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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le mercredi 15 novembre 2006 à 13 h 16
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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Nouveauté - Québec

Guide de la petite vengeance: petite, petite vengeance

cote du film : 2.5

Une critique de Michel Coulombe

Voilà ce qu'on peut appeler une équipe gagnante. Après tout, ce producteur, ce réalisateur et ce scénariste nous ont donné un des grands succès récents de la cinématographie québécoise. La grande séduction. Un authentique film populaire. Tout ce beau monde avait, de toute évidence, envie d'explorer de nouvelles avenues. L'envie est tout à fait légitime. Le résultat, lui, est décevant.

En apparence, La grande séduction et Guide de la petite vengeance appartiennent à deux univers complètement différents. Deux planètes. Le premier a été tourné en région éloignée, le second à Montréal. Le premier tablait sur la solidarité, le second insiste plutôt sur la division. Le premier affichait une bonne humeur contagieuse, le second prend la direction contraire. Les deux films ont toutefois un point commun. Le complot. Que ce soit pour gagner le coeur d'un médecin ou se venger d'un employeur, on conspire. Village isolé ou bijouterie prospère, même combat!

La haine en mouvement

Marc Béland et Gabriel Gascon

Dans Guide de la petite vengeance, un homme humilié relève la tête et se venge d'un manipulateur en se jetant pieds et poings liés entre les mains d'un autre. La vengeance y est décrite comme « de la haine en mouvement ».

Dans le sillon du succès hexagonal de La grande séduction, le film semble traduire une volonté de percer sur le marché français. La distribution en témoigne. Pascale Bussières, qu'on a vue, notamment, chez Catherine Corsini, défend le seul rôle féminin. Le film, bien dialogué, oppose Gabriel Gascon et Marc Béland, des acteurs qui ont fréquenté le répertoire classique. Enfin, un acteur français, Michel Muller, complète le quatuor.

De plus, clin d'oeil parisien évident, le bijoutier autour duquel gravite toute l'histoire se nomme Vendôme. Si le talent des acteurs qui composent l'affiche n'est pas en cause, il faut convenir qu'on n'y trouve pas d'interprète engageant, immédiatement sympathique, comme dans La grande séduction. Pas de Clémence DesRochers, de Benoît Brière, de Bruno Blanchet ou de Raymond Bouchard.

Long longtemps

Ce nouveau film de Jean-François Pouliot suit le déroulement d'une vengeance. Une petite, car tout est petit dans cette histoire, du moins si on en croit le personnage principal, le narrateur, comptable sans grande envergure.

Petit conseil, petite mise en garde, petits détails. Curieusement, cet homme se lance dans une vendetta qui paraît disproportionnée. Le rapport antagoniste qu'il entretient avec son patron est à peine établi que, déjà, la machine s'emballe.

Par la suite, il faut attendre une bonne heure avant qu'il y ait un premier revirement. On pourrait montrer du doigt certaines actions peu crédibles, certaines pistes rapidement explorées, préciser que la vengeance en question réserve somme toute bien peu de surprises, mais le principal problème se trouve ailleurs. Ce Guide de la petite vengeance a tout d'un film noir qui ne s'assume pas. On y explore la face sombre de la nature humaine, mais on s'arrête à mi-chemin. Du coup, le spectateur reste en plan. Face à une proposition cinématographique bien légère.

Ce film n'a pas, hélas, l'étoffe d'un film populaire. Aussi reste-t-il à espérer que Ken Scott et Jean-François Pouliot voudront tourner ensemble un troisième film. Histoire de prendre leur vengeance. Petite ou grande.

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