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Le Conseil du statut de la femme réclame un quota de candidatures féminines aux élections

Julie Miville-Dechêne  Photo : Radio-Canada/Louis-André Bertrand

Les partis politiques devraient avoir l'obligation légale de présenter un plus grand nombre de femmes, selon le Conseil du statut de la femme (CSF).

La Presse canadienne

L'organisme-conseil suggère de fixer à un minimum de 40 % la proportion de candidatures féminines affichées par les différents partis politiques, sous peine de sanctions.

Le temps des vœux pieux, des vagues promesses et des belles intentions est révolu, selon le CSF. L'heure est plutôt au changement de stratégie.

Ainsi, pour que les femmes aient enfin accès à une certaine parité en politique, le CSF recommande d'adopter désormais la manière forte : une loi fixant des quotas et prévoyant de lourdes sanctions financières aux contrevenants.

Sa position s'étale dans un avis étoffé de 129 pages remis récemment au gouvernement et intitulé « Les femmes en politique : en route vers la parité ».

La question controversée des quotas de candidatures féminines est dans l'air depuis des décennies dans les milieux politiques et féministes, mais elle a toujours été rejetée jusqu'à maintenant.

Faute de véritable progrès, élection après élection, et devant la résistance des partis, l'organisme dirigé par Julie Miville-Dechêne s'impatiente et croit désormais nécessaire de modifier la Loi électorale du Québec pour y ajouter le concept de « zone paritaire ».

En vertu de ce concept, les partis politiques auraient l'obligation de recruter un minimum de 40 % et un maximum de 60 % de candidats des deux sexes.

Les partis politiques devraient aussi publier un bilan de leurs pratiques de recrutement après chaque élection générale.

Ils devraient aussi déposer un plan d'action, dans lequel ils indiqueraient de quelle façon ils comptent s'y prendre pour augmenter le nombre de femmes dans leur équipe.

Les femmes sont sous-représentées en politique. Leur présence à l'Assemblée nationale stagne autour de 30 % depuis une quinzaine d'années. Cette situation indique qu'un changement de stratégie est nécessaire et qu'il faut plus que des mesures incitatives.

Julie Miville-Dechêne

Pour en venir à cette conclusion, le Conseil du statut de la femme a étudié les mesures adoptées jusqu'à maintenant au Québec et ailleurs dans le monde en vue de hausser la présence des femmes en politique active.

Un enjeu important ou pas, selon le parti

À travers le monde, le fait d'imposer des sanctions aux partis délinquants a été, selon l'organisme, déterminant pour obtenir des résultats probants. Ces sanctions peuvent aller de la pénalité financière imposée aux partis politiques à la perte de leur financement public.

À la suite de la dernière élection générale, en avril 2014, l'Assemblée nationale ne comptait que 27 % de femmes, en recul de six points par rapport à la veille du déclenchement des élections, soit seulement 34 femmes sur 125 élus.

Au fil des ans, la place des femmes au Parlement demeure marginale, avec un parcours en dents de scie, ayant passé de 30 % en 2003, à 25 % en 2007, pour remonter à 29,6 % en 2008, avant d'atteindre un sommet de 32,8 % en 2012 pour redescendre à 27 % en 2014.

Les libéraux, qui forment le gouvernement depuis avril 2014, n'avaient présenté que 35 femmes lors du dernier scrutin, soit 28 % des 125 candidats libéraux.

Le chemin libéral vers la parité paraît long : le parti dirigé aujourd'hui par Philippe Couillard avait été un pionnier en faisant élire une femme - Marie-Claire Kirkland-Casgrain - pour la première fois en 1961. En 2014, 53 ans plus tard, il en a fait élire 18.

De son côté, le Parti québécois présentait 46 femmes en avril 2014, et la Coalition avenir Québec, en queue de peloton, 27.

De tous les partis représentés à l'Assemblée nationale, seul Québec solidaire impose la parité de candidatures hommes-femmes.

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