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Fantastique

Le retour de Grande Ourse

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le dimanche 29 mars 2009 à 13 h 37

cote du film : 3.5

Une critique de Michel Coulombe

Marc Messier, Fanny Mallette et Normand Daneau

Marc Messier, Fanny Mallette et Normand Daneau

Il paraît déjà loin le temps où le cinéma québécois était confiné à un territoire narratif qui semblait tenir dans un mouchoir de poche. Tout se jouait plus ou moins entre les comédies populaires et les drames de moeurs.

Aujourd'hui, la cinématographie nationale ne semble s'imposer aucune contrainte de genre. Film historique, comédie policière, suspens, la volonté d'explorer de nouvelles avenues saute aux yeux. S'il y a un cadre, il n'a rien à voir avec l'imaginaire. Il est plutôt d'ordre budgétaire. Grande Ourse - La clé des possibles s'inscrit dans ce courant.

De la télé au grand écran

Le film est l'une des rares adaptations cinématographiques d'une série télé québécoise, avec Dans une galaxie près de chez vous. Le scénariste Frédéric Ouellet et le réalisateur Patrice Sauvé ont signé deux séries populaires. Ils font de nouveau équipe au cinéma. Leur trio de choc, Lapointe, Biron, Gastone, n'a plus besoin de présentation. Aussi le film prend-il les salles d'assaut avec une longueur d'avance.

En revanche, les admirateurs de Grande Ourse devront accepter, au cinéma, une autre convention narrative.

Impossible de reproduire, en moins de deux heures, le type d'intrigue labyrinthique qui a fait la marque de la série. Du moins en appliquant la même recette.

Marc Messier dans Grande Ourse

Marc Messier

Le récit s'organise de manière symétrique. Entre un monde virtuel et le réel. Pour passer de l'un à l'autre, le médium se plonge dans une baignoire. À ses risques et périls. Si on retrouve les mêmes personnages dans les deux mondes, leurs relations n'y sont pas tout à fait les mêmes. Quant aux palettes chromatiques, elles diffèrent radicalement.

Direction artistique inventive, photographie très soignée. Dans le monde où il bascule, Lapointe, le descendant de Grande Ourse, doit résoudre trois énigmes pour enfin récupérer une clé aux propriétés magiques. Il a tout au plus douze heures pour y parvenir. Dans la réalité, Gastone doit délivrer son cher Biron. D'un côté l'urgence, de l'autre une certaine légèreté. Ainsi en va-t-il de Grande Ourse. Des éléments disparates qui cohabitent, règle générale, de façon harmonieuse.

Dans la foulée de Babine

Ce film est la deuxième incursion du cinéma québécois du côté du fantastique en tout juste quelques mois après Babine. Comme le film de Luc Picard, Grande Ourse mise sur l'originalité de l'univers qu'il propose plus que sur une débauche d'effets numériques.

On se situe quelque part entre le monde des symboles de Dan Brown et l'univers inquiétant de X-Files. Une bonne dose de paranormal et une touche d'horreur. Des visions prémonitoires et un étrange garçon qui danse à claquettes.

Pas besoin d'avoir suivi, pas à pas, les séries télé pour s'y retrouver. Sinon que les téléspectateurs auront vu évoluer au fil des épisodes la relation singulière qu'entretiennent Biron et Lapointe. Ces amis qui se vouvoient.

Les personnages féminins apportent une touche d'émotion supplémentaire à Grande Ourse. La présence de Marie Tifo et de Monique Mercure, l'une médium, l'autre sorcière, rappelle Dans le ventre du dragon. Elles y jouaient toutes les deux, il y a vingt ans, et le film combinait, lui aussi, l'humour et le fantastique.

Par ailleurs, le film tire avantage du sourire lumineux de Maude Guérin, de l'énergie fiévreuse de Gabrielle Lazure et du regard attendrissant de Fanny Mallette. Avec elles, effectivement, même si tout n'est pas expliqué, tout paraît possible.

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