Imprimer cette page

Mardi 14 janvier 2020 4:59 HNE

Plus

Mise à jour le vendredi 25 avril 2008 à 15 h 32
Envoyer à un ami

Histoire

Souvenirs de catastrophes

Un texte de Claude Couillard

Le Vieux-Montréal, berceau de la ville, a connu son lot d'inondations, d'incendies, d'effondrements et d'autres événements tragiques, de sa naissance au début du 20e siècle.

Initiative du Centre d'histoire de Montréal, un nouveau circuit guidé invite le public à revivre ces tranches d'histoire en apparence sombres, mais ô combien riches en enseignements.

Au fil des ans, des incendies frappent notamment l'Hôtel-Dieu (1721), un lot de 150 maisons (1850), une section du Vieux-Port (1901) et l'hôtel de ville (1922).

Adieu parlement

Pendant deux heures, les piétons ont l'occasion de fouler les pavés du Vieux-Montréal et de découvrir une dizaine de lieux qui ont été le théâtre de catastrophes.

Le premier arrêt se trouve tout juste devant le Centre d'histoire de Montréal. Difficile d'imaginer que sur ce stationnement s'élevait au 19e siècle le parlement du Canada-Uni.

Stationnement où se trouvait le parlement du Canada-Uni, incendié le 25 avril 1849.

Photo: Luc Lavigne

Stationnement où se trouvait le parlement du Canada-Uni, incendié le 25 avril 1849.

Le soir du 25 avril 1849, près de 1500 personnes encerclent et saccagent l'édifice, qui partira vite en fumée. Quinze minutes suffiront!

À l'invitation du quotidien The Gazette, les émeutiers souhaitent dénoncer une nouvelle loi destinée à dédommager les agriculteurs francophones qui ont subi des pertes lors des rébellions de 1837-1838.

« Ce sont les incendies qui modèlent le plus le paysage de Montréal », raconte David Bureau, créateur et animateur du circuit. Car ils forcent la population à rebâtir.

Invraisemblable, la plus récente catastrophe évoquée fait une trentaine de victimes.

Le 13 juin 1910, le château d'eau qui coiffe l'édifice du défunt quotidien Montreal Herald, angle Notre-Dame et McGill, croule sous son poids. Il s'enfonce jusqu'aux étages inférieurs et provoque un incendie.

Inondations à répétition

Inondation de la rue des Commissaires, devenue depuis la rue de la Commune, à l'arrière du marché Bonsecours, en 1886 (détail)

Photo: Archives de la Ville de Montréal

Inondation de la rue des Commissaires, devenue depuis la rue de la Commune, à l'arrière du marché Bonsecours, en 1886 (détail)

Dès 1642, le Saint-Laurent menace d'inonder la jeune Ville-Marie. Jusqu'au début du 20e siècle, la crue printanière deviendra source d'inquiétude pour la population.

Entre 1870 et 1890, le Vieux-Montréal se retrouve même régulièrement sous les eaux. « Le square Victoria est inondé trois fois », dit David Bureau. Le lieu, où se dresse aujourd'hui la tour de la Bourse, se situe pourtant loin du port.

À l'époque, les quais sont plus bas que ceux d'aujourd'hui. En bois, ils doivent constamment être reconstruits.

Au cours de la visite, le guide montre des unes de l'époque de
La Patrie, de La Minerve, de La Presse et d'autres quotidiens.

Leurs titres-chocs font parfois sourire. Toutefois, ils rappellent surtout que les journaux ont été des témoins clés de ces événements, qui ont marqué Montréal et les Montréalais.

Intitulé Catastrophes!, le circuit guidé est offert en français les dimanches 27 avril, 4 mai et 11 mai à 13 h, beau temps, mauvais temps. Une visite est prévue en anglais le 18 mai à 13 h. Les droits d'entrée acquittés pour visiter le Centre d'histoire de Montréal donnent accès à la visite.

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes