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Plus Bye Bye 2008

Entre rires et grincements de dents

Mise à jour le lundi 5 janvier 2009 à 17 h 20

Bye Bye 2008

Photo: Radio-Canada

Les critiques fusent au sujet du Bye Bye 2008, avec en ligne de mire plusieurs sketchs qualifiés de grossiers.

Au premier plan figure celui qui parodie une interview de Barack Obama par Denis Lévesque. Plusieurs y ont vu des propos racistes.

Dans un communiqué de la société de production Novem, dirigée par Véronique Cloutier, Louis Morissette, François Avard, Pierre Hébert, Jean-François Léger et Jean-François Mercier rejettent « avec vigueur » ces accusations.

« Chaque allusion raciale servait à mettre en relief l'ineptie des personnages impliqués dans le sketch », écrivent-ils. Et d'ajouter: « Nous regrettons sincèrement que certains mots aient pu choquer, mais assumons totalement les intentions derrière l'utilisation de ces mots. »

Cette critique de racisme est celle qui fait « le plus mal » à Jean-François Mercier: « Je ne suis pas raciste et je me suis fait beaucoup reprocher ma ligne sur Obama, qui est selon moi une dénonciation du racisme », a-t-il déclaré à Radio-Canada. Ébranlé, il évoque aujourd'hui un « manque de jugement ».

Un sketch sur Nathalie Simard par « intégrité »

D'autres numéros suscitent de vives critiques, notamment celui sur Nathalie Simard. Celle-ci a poursuivi en 2005 le père de Véronique Cloutier, l'animatrice du Bye Bye 2008, pour agressions sexuelles et a obtenu gain de cause.

Jean-François Mercier estime que son équipe a abordé ce sujet par « intégrité ». « Nous avons justement décidé de prendre un angle qui allait passer », déclare-t-il. L'angle en question était le nombre d'entrevues accordées par l'ancienne chanteuse, alors qu'elle réclamait qu'on préserve son intimité, explique l'humoriste.

Celui qui joue aussi dans la série Virginie se demande aussi si son personnage de « gros cave » se prête moins à des prestations destinées au grand public. Plus globalement, il s'excuse « d'avoir blessé des gens », mais il estime ne pas pouvoir s'excuser pour le spectacle, parce qu'ils l'ont fait « de toute bonne foi ».

Il estime avoir tout de même « fait quelque chose de bien », notant au passage n'avoir jamais reçu autant de courriels de félicitations, tout comme d'autres « extrêmement négatifs ».

Si on m'offrait de refaire [le Bye Bye], je ne pense pas que j'accepterais.

— Jean-François Mercier

M. Mercier se demande s'il avait la notoriété suffisante pour que son humour soit bien reçu. Et la déception est à la hauteur des critiques, puisqu'il affirme avoir mis son coeur dans la conception de ce spectacle de fin d'année.

Radio-Canada réagit

La direction de Radio-Canada a d'ailleurs souligné cet « engagement passionné » dont font preuve les artisans des émissions du Bye Bye année après année. Le diffuseur public « reconnaît que l'édition de cette année comprenait des éléments qui pouvaient ne pas être du goût de tout le monde ». Et il évoque la difficulté d'obtenir un consensus lorsqu'il s'agit d'humour.

Radio-Canada ajoute que, « en tant qu'institution démocratique au service de notre culture », elle a « pour principe de respecter la liberté des créateurs qui contribuent à sa programmation dramatique ou de variétés ».

Bien que leur approche comporte une part de provocation, l'équipe n'avait d'autre but que de s'acquitter de son mandat en offrant un regard décapant sur les principaux événements de l'actualité politique et culturelle de l'année 2008.

— Radio-Canada

Somme toute, la chaîne « est fière d'avoir offert le 31 décembre une soirée fort divertissante qui projetait une grande variété de tons, de points de vue et d'éclairages sur l'année écoulée ».

Selon les données publiées, plus de 4 millions de téléspectateurs (les deux diffusions confondues) ont regardé le Bye Bye 2008.

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