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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le vendredi 24 novembre 2006 à 10 h 55
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Décès

Adieu et « addio » Philippe Noiret

Photo: AFP/Patrick Gardin

L'émoi est à son comble en France et en Italie après le décès de l'acteur Philippe Noiret, qui a succombé au cancer.

En France, le président Jacques Chirac a publié un communiqué dans lequel il se disait profondément ému. Il ajoute que l'une des figures les plus attachantes, un maître du théâtre et du septième art, vient de nous quitter.

Le premier ministre Dominique de Villepin a exprimé émotion et tristesse, lui aussi par voie de communiqué. Il a salué l'allure et le panache de Philippe Noiret, un acteur qui a incarné l'idée d'un cinéma exigeant et généreux, courageux et engagé.

Quant au réalisateur Patrice Leconte, il a souligné la simplicité du jeu de l'acteur. « Il était tout le temps dans le vécu, dans le vrai, dans le simple », a dit celui qui l'avait dirigé dans Les grands ducs.

Addio Noiret

Ce titre, on le retrouve à la une de La Repubblica, traduisant l'émotion ressentie par toute l'Italie qui réclamait Philippe Noiret comme sien. Artistes et journaux de la Péninsule ont salué l'acteur autant que l'homme.

L'actrice Ornella Muti a souligné non seulement son talent, mais aussi la classe et la générosité d'une « personne délicieuse ». Le réalisateur Mario Monicelli a dit de lui qu'il appartenait à « une race d'acteur en voie de disparition ». Le directeur artistique du festival du film français de Florence l'a qualifié de « Marcello Mastroianni français ».

Les grands journaux comme La Stampa, Il Corriere della Sera et La Repubblica ont aussi rendu hommage à l'acteur français, en disant qu'il avait conquis l'Italie ou avait été adopté par l'Italie.

Les artistes québécois touchés

Au Québec, les artistes ont eux aussi été touchés par cette perte soudaine, même s'ils le savaient malade.

Pour le président de l'Union des artistes, Pierre Curzi, la mort de Philippe Noiret ne laisse aucun artiste-interprète indifférent: « C'était sa grande simplicité qui nous séduisait », dit-il.

La comédienne Marie Tifo, qui a travaillé avec lui, ignorait qu'il souffrait d'un cancer, mais a exprimé sa profonde affliction.

Le réalisateur Frédéric Back l'admirait beaucoup: « On peut seulement espérer que son souvenir restera comme ça, une leçon de culture de savoir d'artiste pour les générations à venir. »

Une vie consacrée au théâtre et au cinéma

Philippe Noiret a succombé jeudi à un cancer, à l'âge de 76 ans.

Ce monstre sacré du théâtre et du septième art français a joué dans environ 125 films, dont:

  • Zazie dans le métro (1960)
  • La grande bouffe (1973)
  • Le vieux fusil (César du meilleur acteur, 1976)
  • Coup de torchon (1981)
  • Cinéma Paradiso (Osacar du meilleur film, 1988)
  • La série des Ripoux
  • La vie et rien d'autre (César du meilleur acteur, 1990)...

    Philippe Noiret a tourné avec les plus grands, dont Louis Malle, Jean-Paul Rappeneau et Bertrand Blier. Il est l'un des acteurs fétiches de Bertrand Tavernier, avec qui il tourne plus d'un film.

    Celui qui fumait deux cigares par jour a aussi donné la réplique aux plus grands, dont Catherine Deneuve, Romy Schneider, Simone Signoret, Marcello Mastroianni, Michel Piccoli et Jean Rochefort.

    Jeanne Moreau, Philippe Noiret et Ornela Muti

    Photo: AFP/Michel Euler

    Jeanne Moreau, Philippe Noiret et Ornela Muti

    Un lien avec le Québec

    Alors inconnu, Philippe Noiret s'illustre dans une création théâtrale de passage au Québec, en 1952.

    Trois décennies plus tard, sa voix pausée et réconfortante donne vie à L'homme qui plantait des arbres. Ce film, une adaptation du conte de Jean Giono par le Montréalais Frédéric Back, remporte un Oscar en 1987.

    Au cours des dernières années, c'est à l'âge de 73 ans qu'il vient tourner au Québec dans la comédie Père et fils avec, notamment, Marie Tifo et Geneviève Brouillette.

    En tant qu'acteur il a contribué à écrire les plus belles pages du cinéma de ces 50 dernières années. — Renaud Donnedieu, ministre français de la Culture

    Une carrière d'un demi-siècle

    Né le 1er octobre 1930, à Lille, dans le nord de la France, Philippe Noiret poursuit une formation en art dramatique. En 1953, il entre au Théâtre National Populaire de Paris, alors dirigé par Jean Vilar. Pendant sept ans, il y côtoie le légendaire Gérard Philipe et y interprète plus de 40 rôles.

    L'acteur joue pour la première fois au cinéma en 1956, dans La pointe courte, d'Agnès Varda.

    Dans les années 70 et 80, cet acteur au registre exceptionnel brille tout autant dans les rôles comiques que de composition. C'est l'époque de L'horloger de Saint-Paul (1973), de Tendre poulet (1977), de Coup de torchon (1981) et des populaires Ripoux.

    Il mène parallèlement une carrière fructueuse en Italie, où il tourne avec Ettore Scola, Mario Monicelli et Giuseppe Tornatore.

    Au cours des années 90, l'acteur se fait plus rare au grand écran. Il passait beaucoup de temps dans sa maison de campagne près de Carcassonne, dans le sud de la France.

    Depuis 2000, il avait tourné dans cinq films. Son dernier a été Edy (2005), de Stéphan Guérin-Tillié.

    Il a obtenu deux fois le César de la meilleure interprétation masculine, en 1976 pour son rôle dans Le vieux fusil et en 1990 pour La vie et rien d'autre.

    Philippe Noiret était marié depuis plus de 40 ans avec la comédienne Monique Chaumette.