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Anticipation

Prédictions: catastrophique film-catastrophe

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le mercredi 18 mars 2009 à 13 h 38

cote du film : 2

Une critique de Michel Coulombe

Nicolas Cage

Photo: Summit Entertainment

Nicolas Cage

« Comment suis-je censé empêcher la fin du monde? » Admettons-le, la question est angoissante. John Koestler, le personnage de Nicolas Cage dans Knowing (Prédictions), le mesure bien.

Qui donc l'envierait? Il peut toujours se dire qu'il n'est pas le premier Américain à devoir relever ses manches pour sauver le genre humain. Du moins au cinéma. Mince consolation...

Témoignage pour le futur

L'histoire commence en 1959. Dans une école primaire de l'État du Massachusetts. Des enfants illustrent le monde tel qu'ils l'imaginent un demi-siècle plus tard. Leurs dessins sont placés dans un cylindre qui ne révélera son contenu qu'en 2009.

Comme tous ses petits camarades, Lucinda y va de sa contribution. Mais plutôt que de dessiner une quelconque fusée, la gamine aligne une suite de chiffres en apparence sans signification. Énigme. C'est là qu'intervient John Koestler.

Cinquante ans plus tard, ce professeur du M.I.T. parviendra à déchiffrer le message crypté de Lucinda et fera une terrible découverte! La mystérieuse séquence de chiffres annonce toutes les catastrophes qui doivent frapper la planète. Le jour exact, le nombre de victimes, la longitude, la latitude.

Tout y est. Jusqu'ici, l'enfant a vu juste. Y compris l'attaque du World Trade Center. Trois événements tragiques restent à venir. Le premier dans la région de Boston. Le deuxième à New York. Et le troisième. Ah! le troisième... La fin du monde est à nos portes.

Encore l'apocalypse

Allez comprendre pourquoi les cinéastes américains sont à ce point fascinés par l'apocalypse. La menace revient, de manière obsessionnelle, dans le cinéma hollywoodien. Besoin d'expier? Peur de devoir renoncer à un mode de vie envié de tous? Ou peut-être les producteurs cherchent-ils simplement à mettre en valeur le savoir-faire des équipes des effets spéciaux...

Rose Byrne et Nicolas Cage dans Knowing

Photo: Summit Entertainment

Rose Byrne et Nicolas Cage dans Knowing

Dans Knowing, l'annonce du jugement dernier repose sur un phénomène de voyance. On ne discute pas avec le paranormal! Les auteurs y ont ajouté quelques éléments propres au film d'horreur. La clé de l'énigme ne se trouve-t-elle pas dans une maison isolée que l'on visite la nuit? N'y a-t-il pas d'insaisissables hommes en noir et des enfants aux pouvoirs étranges?

Les scénaristes ont assaisonné le récit de référents religieux. Cela va d'Ézéchiel au paradis d'Adam et Ève. Comme si cela ne suffisait pas, ils y ont aussi mis des extraterrestres. Et, allez savoir pourquoi, de petites pierres noires apparaissent un peu partout. Ça fait plus mystérieux. S'agit-il bien d'un scénario? N'est-ce pas plutôt un souk?

Nicolas Cage est le principal interprète de ce catastrophique film-catastrophe. Il y joue un veuf inconsolable. Dans la mesure où le lui permet son visage refait. L'homme trouve refuge dans l'alcool qu'il consomme en grande quantité. Toutefois, lorsque la situation l'exige, il se comporte en authentique héros de film d'action.

On plaindrait l'acteur d'être si mal tombé s'il n'avait l'habitude des navets. N'a-t-il pas joué dans Bangkok Dangerous, Next, Ghost Rider, The wicker man, Gone in 60 seconds, 8 mm et Trapped in Paradise. Et il empoche toujours des millions! Respect!

Tout bien considéré, on devrait mettre une copie de Knowing dans une capsule temporelle qui ne serait ouverte qu'en 2059. On imagine la rigolade que s'offriraient les terriens en visionnant cette pièce d'anthologie. Quoi! Ce film a coûté 50 millions de dollars? La bonne blague!

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