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Drame épique

Australia: trop de tout

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le mardi 3 mars 2009 à 10 h 43

cote du film : 2.5

Une critique de Michel Coulombe

Il suffit du titre pour comprendre l'ambition du nouveau film de Baz Luhrmann (Moulin Rouge). Australia. Rien de moins. Qu'il suffise à titre de comparaison d'imaginer un film qui s'intitulerait Canada. Et les réactions que cela susciterait...

Australia tient à la fois du drame de guerre, du western, du film romantique que du fantastique. Tout cela autour de l'histoire d'une Anglaise très comme il faut, Lady Ashley. En 1939, elle doit se rendre dans le nord de l'Australie pour y enterrer son mari. Elle hérite de sa vaste propriété et de son troupeau. Cadeau empoisonné. Car son arrivée ne plaît pas à tout le monde.

Australia

Photo: 20th Century Fox

Il lui faudra trouver un allié solide pour résister aux attaques de la concurrence. Elle découvrira beaucoup plus que cela. Très vite, elle constituera autour d'elle une véritable famille. Un veuf, une veuve, un orphelin... Une famille moderne, et éminemment australienne.

L'Australie en vedette

Le cinéaste ne lésine pas sur la couleur locale. Paysages spectaculaires. Prises de vue aériennes. Vie sauvage. On voit même des kangourous, une figure imposée traitée avec humour.

Et puis, surtout, il y a les aborigènes. Leurs traditions. Leurs pouvoirs magiques. La ségrégation dont ils ont, trop longtemps, été les victimes. Ils sont au coeur de l'histoire australienne que l'on raconte. D'ailleurs, la narration est assurée par un garçon issu du métissage: Nullah. Il symbolise clairement un pays où il importe de réconcilier les premières nations et l'homme blanc. Tout cela sur l'air de Somewhere over the rainbow, que l'on chante, que l'on fredonne, que l'on joue à l'harmonica.

Duo d'acteurs

Baz Luhrmann a constitué le duo d'acteurs australiens par excellence: Nicole Kidman et Hugh Jackman. L'actrice accompagne son personnage dans ce qui ressemble beaucoup à un virage à 180 degrés. Sarah Ashley apparaît d'abord comme une pure aristocrate. Puis elle révèle un tout autre aspect de sa personnalité. Une impressionnante détermination. Cela ne l'empêche surtout pas d'être une femme amoureuse.

Hugh Jackman et Nicole Kidman

Photo: 20th Century Fox

Hugh Jackman et Nicole Kidman

Nicole Kidman marche ici dans les pas de Katharine Hepburn. Dans le rôle de Drover, Hugh Jackman représente l'homme, le vrai. Celui qui n'a pas froid aux yeux. Celui qui ne dévoile pas ses sentiments. Celui qui semble taillé dans le roc. Un coeur d'or, une musculature d'acier. Les deux jeunes quadragénaires forment un couple très crédible qui rappelle le modèle Harlequin. Pas étonnant que le film glisse vers le mélo...

Australia dure près de trois heures. La durée de ce film est très révélatrice. Car un mot résume bien le film. Trop. Trop long. Trop de genres cinématographiques télescopés. Trop de musique insistante. Trop d'effets numériques censés vous en mettre plein la vue. Trop de revirements invraisemblables de plus en plus prévisibles (il suffit qu'une menace se précise pour que, la seconde d'après, elle soit écartée). Trop. Parce que beaucoup d'ambition. Peut-être trop, justement.

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