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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le mercredi 23 août 2006 à 6 h 49
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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Nouveauté

Who killed the electric car?: sur les traces de Michael Moore

cote du film : 3.5

Une critique de Michel Coulombe

Certaines théories du complot, tenaces, refont régulièrement surface. Notamment celle selon laquelle la commercialisation de la voiture électrique serait freinée, étouffée dans l'oeuf, par le lobby des pétrolières et des fabricants automobiles. Du moins la gauche nord-américaine l'a-t-elle plus d'une fois prétendu. Même Philippe Falardeau revient sur le sujet dans son plus récent film, Congorama. Chris Paine va un cran plus loin dans le documentaire Who killed the electric car? Il en fait la démonstration.

L'histoire se passe en Californie. En 1996, GM y lance la EV1. Normal, l'État s'est alors doté d'une politique qui encourage la production de véhicules sans émissions. Pourtant, à peine quelques années plus tard, en 2003, GM reprend possession de ses voitures électriques. Puis les détruit. Pour plusieurs, cette décision paraît incompréhensible. Le cinéaste mène donc sa propre enquête. Elle culmine avec l'image de ces voitures neuves que l'on compresse, ou même que l'on déchiquète. Forcément, il y a anguille sous roche.

Sur les traces de Michael Moore

Who Killed the Electric Car?

Photo: Sony Pictures Classics

Le réalisateur raconte cette histoire en appelant à la barre plusieurs témoins. Parmi eux, quelques célébrités. Après tout, on est en Californie! Fait ironique, l'acteur Mel Gibson, arrêté récemment en état d'ivresse, fou furieux, au volant de son automobile, prend la défense de la voiture électrique. Témoin douteux. La narration est assurée par Martin Sheen, qu'on a vu à la tête des États-Unis dans la série The west wing. Peut-on imaginer président américain plus éloigné de George W. Bush? Le documentaire rappelle évidemment les liens de ce dernier, et ceux de son entourage, avec l'industrie du pétrole. Ceci explique cela.

À sa manière, bien que moins provocateur, Chris Paine avance sur les traces du réalisateur le moins républicain qui soit, Michael Moore. Comme lui, il fait entendre une voix dissidente. Comme lui également, il tente de forcer la porte de GM. Sans succès. Son documentaire se situe dans la continuité de An inconvenient truth, sorti en salle il y a tout juste quelques semaines. On y voyait Al Gore sonner l'alarme face au réchauffement planétaire. Porté, lui aussi, par le discours des écologistes, le film de Paine appelle à une mobilisation immédiate.

« Une grande naïveté »

Who killed the electric car? passe en revue la liste des suspects. Qui donc a tué la voiture électrique? On peut évidemment accuser le cinéaste de faire preuve de mauvaise foi dans cette affaire. Soit, son film constitue un plaidoyer. Tout de même, la finale, sur l'air des lendemains qui chantent, a de quoi surprendre. Tant d'optimisme dans un pays où l'on s'enorgueillit de posséder un Hummer, véhicule insensé entre tous, et où l'on fait des pieds et des mains, armes au poing, pour accéder au pétrole irakien, témoigne d'une grande naïveté. Sauf erreur, il faudra encore bien des cris de détresse, bien des ultimatums, pour ébranler le mode de vie irresponsable d'une majorité de nords-américains. Et ressusciter la voiture électrique.

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Who killed the electric car?

site officiel (en anglais)

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