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Transition énergétique : un partenariat régional pour la création d’une zone d’innovation

De nombreuses entreprises de fabrication de batteries de voitures électriques se sont installées dans la région dernièrement. Photo : Radio-Canada/Carl Boivin
Un texte de Sébastien St-Onge

Les villes de Trois-Rivières, Shawinigan et Bécancour, ainsi que l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s’unissent dans l’espoir que soit implantée dans la région la Vallée de la transition énergétique par le gouvernement du Québec.

Différents projets avaient été soumis jusqu’ici, mais aucun ne réunissait les trois municipalités et l’institution d’enseignement. Ce nouveau projet sera déposé d’ici la fin du mois.

Christian Blanchette, le recteur de l’UQTR, où se trouve l’Institut de recherche sur l’hydrogène, affirme que le projet ne constitue pas nécessairement un retour à la case départ. On a une opportunité dans notre région Mauricie–Centre-du-Québec d’avoir trois villes qui ont des écosystèmes complémentaires et tellement riches. Et de pouvoir trouver comment articuler tout ça, amener les gens autour de la table.

La désignation de cette zone d’innovation aurait des impacts importants sur l’UQTR, alors que plusieurs personnes ont déjà joint les rangs de l’institution en recherche sur la transition énergétique, poursuit-il.

Pour nous, ça veut dire pouvoir en faire encore plus. Attirer plus de professeurs, attirer plus d’étudiants, construire un écosystème de formation avec les cégeps du Centre-du-Québec et de la Mauricie autour de la transition énergétique. Je pense que l’avenir est vraiment excitant autant pour la recherche que le développement économique.

Une annonce très attendue

Ce projet est très attendu par les acteurs du milieu, alors que de plus en plus d’entreprises spécialisées dans le développement et la fabrication de batteries pour voitures électriques se sont installées ou ont annoncé leur venue prochaine dans la région, notamment dans le parc industriel et portuaire de Bécancour. C’est le cas entre autres de Nouveau Monde Graphite, Nemaska Lithium, BASF et GM Canada.

La mairesse Lucie Allard croit que Bécancour a beaucoup à gagner du partenariat avec Trois-Rivières et Shawinigan.

Nous avons besoin de ces forces complémentaires pour dire à l’ensemble du Québec, du Canada et du monde que nous sommes prêts à accueillir ces grandes entreprises-là chez nous.

Lucie Allard, mairesse de Bécancour

Bien que la Mauricie et le Centre-du-Québec ont été exclus de la première ronde de désignation de zone d’innovation, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon affirmait en janvier qu’il ne s’agissait que d’une question de temps avant qu’une annonce soit faite en ce sens.

Je dirais que de considérer la vallée de la Mauricie définie par Shawinigan, Trois-Rivières et Bécancour comme étant une vallée du transport électrique, je pense que c’est très logique et très souhaitable, avait-il dit en entrevue à Radio-Canada.

D’ailleurs, le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne le cache pas. La conférence de presse de mardi était stratégiquement planifiée pour mettre une certaine pression sur le gouvernement.

Shawinigan avait travaillé sur son propre projet de zone d’innovation pour l’électrification des transports. Le ministère a encouragé la Municipalité à poursuivre son travail affirmant que le filon était excellent, ajoute M. Angers.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers Photo : Radio-Canada/Martin Chabot

De son côté, Trois-Rivières pourra jouer un rôle de plusieurs façons, explique le maire Jean Lamarche, notamment en servant de ville pilote sur la recherche appliquée.

La zone d’innovation, c’est la concrétisation de ce que vous avez vu avec BASF, ce que vous avez vu du côté de Shawinigan avec Taiga, de notre côté aussi avec notre parc industriel qui est rempli à pleine capacité. Tout ça, on vient le relier dans le secteur des recherches appliquées.

Il a fallu prendre le temps de s’assoir ensemble et d’arriver avec une idée commune, un projet commun. Je pense que l’Université du Québec à Trois-Rivières a rempli son rôle là-dedans de voir comment on peut en venir à un projet commun qui se tient, qui soit solide et qui soit bien au-dessus des autres qui seront déposés dans le reste du Québec, mentionne M. Lamarche.

Les premières zones d’innovation ont été créées à Sherbrooke et à Bromont.

Dans cette nomination, il fallait avoir aussi l’envergure hors de tout doute qu’on était de la même grosseur que ce qui est déjà annoncé dans une volonté du gouvernement du Québec de s’inscrire dans la filière de la transition énergétique, conclut le maire Angers.

Qu’est-ce qu’une zone d’innovation?

Les zones d’innovation visent à attirer, dans des territoires délimités, des talents, des entrepreneurs, de grands donneurs d’ordres ainsi que des chercheurs du Québec et d’ailleurs. Ceux-ci collaborent à des projets d’innovation dans des secteurs technologiques d’avenir et pour lesquels le Québec détient des avantages comparatifs importants.

Source:Gouvernement du Québec

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