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Mise à jour le lundi 16 janvier 2006 à 9 h 40
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Langue

Féminisation québécoise des termes: Maurice Druon jette un pavé dans la mare

Écrivain de grand renom et gardien intransigeant d'une langue dite « pure », le secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie française, Maurice Druon, juge que les Québécois s'expriment dans un « parler pittoresque », une langue née à une époque où ni Corneille ni Racine n'avaient encore fixé les règles du français.

Les excès de la féminisation

Maurice Druon

Photo: AFP/JEAN-PIERRE MULLER

Maurice Druon prenait part sur Radio France Internationale à un débat sur la féminisation des mots, une tendance à laquelle l'Académie française s'oppose avec énergie, en dénonçant les excès.

Fidèle à ses positions, le romancier a repoussé les « féminisations absurdes » comme celles que l'on retrouve au Québec.

Réaction
Intervenant dans le débat depuis Québec, Pierrette Vachon-L'Heureux, linguiste de l'Office de la langue française, s'est amusée de l'analyse de Maurice Druon, mais a souligné qu'elle « correspondait peu » à la réalité. Elle a rappelé que le Québec a commencé, dès 1979, à encourager l'emploi du mot « agente », un terme réservé jusque-là à l'espionne Mata Hari.

Ironie
Maurice Druon a répondu en imitant l'accent québécois, disant que ce n'est pas au Québec qu'il ira prendre des leçons de langue française. Il a aussi fait remarquer que c'est l'Académie française, et non l'Office de la langue française, qui est chargée de fixer les règles à la langue.

Les rois maudits
Auteur d'une oeuvre importante, dont la fameuse série Les rois maudits, Maurice Druon siège au quai Conti depuis 1966. Il a cédé son poste de secrétaire perpétuel à Hélène Carrère d'Encausse il y a quelques années.