est mis à lire beaucoup sur le sujet, à écrire des articles, à faire des séminaires et il a même ouvert un cabinet privé. Ce changement a bien sûr eu un effet sur son écriture; il a attendu avant d'écrire un nouveau livre parce qu'il était fatigué de son style, fatigué de faire du Moutier, comme il le dit. Ce nouveau roman, c'est encore du Moutier, mais dans une nouvelle mouture. Il faut dire qu'entre temps l'écrivain s'est marié, qu'il est devenu père de plusieurs enfants et propriétaire d'une maison qu'il a rénovée... C'est en partie ce qu'il raconte, d'ailleurs, dans Les trois modes de conservation des viandes : le personnage principal nous fait partager les hauts et les bas sa vie de famille, le bonheur d'être en couple, d'aimer sa femme, d'exulter dans une sexualité épanouie. Ça peut paraître simpliste ainsi exposé, mais Maxime-Olivier Moutier a une façon de dire les choses qui elle n'a pas changé : il est sensible, engagé, touchant, franc, direct et talentueux.

Vivre dans l'invivable
Maxime-Olivier Moutier affirme qu'il ne voulait pas rester l'écrivain teigneux, terré seul dans son appartement. La psychanalyse l'a sûrement beaucoup aidé à y parvenir, parce que ce nouveau roman est le plus lumineux qu'il ait écrit. Il avoue cependant que pour lui l'acte d'écriture ne se fait plus dans l'euphorie comme avant. Maintenant, il s'assoit pour écrire et fait des phrases; il ne cherche plus cette jouissance. On sent dans ses propos qu'il y a une colère en lui qui a presque disparue... même s'il continue à trouver que le monde dans lequel on vit est invivable, il cherche comment vivre dans l'invivable plutôt que de désespérer.

L'une des réponses à sa question se trouve dans son nouveau livre. À mi-chemin entre le roman et l'essai, l'auteur démontre comment l'amour, la paternité, l'ouverture aux autres et la foi en ce qu'on fait peut être un excellent antidote au cynisme ambiant. Le roman de Maxime-Olivier Moutier est en quelque sorte une réponse positive au Professeur de désespoir dénoncé par Nancy Huston. Il nous fait réfléchir, il nous fait rire et il apporte un propos vraiment différent de la plupart des autres auteurs de sa génération, célibataires, en crise, à la recherche d'un sens à leur existence. Maxime-Olivier semble avoir trouvé le sien pour notre plus grand plaisir puisqu'il nous le partage! Il n'est pas étonnant qu'il annonce déjà que ses prochains livres seront des livres de psychanalyse, puisqu'il juge que beaucoup de choses dans la théorie analytique qui pourrait servir notre monde.

Par Caroline Morin

L'auteur est invité à l'émission Indicatif présent jeudi 26 janvier.