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Mise à jour le lundi 24 juillet 2006 à 14 h 15
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Décès

Le frère Untel est mort

Jean-Paul Desbiens (archives)

Dans les années 60, il a vertement critiqué l'état du français parlé au Québec, l'omniprésence de la religion catholique et la qualité de l'éducation, jugée archaïque, alors prodiguée dans les écoles. Penseur, auteur, polémiste, Jean-Paul Desbiens est mort dimanche soir à l'hôpital Laval de Québec. Le frère mariste allait avoir 80 ans en 2007.

Par ses observations et ses prises de position sur la société québécoise, l'auteur des Insolences du frère Untel, paru en 1960, a été l'un des artisans de la Révolution tranquille.

À la suite de la sortie de son best-seller, le provincial des maristes défend à Jean-Paul Desbiens d'écrire ou de parler publiquement, lit-on dans le site web des Archives de Radio-Canada.ca.

L'interdiction est levée peu après et, le 21 novembre 1960, il dévoile son identité à la télévision de Radio-Canada.

En 1964, il devient l'un des architectes de la réforme du système scolaire. Il devient notamment directeur de l'enseignement primaire et secondaire au jeune ministère de l'Éducation.

Il a entre autres contribué à la mise en place des cégeps.

De 1970 à 1972, Jean-Paul Desbiens est éditorialiste en chef au quotidien montréalais La Presse. Par la suite, il y signe une chronique hebdomadaire, de 1984 à 1989.

Au cours de sa vie, il a publié une vingtaine de titres, en plus de son journal intime.

Maintes fois honoré

Né en 1927 à Métabetchouan, au Lac-Saint-Jean, Jean-Paul Desbiens est le deuxième de cinq enfants. Il entre chez les frères maristes en 1944. De 19 à 25 ans, ce fils de bûcheron séjourne en sanatorium pour vaincre une tuberculose.

En 1958, il obtient une licence en philosophie de l'Université Laval. Il fait aussi des études de théologie et de philosophie à Rome et à Fribourg, en Suisse.

Trente ans plus tard, Jean-Paul Desbiens est fait Chevalier de l'Ordre national du Québec.

Jean-Paul Desbiens était retraité de l'enseignement depuis 1991. Il habitait au collège Notre-Dame-de-Foy, à Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue ouest de Québec.

En octobre 2004, l'Université du Québec à Montréal lui a décerné un doctorat honorifique, son troisième.

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