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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

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Mise à jour le jeudi 5 avril 2007 à 8 h 26
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Josée Bilodeau est chroniqueuse à Radio-Canada.

Théâtre

La marche de Râma en vitesse accélérée au NTE

cote du film : 3

Une critique de Josée Bilodeau

C'est une véritable expérience de théâtre multiforme que nous offrent Alexis Martin et Daniel Brière avec leur adaptation très condensée du Râmâyana, un des deux textes fondamentaux de l'hindouisme avec le Mahâbhârata.

La marche de Râma nous entraîne sur les traces du roi Râma, septième avatar du dieu Vishnu, incarné pour vaincre le roi des démons, Râvana. Ce dernier a enlevé l'épouse de Râma, Sîta, et la détient prisonnière à Lanka. Aidé par son frère Lakshmana, qui l'a suivi dans son long exil du royaume, Râma fait appel au roi des singes (et des ours) pour combattre le démon.

Photo: Gilbert Duclos

Le Râmâyana est un formidable poème épique, foisonnant, coloré, et c'est avec beaucoup d'inventivité, voire aussi de l'audace, que le NTE le livre au public dans un « laboratoire » théâtral et multimédia. Oui, il s'agit bien d'un laboratoire. L'impression d'assister à l'élaboration d'un spectacle est toujours un peu présente, ce qui n'est pas un défaut, dans la mesure où les créateurs arrivent plus d'une fois à nous étonner par leurs trouvailles comme par leur adresse.

Dans une scénographie de Jonas Veroff-Bouchard ingénieuse et par moments vraiment splendide, sont présentés, chacun avec une approche différente, les sept livres du texte sacré. L'enfance de Râma, par exemple, est racontée dans un document filmé façon Bollywood, tandis que l'enlèvement de Sîta se fait dans un théâtre d'ombres très réussi. L'utilisation de courts documents vidéo hébergés sur YouTube est un joli clin d'oeil à l'Inde technologique d'aujourd'hui.

Photo: Gilbert Duclos

L'interprétation des comédiens, qui semblent encore préoccupés par l'enchaînement rapide des scènes et des différentes techniques, demande à être un peu plus solide. Ça viendra sans doute au fil des représentations.

Les deux hommes de théâtre sont accompagnés sur scène par la remarquable danseuse indienne Amrita Choudhury et par le musicien Ganesh Anandan, dont la musique aux sonorités envoûtantes habille à merveille le récit. Le professeur Minoo Gundevia assure la part narrative du spectacle, sans doute l'élément le moins réussi. Un peu en retrait derrière son lutrin, l'homme nous fait la lecture du texte. On imaginerait mieux un narrateur-acteur intégré au jeu et délivré des contraintes de la lecture.

L'adaptation d'un tel texte rappelle les éclatantes interprétations de la Bible et du Discours de la méthode par le Théâtre du Sous-Marin jaune. Si La marche de Râma souffre de la comparaison, c'est qu'il manque le génie narratif du Loup bleu.

La marche de Râma. Conception et mise en scène Alexis Martin et Daniel Brière. Avec Ganesh Anandan, Daniel Brière, Amrita Choudhury, Minoo Gundevia et Alexis Martin. Une production du NTE.

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