Jeudi 16 janvier 2014 15 h 46 HNE

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Wall-E

L'écologie à la mode

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

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cote du film : 3.5

Une critique de Michel Coulombe

photo extraite du film Wall-E

Photo: Pixar

Depuis plusieurs années, le nom de Pixar est associé au cinéma d'animation de qualité.

Des longs métrages populaires et intelligents.

Monsters inc. Toy Story. Finding Nemo. Ratatouille.

Presque un sans fautes.

Wall-E ne dépare pas l'ensemble.

Qui est Wall-E?

Wall-E est un robot. Un robot d'une autre génération. Spécialité: le recyclage de déchets.

Ironiquement, cet assemblage de circuits et de pièces de métal est l'une des dernières formes de vie sur Terre, car tout le monde est parti il y a plus de 700 ans. Wall-E n'en poursuit pas moins son travail. Vaillamment. Méthodiquement. Inutilement.

Toutefois, un vaisseau spatial vient bouleverser son quotidien. Avec, à son bord, une blanche sonde spatiale. Ève. La jolie Ève. La redoutable Ève. Or, on a beau être un robot, on n'en éprouve pas moins des sentiments... Ce qui rappelle Artificial intelligence de Steven Spielberg.

L'écologie au pays des gaspilleurs

L'écologie est un thème à la mode. Même en Amérique du Nord où, pourtant, on consomme sans compter. On passe trois heures par jour sur une autoroute, mais on se soucie de l'environnement.

Le sujet a été abordé dans de nombreux documentaires et dans bien des fictions. Le cinéma d'animation n'est pas en reste. À preuve, Wall-E.

L'arrière-plan dramatique du film d'animation n'est pas si éloigné de celui de Dans une galaxie près de chez vous. La Terre se meurt, détruite par le genre humain. Que fait-on des Terriens?

Dans Wall-E, la planète bleue ressemble à un immense dépotoir. Réfugiés écologiques, quelque part dans l'espace, les humains ne sont plus tout à fait comme avant. Obèses. Identiques les uns aux autres. En les observant, certains adultes en avaleront de travers leur maïs soufflé format géant et leur chaudière de liquide sucré.

Peu de respect pour les francophones

Disney exerce un contrôle obsessionnel sur la circulation de ses oeuvres. On interdit à certains d'écrire sur Wall-E avant sa sortie. On l'autorise à des dizaines d'autres. Allez comprendre.

Plutôt que de chercher à étendre son contrôle sur les médias, la célèbre compagnie aurait eu mieux fait d'accorder plus d'intérêt à la version française de Wall-E. Passons sur le fait que le titre sera difficile à saisir pour certains enfants. On aura beau dire, en français, un E n'est pas un I.

Il y a plus agaçant. Alors que tous les textes qui apparaissent à l'écran ont été traduits, il en va autrement de la trame musicale. Le film ouvre sur une chanson en anglais. « Maman, le film, il est en anglais? » Euh... Pourquoi ne pas avoir cherché un équivalent en français, comme on a l'habitude de faire?

Le film d'Andrew Stanton a coûté 120 millions de dollars. On aurait pu investir quelques dollars de plus pour lui donner sa pleine portée sur le marché québécois. Que dire d'un film pour enfants en version française où l'on entend « This is la vie en rose », sinon que cela ne fait pas très sérieux...

Une réussite malgré tout

Wall-E est néanmoins une réussite. Animation 3D haut de gamme. Fable écologique nuancée. Dialogues minimalistes. Récit très maîtrisé. De l'action. Des touches de magie. De l'humour. Une bonne dose de romantisme.

Les enfants de sept ans et plus en sortiront émerveillés. Épris d'un petit tas de ferraille avec un coeur grand comme ça. Les adultes trouveront vite un prétexte pour retourner au cinéma.

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