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Histoire vécue

L'empreinte de l'ange: la guerre des mères

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le vendredi 13 mars 2009 à 15 h 04

cote du film : 3

Une critique de Michel Coulombe

Pour bien prendre la mesure de L'empreinte de l'ange, il faut faire une avance rapide et passer à la toute fin du film. Juste avant le générique. On y apprend que cette histoire est inspirée de faits vécus. Cela change tout. Ce scénario abracadabrant, une histoire vraie!

L'empreinte de l'ange

Photo: Séville Pictures

Catherine Frot et Sandrine Bonnaire

Le deuxième film de Safy Nebbou raconte l'histoire d'une femme. Puis de deux. Liées l'une à l'autre par une fillette. La première, Elsa, a perdu son enfant dans l'incendie d'un hôpital. Un bébé âgé de moins d'une semaine. Lorsqu'elle aperçoit la fillette de Claire, Lola, elle n'a plus de doute. Il s'agit bel et bien de son enfant. Elle n'en dit rien.

N'empêche, elle en a la certitude. Et cela devient rapidement une obsession. À partir de là, elle ne quitte plus des yeux une famille apparemment heureuse qui s'apprête à déménager ses pénates à Montréal. Elle les épie. Elle s'incruste.

Le spectateur met un certain temps à comprendre les enjeux dramatiques de ce film français dont la force se trouve très exactement là, dans ce flottement. Il aura d'abord l'impression que ce drame psychologique porte sur le deuil. Et la culpabilité d'une mère, ce qui fait immédiatement penser à Il y a longtemps que je t'aime de Philippe Claudel.

Puis, il découvre que le film explore un tout autre thème, lié celui-là à la vie. L'instinct maternel. Celui de deux femmes qui s'observent puis s'affrontent. Leurs deux solitudes s'entrechoquent dans une scène émouvante où elles sont assises côte à côte dans une voiture. Lorsque l'une d'elles trouve le bonheur, l'autre le voit s'enfuir.

Un univers féminin

Comme plusieurs autres avant lui, le cinéaste associe cet univers féminin à l'eau. L'élément est omniprésent. La douche est purificatrice. La piscine éveille la peur de la noyade. Et lorsqu'il faut retisser des liens, on se rend, naturellement, au bord de l'eau.

Touchant plutôt que bouleversant, L'empreinte de l'ange propose un face à face entre deux actrices de talent. Catherine Frot et Sandrine Bonnaire. La première, très à l'aise dans la comédie et dans la composition, rappelle l'étendue de son registre. Elle ne perd jamais le fil de son personnage, une femme dont on constate le désarroi et dont on finit par comprendre à quel point elle peut être inquiétante. La seconde demeure humblement en retrait pendant une bonne partie du film avant de donner sa pleine mesure.

L'empreinte de l'ange

Photo: Séville Pictures

Catherine Frot

L'empreinte de l'ange reprend certains éléments du film précédent de Safy Nebbou, dans lequel jouait déjà Sandrine Bonnaire. Dans Le cou de la girafe, une fillette se lance à la recherche de sa grand-mère disparue depuis des années. Comme dans L'empreinte de l'ange, le cinéaste traduisait là une volonté de redonner à une famille son profil d'origine. Mais ne parvient-on jamais à effacer l'empreinte laissée par le passé? Qui, on le sait, n'a rien d'un ange...

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